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Liban - Concert

Le « Stabat Mater » de Julien Jalal Eddine, une polyphonie culturelle et spirituelle

Samedi soir, au Festival de Beiteddine, le compositeur et directeur artistique Julien Jalal Eddine investit la scène du palais aux côtés des quarante musiciens orientaux de son « Stabat Mater », avec le soutien de l’Association libanaise des chevaliers de Malte.

M. Marwan Sehnaoui, président de l’Association libanaise des chevaliers de Malte.

Rencontrés dans un café rue Gemmayzé, Marwan Sehnaoui et Julien Jalal Eddine abordent leur collaboration en des termes très spirituels. Marwan Sehnaoui est président de l’ordre de Malte au Liban, ordre souverain et humanitaire, particulièrement actif dans la région. Il s’est porté parrain du spectacle Stabat Mater de Julien Jalal Eddine, hommage sacré à Marie, programmé ce samedi 30 juillet au palais de Beiteddine.
Entre les deux hommes, comme avec le Stabat Mater, il est question de polyphonie confessionnelle et culturelle, d’un spectacle qui solde la rencontre entre quarante-deux musiciens et interprètes du monde oriental réunis à l’initiative d’un homme, nativement occidental.
De son nom d’artiste emprunté au poète soufi Djelâl Eddine Roûmi, Julien Jalal Eddine est grand compositeur de qanun, célébré dans le Moyen-Orient pour égaler ses pairs orientaux dans la pratique de l’instrument à cordes.
Samedi, il donnera la huitième représentation de son Stabat Mater, célébration de la musique du monde s’il en est, entouré de l’ensemble al-Kindi et de ses douze musiciens, percussions et instruments d’origine arabe, indienne et turque, accordés pour la communion du grand soir. Avec eux sur scène, Jalal Eddine réunit quinze prêtres grecs du cœur byzantin d’Athènes engagés dans un dialogue avec six chanteurs soufis d’Alep, dont le cheick Habboush, grand soliste.
Autour, huit derviches tourneurs Mawlani d’Iraq, ressuscités de l’histoire, vont s’engager dans une transe, dans une rotation infinie empreinte d’ésotérisme, inspirée du mouvement des astres.
« Nous sommes en parfaite communion avec l’ensemble des communautés religieuses, rebondit Marwan Sehnaoui à l’écoute du programme de Jalal Eddine. Notre projet social et humanitaire est un projet qui sert la dignité de l’homme dans le respect de ses différences confessionnelles. Le fait qu’il y ait un spectacle hymne à la Sainte Mère, dit par l’islam et les orthodoxes, l’ordre s’y retrouve tout à fait. »
Né à Paris de mère suisse allemande et de père alsacien, Jalal Eddine s’est consacré corps et âme à la musique orientale. Journaliste musical en 1982 dans la revue de sciences politiques Grand Maghreb, il a collaboré dix ans avec l’Université euro-arabe et dirigé plusieurs festivals internationaux à Bologne et à Palerme. Dès la fin des années soixante-dix, il étudie le qanun arabe au Caire puis à Tunis, Istanbul, Bagdad, Beyrouth, Alep et Téhéran.
Jalal Eddine vit installé dans un vieux palais mamelouk de Bab Qennisrin à Alep où il tient un salon de musique, devenu curiosité pour les télévisions du monde entier. Là-bas, il a reçu les musiciens, pendant des mois, et recomposé un spectacle spécialement pensé pour le Liban.

Une fascination
pour l’islam
« C’est un spectacle évolutif qui est arrivé à sa forme la plus évoluée. Ma démarche est un message à l’attention des musulmans et des chrétiens qui pourraient être attirés par le radicalisme. Il faut se diriger vers une attitude contemplative. La religion est avant tout un artefact culturel. On oublie parfois que les cultures sont traditionnelles avant d’être religieuses. »
Julien Jalal Edine est un converti. Il a choisi l’islam par fascination pour l’esthétique musulmane. En face de lui, Marwan Sehnaoui est ambassadeur d’un christianisme progressiste et rassembleur : « Le Liban devrait servir de laboratoire aux autres pays, de plus en plus nous vivons dans un monde mixte.
Ce n’est pas le religieux qui divise, mais la manière qu’ont les hommes de traiter la religion. La religion est amour ; c’est une richesse. Si l’homme l’utilise pour affronter l’autre, il a perdu le cadeau donné par Dieu. La musique de Jalal Eddine, c’est cette ouverture vers l’autre. C’est le cœur de l’espérance. »
Nommé officier des arts et des lettres en 2001, Julien Jalal Eddine a collaboré avec les poètes arabes Mahmoud Darwish et Salah Stétié. Celui-là a écrit un texte qui sera lu en prélude au Stabat Mater :
« Où Marie pouvait être plus vénérée et mieux saluée qu’à Beiteddine – “Demeure de la Religion” – , où pouvait-elle être mieux chantée par la voix des hommes et dans le cœur des femmes que dans ce Liban éternel où des chrétiens de toute obédience et des mahométans de toute appartenance savent converger lorsque ce qui est en jeu, c’est l’essentiel ? »
Rencontrés dans un café rue Gemmayzé, Marwan Sehnaoui et Julien Jalal Eddine abordent leur collaboration en des termes très spirituels. Marwan Sehnaoui est président de l’ordre de Malte au Liban, ordre souverain et humanitaire, particulièrement actif dans la région. Il s’est porté parrain du spectacle Stabat Mater de Julien Jalal Eddine, hommage sacré à Marie, programmé ce samedi 30 juillet au palais de Beiteddine.Entre les deux hommes, comme avec le Stabat Mater, il est question de polyphonie confessionnelle et culturelle, d’un spectacle qui solde la rencontre entre quarante-deux musiciens et interprètes du monde oriental réunis à l’initiative d’un homme, nativement occidental.De son nom d’artiste emprunté au poète soufi Djelâl Eddine Roûmi, Julien Jalal Eddine est grand compositeur de qanun, célébré...
commentaires (1)

Bonjour, Quels regrets de n'avoir pu participer à un tel moment ! J'ai déjà entendu et vue Jalla Ed Dine Weiss, le Cheik Habboush et leurs derviches-tourneurs à Paris. Savez-vous si un enregistrement de ce spectacle spirituel a été réalisé et où pourrais-je le trouver lors de mes prochains voyages à Beyrouth ? Meilleures salutations Jean Claude Lacombe

LACOMBE Jean Claude

11 h 40, le 26 juillet 2011

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Commentaires (1)

  • Bonjour, Quels regrets de n'avoir pu participer à un tel moment ! J'ai déjà entendu et vue Jalla Ed Dine Weiss, le Cheik Habboush et leurs derviches-tourneurs à Paris. Savez-vous si un enregistrement de ce spectacle spirituel a été réalisé et où pourrais-je le trouver lors de mes prochains voyages à Beyrouth ? Meilleures salutations Jean Claude Lacombe

    LACOMBE Jean Claude

    11 h 40, le 26 juillet 2011

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