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À La Une - Rencontre

Mona Khazindar, une femme déterminée à la tête de l’IMA

Venue participer à une table ronde dans le cadre de Menasart Fair Beyrouth, Mona Khazindar, la nouvelle directrice générale de l’Institut du monde arabe, s’est exprimée sur le rôle de cette institution et ses projets à venir.

« J’aimerais introduire des manifestations portant sur la société arabe actuelle », souligne la directrice de l’IMA.           (Michel Sayegh)

«Je souhaite donner un côté plus contemporain à l’IMA», déclare d’emblée Mona Khazindar. Silhouette menue et allure moderne dans une petite robe d’un chic épuré, la nouvelle directrice générale de l’Institut du monde arabe (nommée le 30 mars dernier) bat en brèche tous les clichés liés à la femme saoudienne.
Titulaire d’un double diplôme en littérature comparée et histoire moderne et contemporaine à l’Université américaine de Paris puis à la Sorbonne, elle entame sa carrière au sein de l’institution arabo-parisienne en 1986 (un an avant son inauguration officielle). Enchaînant les responsabilités – d’abord celle des expositions contemporaines, puis la direction de l’espace muséal –, elle gravira les échelons jusqu’au plus haut poste dévolu côté arabe dans cette maison: la direction générale. La présidence de l’IMA revient à un Français choisi par le président de la République.
Nommée à l’unanimité des ambassadeurs des 22 pays arabes en France, qui siègent au conseil d’administration de cette institution, elle est non seulement la première femme, mais également le premier ressortissant d’un pays du Golfe à se retrouver dans les instances dirigeantes de l’IMA. Mona Khazindar est consciente du défi que cela représente, d’autant que sa nomination est intervenue dans un contexte de problèmes structurels. Mais cette dame à la personnalité déterminée derrière une grande douceur est résolue à tout mettre en œuvre pour «faire rayonner davantage» ce haut lieu de croisement des cultures arabes. Ainsi, en l’espace de trois mois, elle a déjà établi la programmation de l’année à venir et tracé les grandes lignes de sa politique à la tête de l’institution. À commencer par le rétablissement du partenariat franco-arabe, affaibli depuis la fin des années 90, notamment par la prise en charge du budget annuel de l’IMA uniquement par la France. «Cela avait entraîné un amoindrissement de l’implication des pays arabes et donc, subséquemment, une diminution des activités culturelles présentées. Et cela en dépit des aides et autres dons exceptionnels qui viennent ponctuellement de certains pays arabes. Comme cela a été le cas, par exemple, pour la rénovation et la modernisation de l’auditorium de l’IMA, entièrement pris en charge par la Fondation Rafic Hariri, l’année dernière. Ou encore pour la subvention exceptionnelle de 4 millions d’euros du ministre koweïtien des Affaires étrangères, de passage dans la capitale française.»
Axant principalement sa politique sur le «nouveau renforcement de ce partenariat», Mona Khazindar réfléchit d’ores et déjà à de nouvelles formes de collaboration – «sans changer les statuts» – comme l’établissement de partenariats avec des fondations privées arabes ou la coproduction de manifestations avec des institutions culturelles dans le monde arabe, publiques ou privées.

Printemps arabe
Sur le fond, sans révolutionner le système, axé sur les grandes expositions thématiques – jusque-là essentiellement patrimoniales avec «Les Phéniciens», «Les Pharaons», «Les Fatimides»... – qui génèrent un florilège d’activités diverses autour du même thème (des colloques, conférences, activités éditoriales, projections de films et concerts...), et forte de son suivi de la scène artistique arabe depuis 25 ans, la nouvelle directrice espère susciter un souffle plus contemporain à ces grandes expositions.
«Tout en gardant une cohérence dans la programmation, je voudrais augmenter le nombre des expositions – aujourd’hui, si vous visitez l’IMA, vous avez juste la rétrospective de Chafic Abboud et une exposition consacrée à l’œuvre de Zaha Hadid – et j’aimerais surtout introduire des manifestations portant sur la société arabe actuelle», indique la nouvelle directrice.
À propos de sociétés arabes actuelles, l’IMA prévoit-il d’aborder dans sa programmation la thématique du printemps arabe?
«On a déjà tenu un colloque avec des rencontres-débats sur ce thème. Au niveau artistique, on prépare une exposition pour le 15 janvier 2012, pour marquer le premier anniversaire de la révolution tunisienne, avec des artistes de toutes les disciplines qui ont participé à cette révolution, y compris des musiciens, poètes, etc. Pour l’Égypte, on fera également une manifestation du même style un peu plus tard.»
Invitée à participer, dans le cadre de Menasart, à une table ronde qui portera sur l’art du Moyen-Orient et notamment sur l’art saoudien, au cours de laquelle elle va intervenir sur son expérience de «commissaire en charge de la première participation cette année de l’Arabie saoudite à la Biennale de Venise», Mona Khazindar a évidemment fait un tour de la foire. Elle a trouvé «l’espace spacieux, permettant une très bonne circulation et une parfaite visibilité des œuvres. Bien sûr, c’est une foire commerciale, mais j’y ai repéré des œuvres photographiques de quatre ou cinq artistes chez Empty Quarter, qui pourraient être intéressantes dans le cas où l’IMA – fondation culturelle à but non lucratif, rappelle-t-elle – envisagerait d’organiser une biennale d’art contemporain arabe ou de l’image. Mais j’ai trouvé aussi qu’il y avait très peu d’artistes du sud-est asiatique.»
L’IMA, 25 ans déjà
En novembre 2012, l’Institut du monde arabe célébrera son quart de siècle. Une multitude d’événements et d’activités culturelles sont prévus à cette occasion. Ils seront regroupés sous le thème général de la créativité arabe depuis 25 ans.
Au programme, entre autres: le 30 janvier 2012, la réouverture du musée de l’IMA (fermé depuis 2 ans pour rénovation) qui, «pour se positionner différemment de la section d’art islamique au Louvre (dont l’ouverture est également prévue l’année prochaine), va offrir un nouveau parcours, qui ne sera plus civilisationnel ou chronologique, mais basé sur une thématique comme “Les sciences arabes”, “La ville arabe”, “Les nomades”...».
Et, en mars 2012, aura lieu une exposition collective et multidisciplinaire intitulée «Le corps dévoilé», que l’équipe maison prépare depuis un an et demi environ.
Outre les différentes manifestations festives, ce sera aussi, selon le souhait de la directrice, «le moment de réfléchir à l’avenir de cette fondation, de se poser la question de son évolution, notamment au niveau de sa gouvernance (en référence au problème de la double présidence française due au mandat de député de Dominique Baudis) et de la nouvelle impulsion à lui donner pour qu’elle intensifie son rayonnement de défenseur de la culture arabe sur la scène parisienne!».
«Je souhaite donner un côté plus contemporain à l’IMA», déclare d’emblée Mona Khazindar. Silhouette menue et allure moderne dans une petite robe d’un chic épuré, la nouvelle directrice générale de l’Institut du monde arabe (nommée le 30 mars dernier) bat en brèche tous les clichés liés à la femme saoudienne.Titulaire d’un double diplôme en littérature comparée et histoire moderne et contemporaine à l’Université américaine de Paris puis à la Sorbonne, elle entame sa carrière au sein de l’institution arabo-parisienne en 1986 (un an avant son inauguration officielle). Enchaînant les responsabilités – d’abord celle des expositions contemporaines, puis la direction de l’espace muséal –, elle gravira les échelons jusqu’au plus haut poste dévolu côté arabe dans cette maison: la direction...
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