Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

Mourir sans bruit

Par Marwan HARB

« Et nous rirons, sans rien qui trouble notre joie, Car les morts sont bien morts et nous vous l’apprendrons. »

Verlaine

Chaque jour, des victimes tombent dans le monde arabe à un point tel que la mort est devenue banale telle une feuille tombant d’un arbre. Nous labourons notre terre non pour nourrir les vivants, mais pour y jeter nos morts. La condamnation de la mort de manière générale provient de la volonté de dénigrement de l’étranger qui tue pour faire persister le sentiment d’un danger éminent rendant la soumission des citoyens plus docile. Alors que le massacre des populations par les régimes arabes relève du fait divers. De plus, l’impuissance des populations à émouvoir le monde face aux massacres donne l’impression que les morts arabes ne comptent pas. L’indifférence face à la mort des Arabes, que l’on attribue à l’autre, est intériorisée comme un stigmate. La rhétorique développée par les régimes arabes vient à point nommé pour retourner ce stigmate qui conduit à penser que les Arabes ne tiennent guère à l’existence. Mais « lorsque l’homme comprend que la vie n’a point de sens, ça n’est pas une fin mais un début », écrit Camus. Le début de la prise de conscience de la vie. L’homme, jeté hors de ses gonds par l’inhumanité, découvre l’existence d’une nature humaine et décide de prendre son avenir en main.
La rue arabe semble avoir compris que l’empathie, si tant est que nous puissions en susciter chez l’autre, ne peut davantage résoudre ses problèmes. L’espoir que ses actions puissent changer le cours des choses a remplacé la recherche de l’empathie de l’autre pour la sauver du joug du dictateur. Cet espoir a structuré une conscience commune capable de structurer l’action de manière efficace, en portant un discours politique, social, qui fasse sens pour demain.
Les régimes arabes s’efforcent de faire croire que l’avenir se fait à titre de prédiction ou de divination ou en attendant le paradis promis. Mais les cris de la liberté sur les places publiques, en défiant les baïonnettes des milices de la mort, reflètent une décision de construire un avenir au prix de la vie. Un avenir à modeler et non un modèle développé à imiter, ni un projet à appliquer à partir d’une idée absolue ou d’une théorie prête à l’exécution, mais par la production des faits et la réalisation comme réalités. Par le fait, si le prix de la liberté est le silence de la mort, la liberté, elle, ne devrait pas mourir en silence.

« Et nous rirons, sans rien qui trouble notre joie, Car les morts sont bien morts et nous vous l’apprendrons. »
Verlaine Chaque jour, des victimes tombent dans le monde arabe à un point tel que la mort est devenue banale telle une feuille tombant d’un arbre. Nous labourons notre terre non pour nourrir les vivants, mais pour y jeter nos morts. La condamnation de la mort de manière générale provient de la volonté de dénigrement de l’étranger qui tue pour faire persister le sentiment d’un danger éminent rendant la soumission des citoyens plus docile. Alors que le massacre des populations par les régimes arabes relève du fait divers. De plus, l’impuissance des populations à émouvoir le monde face aux massacres donne l’impression que les morts arabes ne comptent pas. L’indifférence face à la mort des Arabes,...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut