Cette photo tirée d’une vidéo Youtube montre un hélicoptère passant au-dessus de Mayadine et qui se dirigerait, avec 9 autres hélicoptères, à Abou Kamal d’après des sources militantes
L’armée est entrée aujourd’hui, dimanche, à Zabadani, à 40 kilomètres au nord de Damas, près de la frontière avec le Liban, et à Abou Kamal, à l’est du pays, près de la frontière avec l’Irak, d’après la page Facebook Sham News Network (SNN). Des chars encercleraient les deux villes et des hélicoptères se dirigeraient également vers Abou Kamal. Dans son édition dominicale, le quotidien syrien al-Watan, proche du pouvoir, a rapporté que "la situation sécuritaire à Abou Kamal est explosive, alors que l'armée se prépare à intervenir (...) car les autorités craignent un mouvement de désobéissance armée dans cette ville frontalière où les (insurgés) pourraient facilement obtenir une aide logistique et politique". Une manifestation de soutien à Abou Kamal a lieu à Deir el-Zour, une autre ville de l’est du pays, d’après SNN. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, un civil a été tué et plusieurs autres blessés samedi à Abou Kamal quand les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser un rassemblement contre le régime. Mais l'agence officielle Sana a parlé « de gangs terroristes armés qui ont pris d'assaut un bâtiment public et saisi les armes qui y étaient déposées ». Trois membres des forces de l'ordre ont été tués et deux autres ont été enlevés, a ajouté l'agence. Depuis le début de la révolte mi-mars en Syrie, le régime syrien attribue les violences à des groupes armés cherchant à semer le chaos, et il utilise cet argument pour réprimer les manifestants et militants pour la démocratie à travers le pays.
En ce qui concerne Zabadani, plus de 500 personnes y auraient été arrêtées d’après des militants qui affirment que 2000 membres des forces de l’ordre ont investi la ville après avoir coupé les lignes téléphoniques, l’électricité et internet. Parallèlement, une grève générale aurait lieu à Idlib dans le nord du pays.
Samedi, une « Conférence de Salut national » réunissant des centaines d'opposants syriens à Istanbul a dénoncé la répression meurtrière des manifestations et les « mensonges » du régime. Dans une salle de conférence comble - les organisateurs ont dénombré 350 participants - les participants ont entamé leur réunion par l'hymne national syrien et une minute de prière à la mémoire des victimes de la répression. Les opposants ont aussi déploré l'annulation, en raison des violences, d'une réunion jumelle, qui devait avoir lieu simultanément à Damas. Les forces de sécurité syriennes « ont attaqué hier et tué 19 personnes, des centaines de personnes ont été envoyées à l'hôpital, d'autres ont été arrêtées et ils n'auraient pas permis à quiconque d'organiser une réunion », a déclaré à l'AFP Haïtham al-Maleh, une des figures majeures de l'opposition, qui lors de son allocution a également dénoncé une attaque contre le lieu prévu de la réunion. « Bachar continue de tromper les citoyens et le monde (... ) Il a annulé l’état d’urgence mais la (nouvelle) loi qu’il a imposée est pire. Il ne peut pas interdire une réunion pacifique », a protesté M. Maleh, qualifiant le président syrien de « menteur » et de « fasciste ». M. Maleh a par ailleurs fait état de « 2000 morts, 1500 disparus et 15 000 arrestations », depuis le début de la révolte.
Les participants de la conférence d'Istanbul devaient s'entendre sur une « feuille de route ». « Nous avons un plan exprimant nos vues pour le futur, pour les changements en Syrie, pour un régime libre et démocratique, nous allons voir si quelqu'un a des objections et ferons les corrections raisonnables », a indiqué M. Maleh, un avocat de 79 ans défenseur des droits de l'homme, sorti de prison en mars après une condamnation pour « diffusion de fausses nouvelles susceptibles de porter atteinte au moral de la nation ». Le second volet de leur programme, la constitution d'un « gouvernement fantôme », a cependant été revu à la baisse après avoir essuyé des critiques concernant la représentativité de la conférence.
« Certains avaient l'intention de créer un gouvernement provisoire mais ça n'a aucun sens aujourd'hui, c'est prématuré, tout le monde est contre. Ils adoptent désormais un profil beaucoup plus bas : sortir avec un comité de suivi pour continuer les discussions avec les autres formations de l'opposition », a affirmé à l'AFP Burhan Ghalioun, sociologue et activiste des droits de l'homme venu de Paris.
Wael al Hafez, un opposant également présent en Turquie, a, de son côté, proposé une idée neuve afin de gêner au mieux les services de sécurité syriens : la désobéissance civile. « Je suis pour toute chose qui unifiera le peuple syrien, aidera la population et nous unira dans notre combat contre ce régime répressif, illégitime, qui a usurpé le pouvoir et bafoué les droits de l'homme », a-t-il dit lors de la conférence. « Nous souhaitons intensifier les manifestations pacifiques en nous livrant à des actes de désobéissance civile, mais aussi en étouffant le pays économiquement, en le paralysant, le tout en causant le minimum de dégâts », a ajouté Wael al Hafez.
Commentant cette réunion, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé samedi que « les efforts de l'opposition pour se regrouper, s'organiser et définir un programme forment une part importante de la réforme politique ». La tentative des Syriens de constituer une opposition est « encourageante », a-t-elle ajouté, évoquant son espoir d'une « coopération pacifique avec le gouvernement en vue d'un avenir meilleur ». Mme Clinton a en outre jugé, au second jour de sa visite en Turquie, que la situation syrienne ne pouvait pas être influencée de l'extérieur. « Aucun d'entre nous n'a vraiment d'influence, en dehors de dire ce que nous croyons et d'encourager les changements que nous espérons », a-t-elle déclaré dans un entretien à Istanbul avec la chaîne d'information CNN-Türk. « Ce qui se passe en Syrie est très incertain et troublant, parce que nombre d'entre nous avaient espéré que le président Assad ferait les réformes nécessaires », a-t-elle ajouté.
Les États-Unis ont à la fois haussé le ton cette semaine contre le régime syrien et affirmé que le changement ne pourrait venir que des Syriens eux-mêmes. Hillary Clinton avait assuré vendredi que « la Syrie ne peut pas retourner en arrière » et qu'à ses yeux, le président Assad « a perdu sa légitimité » à force de répression brutale de sa population. Cependant, à la différence de la situation en Libye, aucun consensus ne semble se dégager au sein du Conseil de sécurité de l'Onu pour condamner fermement le régime Assad.


Il est temps que ce regime tombe...ca suffit 2000 morts,des blesses ,des disparus,des mensonges,on ne voit plus la realite de ce qui se passe ...Basta...
10 h 12, le 17 juillet 2011