Derniers préparatifs à l’AltCity Center, avant le début des activités prévues pour la semaine.
De 12h30 à 20h, tous les jours jusqu’à vendredi, des rédacteurs de Mashallah News, Mo Rida et une dizaine d’intervenants vont tenir des conférences sur l’autocensure dans la presse, le journalisme citoyen et la révolution numérique. Et dans un registre voisin, sur l’écriture cinéma et la culture alternative libanaise. Le soir à partir de 21h, l’espace deviendra un café-théâtre et une salle de concert et de projection de courts métrages, dont les meilleures productions du 48H Project Beirut.
À l’initiative du projet, David Munir Nabti, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Hibr, est à l’origine d’un regroupement d’entrepreneurs à vocation sociale. Il y a trois ans, il avait inauguré les locaux de RootSpace à Saifi Gardens, qui concentrent la rédaction de Hibr et plusieurs associations locales et internationales dont Human Rights Watch. « Nous cherchons des moyens d’héberger l’innovation et l’entrepreneuriat social, particulièrement en période postconflictuelle. Je suis un fervent défenseur de la compétition collaborative, qu’on appelle “coopétition”, laquelle pousse les gens à faire mieux sans tomber dans les travers de la concurrence », dit-il.
Le centre AltCity de Hamra, comme le RootSpace de Saïfi, a pour vocation initiale d’héberger des ONG, mais particulièrement d’offrir un espace social de création et de rencontre entre tous les acteurs de la société civile beyrouthine, jeunes, artistes, travailleurs et simples quidams. « Nous voulions un espace plus grand, mieux adapté pour organiser des événements, des happy hours, des concerts et des projections. Nous voulions surtout un espace plus central et plus ouvert vers l’extérieur. Nous allons ouvrir un café dans les locaux, qui restera un espace de travail, mais public, où tout le monde pourra monter. »
David Munir Nabti s’est installé il y a sept ans à Beyrouth. D’origine américano-libanaise, fils de professeurs d’université, il a grandi dans la région californienne de Silicon Valley, réputée pour son système éducatif. « Aux États-Unis, on apprend aux jeunes à célébrer leurs productions. Même si ce n’est pas parfait, tu essaies, tu partages et tu as des retours sur ton travail », explique Munir. « Au Liban et dans la région, on n’a pas cette culture. Ici, tu es valorisé selon ta capacité à faire exactement ce qu’on te demande », ajoute-t-il.
Le collectif organise des ateliers d’écriture et des soirées stand-up, un soutien effectif pour pousser l’esprit d’initiative à Beyrouth. « On continue dans ce sens le travail qu’on faisait avec Hibr, poursuit Munir. Avec cette idée : en prenant le temps de développer l’expression écrite, tu développes ton sens critique et renforces ton libre arbitre. Ce qui manque cruellement ici », déplore-t-il.
L’espace de trois cents mètres carrés sera officiellement inauguré en septembre. D’ici là, l’équipe de salariés et de bénévoles a programmé plusieurs « collectes de fonds à valeur sociale », comme le mois prochain un atelier graffiti dirigé par le collectif d’artistes de rue Ashekman et un barbecue-mix ouvert sur Hamra.

