– Contrairement à ce qu’a insinué M. Touma, la nomination du général Jamil el-Sayyed à la tête de la Sûreté générale n’était pas due au fait qu’il est de confession chiite ou qu’il était le candidat de la communauté chiite, mais au fait que le président Émile Lahoud a estimé qu’il avait les compétences requises pour occuper ce poste. Le général Sayyed avait à l’époque demandé au président Lahoud de le maintenir à la direction des renseignements de l’armée, mais le président Lahoud avait insisté pour cette nomination, indiquant au général Sayyed qu’il le voulait à ses côtés au plan politique, et la Sûreté générale était le lieu propice à un rôle politique, contrairement aux renseignements de l’armée.
– M. Touma souligne que la désignation du général Sayyed a eu pour résultat la mainmise du système sécuritaire libano-syrien sur l’État, ajoutant que le président de la République n’était plus le principal bénéficiaire de la Sûreté générale. Il semble que M. Touma n’a perçu la vérité que d’un seul œil, occultant le fait que sous la conduite du général Sayyed la SG est devenue l’une des institutions les plus transparentes et les plus respectueuses du citoyen, de l’aveu même de l’Assemblée des évêques maronites, réunie sous la présidence du cardinal Sfeir, et de l’ONU, en 2004.
– M. Touma a occulté le fait que le système (sécuritaire) libano-syrien ne saurait être réduit à Jamil el-Sayyed ou à certains officiers, chefs des services libanais, quelle que soit leur influence. La vérité est que les présidents Élias Hraoui et Rafic Hariri, et avec eux des leaders comme Walid Joumblatt, Michel Murr et d’autres étaient fondateurs, actifs et bénéficiaires de ce système (sécuritaire libano-syrien), au point que la plupart de ces politiciens adressaient leurs rapports, dépêchaient leurs représentants et se réunissaient avec Ghazi Kanaan et d’autres. La plupart de ces politiciens ont exploité cette relation afin de piller les institutions étatiques, alors que le général Sayyed et les officiers ont eu l’honneur de capitaliser sur cette relation avec la Syrie afin d’édifier l’armée et la SG.
– Quant au fait que M. Touma ait estimé que le président Lahoud n’était pas le principal bénéficiaire de la SG du temps du général Sayyed, nous laissons à M. Touma et aux médias de l’époque, qui affirmaient le contraire, le soin de répondre à ce point.

