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Nos lecteurs ont la parole

Il fallait que cela fût dit

Louis INGEA
J’ai eu, l’autre jour, le plaisir de suivre sur MTV, intégralement retransmise en différé, l’intervention au Parlement de l’un de nos plus jeunes députés.
Disons, tout de go pour être honnête, que je me trouve personnellement apparenté par alliance au jeune homme en question. Chose qui ne doit induire, à mon sens, nul préjugé en sa faveur. Car je prétends, de par l’éducation que j’ai reçue, de par mon âge et la droiture de ma conscience, affirmer mon intégrale objectivité par rapport à ses prises de position politique et à la façon par laquelle il a réussi à développer son argumentation. Aussi, installé dans mon fauteuil, ai-je pu déguster de bout en bout non seulement la forme mais surtout le fond de son exposé.
La vérité a toujours été un fait imputrescible. Elle est la justification absolue de la dignité humaine. Nulle puissance au monde ne peut prévaloir contre elle : ni l’acharnement des détracteurs ni la menace des armes, quelle que soit leur nature. Parce que la vérité est mère de la justice, sans laquelle l’esprit qui anime chacun de nous perdrait toute essence.
Il est inutile, par ailleurs, de résumer à nouveau les arguments de sa plaidoirie. Les journaux en ont déjà abondamment cité les détails, de sorte que toute répétition du genre serait superflue.
Mais ce que je voudrais souligner, à l’intention des lecteurs, est tout simplement la mise en évidence de l’impact produit par cette intervention. Pour ceux qui ont vu l’émission en direct, la première des impressions ressenties aura été, sans conteste, celle d’un “grand silence”. On eût dit que ses pairs au Parlement même voyaient instinctivement venir l’un de ces discours proprement historiques... Historiques, parce qu’il ne nous avait pas été donné d’entendre jusqu’à présent, du côté de nos dirigeants, paroles aussi nobles, aussi sincères, aussi convaincantes que celles qui furent dites.
Je suis certain, quant à moi, d’être ici le porte-parole de milliers de téléspectateurs libanais qui ont dû apprécier sans réserve la qualité de son raisonnement. Une satisfaction d’autant plus forte qu’ils étaient sevrés, depuis des décennies, de toute transparence en matière de politique existentielle.
Car il a posé, d’entrée de jeu, la question essentielle à la base de notre déséquilibre national. Idéalisme, lucidité, maturité, courage, dynamisme, sobriété et fermeté de la critique, joints au respect dû à tous les acteurs de la scène locale, sont les mots qui conviennent pour reconnaître à travers lui les qualités attendues d’un futur homme d’État.
Rien d’étonnant à cela, en effet. Bon sang ne saurait mentir. Je n’ai rien inventé !
Il était remarquable de constater, tout au long de sa diatribe et de ses pauses entre deux idées, combien le silence régnait en maître dans une salle ordinairement habituée au brouhaha accompagnant les rodomontades, reflet de l’hypocrisie avec laquelle nos affaires publiques ont été traitées depuis un demi-siècle.
Que l’on excuse l’enthousiasme, non calculé d’avance, de mon éloge. Je ne cherche en aucune façon à faire étalage d’une apologétique quelconque ou d’enclencher le moindre culte de personnalité. Mais je dois à la réalité de l’événement ce témoignage désintéressé envers une forme de loyauté civique dont les Libanais ont perdu la trace depuis longtemps.
Limitons à ce stade le débit affectueux que la joie du constat aura provoquée chez moi au point de me pousser à rédiger ces quelques lignes. Il y a belle lurette que je ne sentais plus, sincèrement, le besoin de commenter quoi que ce soit sur le plan du droit du citoyen à émettre un avis, avancer une opinion ou réclamer un dû. Le comportement guignolesque et donquichottiste de certains parmi ceux qui s’autoproclament responsables en est la cause. Ces derniers, ayant réussi à empoisonner jusqu’à nos consciences, ne nous avaient laissé, ces derniers temps, que nausées étouffantes et sentiments d’impuissance...
Il est heureux qu’il puisse exister encore parmi nous quelques êtres d’élite pour nous redonner espoir. Espoir non en une vie béatement plus épanouie, mais espoir en un bienfaisant sursaut de la vérité, en une justice qui reprend sa place, en un renouveau qui verra le jour pour peu que quelques individus de pareille graine aient la chance de se manifester.
Je m’adresserai, pour terminer, à celui qui mérite si bien sa qualification, pour lui dire ceci avec la simplicité du cœur :
Mon cher Samy, que d’abord Dieu te protège et continue de te guider. Tes options sont nobles, fécondes et convaincantes. Puissent les adversaires de ton camp, stimulés par la pureté de tes intentions, te rejoindre quelque part sur la voie du véritable progrès. Je n’ai pas besoin de te demander de continuer sur ta lancée. Tu représentes pour ceux qui pensent comme moi l’élan même de la jeunesse “propre” à laquelle notre pays a droit. Je prévois pour toi une carrière longue et fructueuse, accompagnée de nos prières. Et j’ajoute candidement à mes vœux ces deux vers du poète, devenus clichés depuis :
« Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées
La valeur n’attend pas le nombre des années. »
Avec toute mon estime,

Louis INGEA
J’ai eu, l’autre jour, le plaisir de suivre sur MTV, intégralement retransmise en différé, l’intervention au Parlement de l’un de nos plus jeunes députés.Disons, tout de go pour être honnête, que je me trouve personnellement apparenté par alliance au jeune homme en question. Chose qui ne doit induire, à mon sens, nul préjugé en sa faveur. Car je prétends, de par l’éducation que j’ai reçue, de par mon âge et la droiture de ma conscience, affirmer mon intégrale objectivité par rapport à ses prises de position politique et à la façon par laquelle il a réussi à développer son argumentation. Aussi, installé dans mon fauteuil, ai-je pu déguster de bout en bout non seulement la forme mais surtout le fond de son exposé.La vérité a toujours été un fait imputrescible. Elle est la justification absolue de...
commentaires (1)

Chichille tu t'emportes. Pourquoi le monsieur il a dit que les mafieux ils sont néanmoins ses amis et qu'il leur veut du bien?

Justin Billebère

00 h 26, le 17 juillet 2011

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Commentaires (1)

  • Chichille tu t'emportes. Pourquoi le monsieur il a dit que les mafieux ils sont néanmoins ses amis et qu'il leur veut du bien?

    Justin Billebère

    00 h 26, le 17 juillet 2011

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