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À La Une - Répression

Près de 3 000 disparus en Syrie, selon une ONG

Ayman el-Zawahiri aux manifestants : "Allah sait que mes frères et moi aurions été parmi vous et avec vous, en vous défendant avec nos vies et en vous protégeant avec nos poitrines".

Photo de la vidéo d'Ayman el-Zawahiri mise en ligne mercredi matin. SITE/

Près de 3 000 personnes sont portées disparues en Syrie depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad, a indiqué jeudi l'Organisation non gouvernementale Avaaz. Selon Avaaz, le sort de 2 918 Syriens arrêtés par les forces de sécurité depuis le 15 mars est inconnu. L'ONG a annoncé le lancement d'une campagne d'opinion pour obtenir leur libération. Avaaz a précisé avoir établi une liste des personnes disparues et indiqué que sur la seule semaine écoulée, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées, "le régime intensifiant ses efforts pour réprimer la contestation avant le début du ramadan" la semaine prochaine. L'ONG va également mettre en place un site Internet, avec les photos et de brèves descriptions pour chacun des disparus, qui sera actualisé régulièrement. Elle a indiqué que, selon son décompte et outre les disparus, 1 634 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation, 26 000 arrêtées à un moment ou à un autre et 12 617 sont toujours en détention. L'ONG précise avoir travaillé avec deux organisations de défense des droits de l'Homme syriennes pour établir ce décompte et obtenir les photos des personnes disparues ainsi que des renseignements personnels et la date de leur arrestation.

Deux opposants syriens viennent s'ajouter, aujourd'hui, à la liste des 26 000 arrêtés. "Les forces de sécurité ont arrêté le 27 juillet à Damas les deux opposants syriens connus Adnan Wehbé et Nizar al-Samadi (...)", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) dans un communiqué, selon lequel le sort des deux hommes "reste inconnu". L'OSDH a par ailleurs condamné "la poursuite des campagnes d'arrestations arbitraires d'opposants politiques, de militants de la société civile et des droits de l'Homme et de manifestants pacifistes malgré la levée de l'état d'urgence". D'après l'Observatoire, Adnan Wehbé est l'un des dirigeants du parti de l'Union socialiste arabe démocratique et Nizar el-Samadi est une personnalité islamique connue dans la ville de Douma, près de Damas.
Ces disparitions et arrestations massives ne semblent cependant en rien décourager les contestataires syriens qui continuent à braver la répression et à manifester contre Bachar el-Assad. Ce matin, des étudiants ont défilé à Deir Ezzor alors qu'une grève générale a été décrétée à Deraa.

A Kanaker, près de Damas, l'opération du régime se poursuit faisant aujourd'hui trois nouveaux blessés. Au moins onze personnes, dont un enfant de sept ans, ont été tuées hier dans cette ville par les forces de sécurité syriennes. "Les forces de sécurité ont perquisitionné des maisons. Lors de cette opération, 11 personnes ont été tuées et plus de 250 arrêtées", a affirmé Ammar Qourabi, président de l’Organisation nationale des droits de l’homme. M. Qourabi a envoyé une liste des noms des 11 victimes aux agences de presse étrangères. L’opération sécuritaire dans cette ville de 25 000 habitants a été "menée avec l’appui d’un bulldozer et des chars de l’armée" et a "visé des personnes entre 15 et 40 ans", a indiqué M. Qourabi, précisant "qu’au moins 11 véhicules ont transporté les personnes arrêtées". Selon le militant, l’opération est un "acte de vengeance" car les habitants de Kanaker "ont joué un rôle dans l’acheminement de provisions à la ville de Deraa", assiégée par l’armée et qui "subit des coupures d’eau, d’électricité et d’Internet". En représailles, "les habitants de Kanaker ont lancé des pierres sur les chars" et ont barré les rues avec "des pneus enflammés". "Les mosquées de la ville sont transformées en hôpitaux civils", a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Par ailleurs, "une campagne sécuritaire a commencé mercredi à l’aube à Barza (un quartier de Damas). L’armée et les forces de sécurité se sont déployées dans tous les secteurs de ce quartier", a indiqué l’ONG. Un convoi de "14 bus transportant des hommes armés est passé dans la rue principale", selon l’OSDH, qui s’inquiète d’une "nouvelle campagne d’arrestations".

Dans le même temps, quelque 200 jeunes opposants syriens du monde entier ont entamé, hier mercredi, à Istanbul une réunion de quatre jours visant à renforcer la coordination entre les mouvements de contestation, à former les militants et "fonder la Syrie nouvelle". "L’objectif principal est (...) de définir une stratégie de coordination, d’améliorer notre capacité à agir ensemble et de rendre nos efforts plus productifs", a affirmé Moaaz al-Sibaai, un des organisateurs de cette première réunion du Réseau des activistes syriens. Selon lui, "20 % au maximum (des participants) sont venus de Syrie" en raison du danger.

Parallèlement, Ayman el-Zawahiri, le nouveau chef d'el-Qaëda depuis la mort d'Oussama Ben Laden, a fait l'éloge des manifestants en Syrie dans une vidéo diffusée mercredi dans laquelle il assure que les États-Unis cherchent à provoquer un changement de régime à Damas. Qualifiant les manifestants anti-gouvernementaux de "moudjahidine", Ayman al-Zawahiri a salué leurs efforts pour "donner une leçon à l'agresseur, l'oppresseur, le traître, l'infidèle", selon le groupe de renseignement américain SITE, qui surveille les sites islamistes. Il regrette aussi de ne pas pouvoir, avec d'autres combattants d'el-Qaëda, rejoindre les Syriens qui manifestent contre le régime du président Assad : "Allah sait que mes frères et moi aurions été parmi vous et avec vous, en vous défendant avec nos vies et en vous protégeant avec nos poitrines, si la guerre, dans laquelle nous combattons les croisés modernes, ne faisait pas rage (...)". Portant un turban blanc, Ayman el-Zawahiri assure que "Washington cherche aujourd'hui à remplacer Assad, qui a fidèlement cherché à protéger les frontières de l'entité sioniste, avec un nouveau régime qui dilapide votre révolution et la guerre sainte, suive l'Amérique et prenne soin des intérêts d'Israël (...)".

 

Près de 3 000 personnes sont portées disparues en Syrie depuis le début du mouvement de contestation contre le régime du président Bachar el-Assad, a indiqué jeudi l'Organisation non gouvernementale Avaaz. Selon Avaaz, le sort de 2 918 Syriens arrêtés par les forces de sécurité depuis le 15 mars est inconnu. L'ONG a annoncé le lancement d'une campagne d'opinion pour obtenir leur libération. Avaaz a précisé avoir établi une liste des personnes disparues et indiqué que sur la seule semaine écoulée, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées, "le régime intensifiant ses efforts pour réprimer la contestation avant le début du ramadan" la semaine prochaine. L'ONG va également mettre en place un site Internet, avec les photos et de brèves descriptions pour chacun des disparus, qui sera actualisé régulièrement. Elle...
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