Selon l’association Alzheimer’s Disease International, le nombre de malades d’Alzheimer et des démences apparentées devrait doubler en vingt ans dans le monde. Photo topnews.net.nz
L’équipe du Pr Kristine Yaffe, de l’Université de Californie, a analysé les dossiers médicaux de 281 540 vétérans américains âgés de 55 ans ou plus, chez qui la démence n’avait pas été diagnostiquée au début de l’étude. Cette étude a montré que le risque de développer une démence pendant la durée de l’étude, qui a duré sept ans, était plus que doublé chez les vétérans atteints d’une lésion cérébrale (15,3 % contre 6,8 % chez ceux qui ne l’étaient pas).
« Les données laissent à penser que le traumatisme crânio-encéphalique (TCE) chez les vétérans âgés pourrait les prédisposer au développement d’une démence symptomatique, selon le Pr Yaffe, citée dans un communiqué de l’AAIC. Elles suscitent des inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le long terme des TCE chez les vétérans plus jeunes. »
Pour les chercheurs, la question est importante, car le TCE est courant, notamment à la suite de chutes ou d’accidents de la circulation. « Le TCE est également considéré comme la blessure typique des conflits en Irak et en Afghanistan où elle touche 22 % des victimes et 59 % des blessures liées aux explosions », explique le Pr Yaffe.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer cette augmentation du risque. Selon les chercheurs, on trouve ainsi des plaques amyloïdes semblables à celles présentes dans les cerveaux des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer jusqu’à 30 % des patients atteints de TCE qui ne survivent pas à leurs blessures, quel que soit leur âge.
Résultats préliminaires
Une autre étude a été conduite par le Pr Christopher Randolph, de la Loyola University Medical Center à Chicago, chez d’anciens joueurs de football américains. Quelque 513 membres à la retraite de la National Football League Players’ Association ont répondu en 2008 à une enquête ciblant particulièrement des problèmes de mémoire, y compris un questionnaire de dépistage de la maladie d’Alzheimer, appelé AD8.
Un peu plus de 35 % des répondants, dont l’âge moyen est de 61 ans, présentaient un score AD8 laissant envisager une possibilité de démence. À titre de comparaison, selon le rapport 2011 de l’Association Alzheimer, 13 % des Américains âgés de 65 ans et plus sont atteints de la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont utilisé les données de l’enquête pour identifier d’anciens joueurs souffrant possiblement de troubles légers de la cognition (troubles de la mémoire, du langage...). Ils ont trouvé que les anciens athlètes étaient davantage touchés par rapport à des individus présentant les mêmes caractéristiques sociodémographiques, mais sans passé de sportif professionnel.
Selon les chercheurs, ces résultats, encore considérés comme préliminaires, confortent l’hypothèse que des traumatismes crâniens répétés pendant de nombreuses années de pratique du football américain peuvent entraîner une expression plus précoce des maladies neurodégénératives liées à l’âge, comme la maladie d’Alzheimer.
La Conférence de l’Association Alzheimer se poursuivra jusqu’à jeudi avec, à l’ordre du jour, les derniers progrès réalisés dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer, aussi bien en ce qui concerne la détection précoce et le diagnostic (imagerie, biomarqueurs), que la prise en charge et les traitements. Plus de 5 000 scientifiques du monde entier y prennent part.
Le nombre de malades d’Alzheimer et des démences apparentées devrait doubler en vingt ans dans le monde, passant de 35,6 millions aujourd’hui à 65,7 millions en 2030, selon des estimations de l’association Alzheimer’s Disease International.
(Source : AFP)

