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À La Une - Contestation

Un manifestant anti-Assad battu à Beyrouth témoigne

« J’ai vu un homme battre un activiste à terre et lui crier « alors, tu es toujours avec la liberté, connard ! ».

Ce mardi 2 août, ils étaient une cinquantaine d’activistes indépendants à s’être passé le mot. Rendez-vous à 20h devant l’ambassade de Syrie à Hamra avec une bougie pour exprimer leur solidarité avec le peuple syrien après le massacre de Hama.

Les activistes n’ont pas eu le temps d’allumer leurs bougies. Quelques minutes à peine après leur arrivée, des hommes apparaissent et s'installent sur le trottoir d’en face, se souvient Sami*, un activiste présent sur place qui témoigne pour lorientlejour.com. « Ils ont commencé à scander des slogans à la gloire de Bachar el-Assad, à nous traiter de traîtres israéliens et américains. Nous leur répondions par des slogans pour la liberté. Et tout d’un coup, ça a dégénéré ». Armés de bâtons, de ceintures et de couteaux, les partisans du président Assad attaquent les manifestants et jettent des chaises en plastique sur eux. « On s’est alors enfui en courant, mais ils nous pourchassaient. J’ai vu un homme battre un activiste à terre et lui crier « alors, tu es toujours avec la liberté, connard ! ».

Les Forces de Sécurité intérieures (FSI) arrivent 5 minutes après le début de l'agression et enjoignent les manifestants à rentrer chez eux. « Mais ils n’ont rien dit aux partisans de Bachar el-Assad. Ils nous ont dit qu’ils leur parleraient après. Et lors des affrontements, les forces de sécurité de l’ambassade ne sont pas intervenues, » déplore le jeune homme.

Ecoutant les FSI, les manifestants se dispersent. Mais tout n'est pas fini pour autant.

Sami s’éloigne avec deux amies. Alors qu’ils marchent dans la rue et discutent de ce qui vient de se passer, le petit groupe voit un groupe de 3 ou 4 hommes se diriger vers eux. « Lorsqu’ils sont arrivés à notre hauteur, j'ai reçu un coup de poing en plein visage, près des yeux », raconte le jeune homme. Un coup de poing en prélude à un tabassage en bonne et due forme. Le sang commence à couler sur le visage de Sami.  Ses amies tentent de s’interposer, elles sont battues aussi. D’autres hommes se joignent aux attaquants. « Ils étaient une dizaine à nous agresser. La rue était pleine de passants. Personne ne s’est arrêté », insurge le jeune homme.

Finalement, un groupe de manifestants passant par là porte secours à Sami et à ses amies, et conduit le jeune homme a l’hôpital pour qu'il y soit soigné. « Je ne sais pas qui sont ces gens qui nous ont agressés », dit Sami, dont les lunettes ont été brisées. « Ce que je sais, c'est qu'ils se sentent forts et bénéficient d’une impunité dans le pays. Au Liban, les gens ont toujours peur du régime syrien, ils ont peur de manifester. Nous ne sommes toujours qu’une cinquantaine d’activistes indépendants à nous mobiliser. C’est facile pour les partisans du régime syrien de s’en prendre à nous, de nous battre, alors que les forces de sécurité ne font rien », regrette Sami.

Malgré tout, les militants n’entendent pas baisser les bras. Au contraire, ce qu’ils ont subi ne fait que confirmer à leurs yeux la justesse de leur position vis-à-vis du régime syrien. « Les gens en Syrie sont en train de mourir. Nous on peut bien supporter quelques coups de poings », affirme le jeune homme, qui ajoute que les activistes ont l'intention de porter plainte et « bien sûr, de continuer à manifester ».

 

* Le nom du manifestant a été changé à sa demande.

 


Ce mardi 2 août, ils étaient une cinquantaine d’activistes indépendants à s’être passé le mot. Rendez-vous à 20h devant l’ambassade de Syrie à Hamra avec une bougie pour exprimer leur solidarité avec le peuple syrien après le massacre de Hama.
Les activistes n’ont pas eu le temps d’allumer leurs bougies. Quelques minutes à peine après leur arrivée, des hommes apparaissent et s'installent sur le trottoir d’en face, se souvient Sami*, un activiste présent sur place qui témoigne pour lorientlejour.com. « Ils ont commencé à scander des slogans à la gloire de Bachar el-Assad, à nous traiter de traîtres israéliens et américains. Nous leur répondions par des slogans pour la liberté. Et tout d’un coup, ça a dégénéré ». Armés de bâtons, de ceintures et de couteaux, les partisans du président Assad...
commentaires (4)

Oui des lâches... la répression qui débarque au liban maintenant... difficile à prévoir? NON! Mais qui sont donc ces petites gens aux gros muscles qui argumentent à coups de claques sur la gueule et qui s'affichent clairement contre la libre expression ? De quel engeance sont-ils? De quelle philosophie? Ils servent quel dieu, quel commando, quel extrémiste, quel homme politique? Si les forces de sécurité ne font rien à la prochaine manifestation, le nouveau gouvernement démontrera clairement qu'il est en faveur de la répression en Syrie, également en faveur d'une possible répression au Liban, qu'il est de mèche avec de tels débordements de violence.

rosa Zacharie

17 h 20, le 03 août 2011

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Commentaires (4)

  • Oui des lâches... la répression qui débarque au liban maintenant... difficile à prévoir? NON! Mais qui sont donc ces petites gens aux gros muscles qui argumentent à coups de claques sur la gueule et qui s'affichent clairement contre la libre expression ? De quel engeance sont-ils? De quelle philosophie? Ils servent quel dieu, quel commando, quel extrémiste, quel homme politique? Si les forces de sécurité ne font rien à la prochaine manifestation, le nouveau gouvernement démontrera clairement qu'il est en faveur de la répression en Syrie, également en faveur d'une possible répression au Liban, qu'il est de mèche avec de tels débordements de violence.

    rosa Zacharie

    17 h 20, le 03 août 2011

  • Tout simplement dégueulasse! Et aucune mesure contre les agresseurs. Voila les méthodes qu'ils utilisent, à l'image des régimes à qui ils sont inféodés. Ils importent comme à leur habitude ces procédés barbares, tout comme les idéologies archaiques et étrangères.

    Joun Hélène

    16 h 57, le 03 août 2011

  • « alors, tu es toujours avec la liberté, connard ! » ces genres de propos on les entend à Mazzé et au Beau rivage.

    Elie KHOUEIRY

    14 h 58, le 03 août 2011

  • "Les forces de sécurité, qui n'ont rien fait" pour arrêter l'agression des petits sbires du régime baassiste contre ceux qui réclamaient la liberté pour le peuple syrien, sont des lâches, dont la lâcheté donne la nausée.

    Halim Abouchakra

    13 h 33, le 03 août 2011

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