M. Mikati entouré des membres de la délégation de l’ordre des journalistes. Photo Dalati et Nohra
M. Mikati s’exprimait dans deux interviews séparées, accordées l’une à la chaîne CNN et l’autre à une délégation de l’ordre des journalistes qu’il a reçue au Grand Sérail, dans le cadre d’une offensive médiatique visant à la fois l’extérieur et l’intérieur.
Réitérant « l’engagement total du gouvernement libanais à l’égard de l’ensemble des résolutions internationales, en particulier la 1701 et la 1757 », M. Mikati a déclaré au journaliste Richard Quest de CNN :
« Le Liban est l’un des fondateurs de l’Organisation des Nations unies. Le gouvernement libanais assumera entièrement toutes ses obligations internationales. Par ailleurs, nous ne pouvons pas éliminer un seul article de n’importe quel protocole. »
« Les cinq derniers mois, nous avons répondu à toutes les questions d’une manière très calme. Ma seule préoccupation est de voir où réside l’intérêt de mon pays et de travailler pour parvenir à le réaliser », a-t-il ajouté.
« La stabilité du Liban est une grande priorité, la différence des opinions n’est pas un problème. Au contraire, nous respectons la liberté d’expression », a souligné M. Mikati, affirmant qu’« au milieu de ce chaos politique, le gouvernement fait de son mieux pour trouver des solutions aux divers problèmes quotidiens du citoyen libanais ».
« Il y a une tendance à donner à notre gouvernement une étiquette du Hezbollah. Laissez-moi vous dire, nous sommes un gouvernement libanais, le Hezbollah a des ministres au sein de ce gouvernement, tout comme c’était le cas au sein du gouvernement précédent. »
Selon lui, « les armes du Hezbollah doivent être utilisées contre toute attaque israélienne ». Mais, « partant de là, nous ferons de notre mieux pour retirer les armes de toutes les villes du pays », a-t-il souligné.
S’agissant du problème des frontières maritimes, « nous adopterons les moyens diplomatiques après avoir achevé nos négociations avec le gouvernement chypriote », a dit M. Mikati.
Au sujet de la contestation en Syrie, le Premier ministre a affirmé souhaiter que « le gouvernement syrien soit en mesure de trouver les bonnes solutions pour tous les problèmes auxquels il est confronté et de faire ce qui est bon pour la Syrie ». « Toutefois, ma préoccupation personnelle est de savoir comment protéger le Liban », a-t-il dit.
L’ordre des journalistes
Devant la délégation de l’ordre des journalistes, M. Mikati a souligné que « le dialogue est l’unique moyen pour parer aux divisions ». « Toutes les fractions doivent participer au dialogue, sinon les problèmes se manifesteront dans la rue », a-t-il fait valoir.
Pour lui, « les solutions commencent par la mise en œuvre intégrale de l’accord de Taëf, puis, si le besoin s’en fait ressentir, par un examen dans un climat serein des éventuels amendements à la Constitution ».
« À mes yeux, il faut commencer par l’application de l’article 95 de la Constitution, relatif à la mise en place du conseil national pour l’abolition du confessionnalisme politique », a-t-il dit, tout en prenant soin d’ajouter : « La création de cette instance ne signifie pas l’élimination d’une quelconque communauté ni que son action se fera à ses dépens. »
Interrogé sur les nominations administratives auxquelles procède actuellement le cabinet, il a souligné qu’elles « se poursuivent de façon sereine et loin de tout tapage et de tout tiraillement, contrairement à ce qui était le cas dans le passé », et précisé qu’elles se déroulent non pas en package deal, mais secteur par secteur. « J’affirme qu’il n’est pas question pour nous de nous livrer en la matière à une politique vindicative, pas plus qu’au clientélisme », a-t-il ajouté.
Sur sa visite au Liban-Sud, samedi dernier, M. Mikati a réaffirmé avoir voulu montrer son soutien à l’armée et à la résolution 1701. À ce propos, il a appelé « les États qui demandent une mise en œuvre de cette résolution » à « s’y engager de façon similaire en œuvrant pour parvenir à un cessez-le-feu définitif et en continuant à soutenir l’armée libanaise ».
Au sujet du Tribunal spécial pour le Liban, le Premier ministre a affirmé qu’il s’agit du fruit d’« une résolution internationale que le Liban respecte et à l’égard de laquelle il se considère engagé ». « Nous n’avons pas l’intention de modifier cette résolution. Ce que nous recherchons, c’est l’édification d’une relation de confiance entre toutes les parties sans abandonner le rôle de l’État et son autorité. Et cela s’applique aussi au dossier des faux témoins, qui reste ouvert », a-t-il dit.
Niant l’existence de pressions internationales sur le Liban, il a assuré que le secteur bancaire libanais est « sain à cent pour cent » et exprimé sa volonté d’édifier des « relations de confiance avec les pays frères et amis ».
Enfin, contrairement à ce qui avait été annoncé avant le débat de confiance à la Chambre, M. Mikati a indiqué qu’il n’avait pas l’intention d’effectuer une tournée arabe « avant de parachever de nombreux dossiers locaux essentiels ».
Message de Fillon
Par ailleurs, M. Mikati a reçu un message de vœux de son homologue français, François Fillon. Ce dernier y réaffirme que la mise en œuvre des engagements internationaux du Liban et des résolutions des Nations unies est essentielle pour tous les partenaires du Liban et que la poursuite de la coopération du gouvernement libanais avec le TSL, qui travaille en toute indépendance, revêt aussi une grande importance.
M. Fillon ajoute toutefois que face au défis internes, régionaux et internationaux que devra relever le gouvernement Mikati, le Liban peut être assuré du plein soutien de la France.
M. Mikati a reçu également une lettre de vœux de Nabil el-Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe.


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- Sélim, MABROUK++++ Tasso Tsiris
18 h 08, le 19 juillet 2011