Selon des défenseurs des droits de l'Homme syriens, 24 personnes ont été tuées lundi. Photo Patrick BAZ
Alors que la répression contre l’opposition s’intensifie en Syrie, l'Italie a haussé le ton aujourd'hui contre le régime syrien en rappelant son ambassadeur pour consultations. "Face à l'horrible répression contre la population civile, le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini a donné des instructions pour faire rentrer en Italie notre ambassadeur à Damas, Achille Amerio, pour consultations", indique le communiqué du ministère italien des Affaires étrangères. "L'Italie a également proposé le rappel des ambassadeurs de tous les pays de l'Union européenne à Damas", ajoute le communiqué.
L'Union européenne n'envisage pas de rappeler son ambassadeur en poste à Damas, a néanmoins répondu le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. "Le chef de la délégation (de l'UE en Syrie, Vassilis Bontosoglou) va rester à Damas pour surveiller la situation", a dit le porte-parole, Michael Mann, au cours d'un point de presse à Bruxelles. Il n'y a pas de décision "généralisée" des pays de l'UE de rappeler leur ambassadeur en Syrie, a ajouté le porte-parole.
L’Union européenne a, toutefois, décidé d'alourdir ses sanctions contre le régime syrien. Le ministre syrien de la Défense, le général Ali Habib Mahmoud, compte parmi les cinq nouvelles personnes sanctionnées pour leur rôle dans la répression contre des manifestants en Syrie. Le chef de la sécurité militaire dans la ville de Hama, Mohammed Mufleh figure également sur la liste des personnes privées de visa et dont les avoirs sont gelés. Les trois autres personnes sanctionnées par l'UE aujourd'hui sont le général de division Tawfiq Younes, chef de la division "sécurité intérieure" des renseignements généraux, Mohammed Makhlouf, alias Abu Rami, oncle maternel du président syrien Bachar al-Assad, et Ayman Jabir, associé du frère cadet du président al-Assad, Maher al-Assad, dans le cadre de la milice Shabiha.
Côté américain, le plus haut gradé, l'amiral Mike Mullen, a appelé à un arrêt immédiat de la violence en Syrie. « La violence doit cesser aussi vite que possible », a déclaré le chef d'état-major interarmées lors d'un point presse dans une base militaire américaine à Bagdad. « Le peuple syrien est certainement en quête d'un gouvernement et d'une gouvernance différents et réformés (...) Nous souhaitons que ces changements soient lancés », a-t-il poursuivi. « Nous souhaitons que le président syrien Bachar al-Assad prenne des mesures pour résoudre les problèmes qui sont clairement posés par le peuple syrien en interne et qui appellent à des changements importants », a-t-il ajouté. L'amiral a indiqué que les Etats-Unis allaient maintenir une forte pression diplomatique sur le régime syrien, mais ne prévoyaient pas d'intervention militaire. "Il n'y a aucune indication que nous allons nous impliquer directement à ce sujet. Je pense que nous voulons faire pression autant que nous le pouvons, politiquement et diplomatiquement, pour produire le changement que tant de pays réclament", a-t-il ajouté.
Le président turc, Abdullah Gül, s'est déjà déclaré "horrifié", lundi, par l'utilisation d'armes lourdes en Syrie pour juguler les manifestations hostiles au régime. "Les récents événements en Syrie ont encore accru notre inquiétude qui était déjà grande. Les images des événements d'hier nous ont horrifié", avait dit Abdullah Gül.
Une réunion de consultations d'urgence sur la répression syrienne contre l'opposition s'est tenue lundi au Conseil de sécurité de l'Onu, où Européens et Américains cherchaient à obtenir une condamnation de Damas. Elle n'a pas débouché sur des résultats concrets.
De son côté, la Syrie a pressé l'Inde, qui vient de prendre la présidence tournante du Conseil de sécurité, de l'aider à éviter une condamnation concernant la répression de l'opposition, demandant à New Delhi de ne pas donner crédit à "la propagande" occidentale. "Je suis ici pour mettre en garde les dirigeants indiens contre la désinformation pré-fabriquée et le mécanisme de propagande irréaliste contre la Syrie", a déclaré le vice ministre des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, en visite de trois jours en Inde. "Certains cercles occidentaux et américains veulent aggraver la situation en Syrie en soutenant des groupes terroristes contre la volonté de l'écrasante majorité du peuple syrien", a-t-il assuré. Dans un entretien séparé à la chaîne CNN-IBN lundi, il a souligné que la Syrie attendait de l'Inde "de ne pas permettre aux pays occidentaux d'utiliser les Nations unies comme un forum pour soutenir le terrorisme, pour soutenir l'extrémisme et pour soutenir la mort de personnes innocentes".
Dans un communiqué lundi soir, le ministre indien des Affaires étrangères a exprimé son "inquiétude" concernant l'escalade de la violence en Syrie. S.M. Krishna a en outre pressé Damas "de faire preuve de retenue, de renoncer à la violence et de faciliter la mise en œuvre de réformes politiques prenant en compte les aspirations du peuple syrien".
Sur le terrain, le bilan de la répression continuait de s'alourdir. La répression a fait au moins 24 nouvelles victimes lundi au premier jour du Ramadan. Des morts qui viennent s'ajouter aux 140 personnes tuées dimanche, principalement dans la ville de Hama, l'un des bastions de la contestation. Les militants anti-régime ont annoncé sur leur page Facebook leur volonté de manifester "tous les soirs après les Tarawih (prières du soir), pour riposter" à la répression.
L'Union européenne n'envisage pas de rappeler son ambassadeur en poste à Damas, a néanmoins répondu le porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. "Le chef de la délégation (de l'UE en Syrie,...


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André Jabbour, je lis et relis dans tous les sens, avec et sans lunettes, ma réaction ci-dessous, je ne vois toujours pas où je vous traite personnellement de fanatique... Tant pis.
06 h 50, le 03 août 2011