Il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Bien au contraire, certains de nos politiciens en arrivent à brandir fièrement et sans vergogne un discours que même les ex-dictateurs des républiques bananières d’Amérique latine semblent avoir remisé au placard, de quoi rendre les Boliviens jaloux. Ils se vantent d’avoir forcé certains à s’exiler et se targuent de vouloir, et de pouvoir, embastiller d’autres. Ils déversent sur qui bon leur semble des flots de haine, rabaissent la rhétorique politique au rang du discours ordurier et font l’apologie d’un régime qui a plus de sang sur les mains que tous les bouchers de Beyrouth réunis. Ils parlent de cellules de prison qu’ils sont en train d’agrandir pour le grand jour, de coffres de voiture qu’ils réservent à ceux qui pensent mal ou trop...
C’est sûrement à cela que ressemblait le Berlin du début des années trente. Mais Hitler a eu au moins la décence de mettre son programme par écrit dans Mein Kampf. Les Allemands, eux, ont su ce qui les attendait, ce qui n’est pas le cas au Liban où les valeurs démocratiques sont tous les jours violées et foulées aux pieds sans toutefois que l’apparente pudique démocratie, encore principale caractéristique du système politique libanais, ne soit vraiment étranglée. Cela viendra.
Jadis, en novembre 1922, Mussolini avait prononcé un discours d’une rare violence que l’histoire connaîtra sous le nom de « Discours du bivouac », dans lequel il avait menacé de transformer le Parlement italien, qualifié au passage de « salle grise, terne et inutile », en un bivouac – campement – pour ses centuries et ses formations de combat... « Et alors, je pourrai parler aux députés de l’opposition avec mes c... sur la table », conclura le duce. Grâce à ce discours d’intimidation et à quelques violences, Mussolini sera nommé à la tête du gouvernement italien. Suivront, deux ans plus tard, la mise en place d’un État totalitaire et l’interdiction de toute forme d’opposition. Espérons qu’il y ait encore au Liban des justes qui savent ce qu’ils font car se réfugier derrière un misérable « je ne savais pas » rimera avec trop tard, c’est clair comme de l’eau de « boche ».
Quant à moi, une chose est certaine : je n’entonnerai pas le « Général, nous voilà » car on ne peut pas citer de Gaulle et se comporter comme Pétain...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
perfect, as usual :-)
03 h 31, le 20 juillet 2011