Allant dans le même sens que ce diplomate, le président Sélim Hoss invite la « résistance » à se tenir à l’écart du tableau politique interne, pour amortir ou réduire les périls qu’elle encourt, dit-il.
Mais il est manifestement trop tard. La dérive du Hezbollah est trop solidement ancrée. Car elle remonte au cabinet Siniora, dont les ministres chiites avaient claqué la porte, dans l’espoir, du reste vain, de court-circuiter le tribunal international. Dont le statut et le règlement intérieur devaient faire l’objet d’un protocole entre l’ONU et l’État libanais. Très peu soucieux de légalisme ou de régularité démocratique, le Hezbollah, naturellement suivi par Amal, avait ordonné à ses ministres de partir, plutôt que de rejeter le projet en Conseil des ministres. En votant contre, le cas échéant, pour faire consigner ensuite leur désapprobation, et leurs remarques critiques, dans le procès-verbal de la séance, comme le veut l’usage républicain. Un réflexe civique qui aurait témoigné des réserves du Hezb par rapport au TSL quand ses décisions, et ses mobiles, auraient donné lieu à des doutes et à des soupçons. Comme le Hezb affirme que c’est bien le cas, en accusant la cour de n’être qu’un instrument israélo-américain inventé à seule fin de lui nuire.
Mais, rappelle la personnalité citée, le Hezb ne s’est pas contenté de retirer ses ministres. Il a squatté pendant un an et demi avec ses tentes, et celles de ses alliés, le centre commercial de Beyrouth, asphyxiant ainsi l’économie du pays. Il a multiplié les grèves, les manifestations, les sit-in, les routes ou rues coupées à coups de pneus brûlés, les provocations agressives contre des militants, ou des permanences, de la révolution du Cèdre comme du 14 Mars. Avec la complicité hyperactive de Berry, il a fermé la Chambre des députés.
Sans compter le 7 Mai de sinistre mémoire, lorsque ses armes se sont détournées de Chebaa pour attaquer Beyrouth, la Montagne et Chtaura. Sous le fallacieux prétexte de contrer une décision, manifestement irréalisable et inapplicable, de gommer le réseau de télécoms qu’il avait installé dans le périmètre de l’AIB. Le but véritable étant encore de faire plier les souverainistes, de les amener à merci, surtout au sujet du TSL.
Mais sans effet, et même avec un contre-effet préjudiciable pour notre pays. En effet, constatant l’obstruction du Hezbollah, le Conseil de sécurité des Nations unies est intervenu en force. Il a retiré au Liban tout droit de se prononcer au sujet du TSL et de s’en mêler. Au titre du chapitre VII, comme pour souligner que l’instance est intangible, inamovible, et qu’elle ne peut être attaquée. Mais, bien au contraire, que toute partie concernée, sollicitée ou pas, doit coopérer sans réserves avec le tribunal.
Sur le plan national, le Hezbollah a visiblement commis une lourde erreur d’appréciation, en utilisant son armement à des fins intérieures. C’est en effet depuis ce moment que la question de cet armement, qui terrorise les Libanais, est devenue matière à contestation, alors qu’auparavant, quand sa destination était uniquement résistante, personne n’en discutait.
Autre foul, comme disent les amateurs du ballon rond, le Hezbollah, qui avait volontiers souscrit, et même appelé de ses vœux la 1701 pour cesser de se faire étriper par les Israéliens, ne l’a plus respectée. Il a été pris maintes fois, notamment à cause d’explosions accidentelles, en flagrant délit de caches d’armes et d’explosifs dans les zones du Sud qui lui sont prohibées. Tout comme il a de toute évidence couvert, sinon organisé, les agressions contre la Finul.
Certes, le Hezbollah a su résister suffisamment en 2006, face à Israël, pour décrocher une certaine complaisance de la part des Libanais et de leurs gouvernants. Ils n’ont pas trop insisté sur la dérive extrêmement grave, consistant à ce qu’un parti usurpe à l’État le droit de décider de la guerre et de la paix. Mais ils n’ont plus pu fermer les yeux quand le Hezbollah a tourné ses armes vers l’intérieur.


Halim Abouchakra C'est amusant que vous ne réagissiez que dans un reproche fait à E.Khoury quand à sa mauvaise foi !!et que vous soyez totalement ailleurs quand ils sont faits à S.Haddad qui reste à mes yeux une excellente journaliste et qui (quand elle le fait) prends des pincettes et reste objective..alors 2 poids et 2 mesures !!! et le terme de malhonneteté est beaucoup plus du language de vos amis. Selim Chams
01 h 56, le 15 juillet 2011