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Liban - Le Commentaire

Le Hezbollah cultive d’étranges ambivalences

Un ancien ambassadeur relève que la déclaration ministérielle prend largement en compte les arguments des députés du Hezbollah concernant l’armement, mais surtout le rôle de leur parti. Il regrette pour sa part que cette formation ne soit pas restée purement résistante. Auquel cas, son arsenal aurait été sacré aux yeux de tous les Libanais, sans différend à ce propos. En étant dirigé uniquement contre Israël, l’ennemi commun. Si seulement, poursuit-il, le Hezbollah avait continué à ne pas se mêler de politique intérieure, à ne pas chercher à faire partie du pouvoir. Au lieu de s’égarer, comme il ne cesse de le faire, dans des venelles politiciennes sordides. Alors que son irruption sur cette scène vient rompre de fragiles, mais indispensables, équilibres communautaires et politiques. Si seulement il avait persisté, comme jadis, à se tenir à l’écart des conflits d’intérêts électoraux ou autres.
Allant dans le même sens que ce diplomate, le président Sélim Hoss invite la « résistance » à se tenir à l’écart du tableau politique interne, pour amortir ou réduire les périls qu’elle encourt, dit-il.
Mais il est manifestement trop tard. La dérive du Hezbollah est trop solidement ancrée. Car elle remonte au cabinet Siniora, dont les ministres chiites avaient claqué la porte, dans l’espoir, du reste vain, de court-circuiter le tribunal international. Dont le statut et le règlement intérieur devaient faire l’objet d’un protocole entre l’ONU et l’État libanais. Très peu soucieux de légalisme ou de régularité démocratique, le Hezbollah, naturellement suivi par Amal, avait ordonné à ses ministres de partir, plutôt que de rejeter le projet en Conseil des ministres. En votant contre, le cas échéant, pour faire consigner ensuite leur désapprobation, et leurs remarques critiques, dans le procès-verbal de la séance, comme le veut l’usage républicain. Un réflexe civique qui aurait témoigné des réserves du Hezb par rapport au TSL quand ses décisions, et ses mobiles, auraient donné lieu à des doutes et à des soupçons. Comme le Hezb affirme que c’est bien le cas, en accusant la cour de n’être qu’un instrument israélo-américain inventé à seule fin de lui nuire.
Mais, rappelle la personnalité citée, le Hezb ne s’est pas contenté de retirer ses ministres. Il a squatté pendant un an et demi avec ses tentes, et celles de ses alliés, le centre commercial de Beyrouth, asphyxiant ainsi l’économie du pays. Il a multiplié les grèves, les manifestations, les sit-in, les routes ou rues coupées à coups de pneus brûlés, les provocations agressives contre des militants, ou des permanences, de la révolution du Cèdre comme du 14 Mars. Avec la complicité hyperactive de Berry, il a fermé la Chambre des députés.
Sans compter le 7 Mai de sinistre mémoire, lorsque ses armes se sont détournées de Chebaa pour attaquer Beyrouth, la Montagne et Chtaura. Sous le fallacieux prétexte de contrer une décision, manifestement irréalisable et inapplicable, de gommer le réseau de télécoms qu’il avait installé dans le périmètre de l’AIB. Le but véritable étant encore de faire plier les souverainistes, de les amener à merci, surtout au sujet du TSL.
Mais sans effet, et même avec un contre-effet préjudiciable pour notre pays. En effet, constatant l’obstruction du Hezbollah, le Conseil de sécurité des Nations unies est intervenu en force. Il a retiré au Liban tout droit de se prononcer au sujet du TSL et de s’en mêler. Au titre du chapitre VII, comme pour souligner que l’instance est intangible, inamovible, et qu’elle ne peut être attaquée. Mais, bien au contraire, que toute partie concernée, sollicitée ou pas, doit coopérer sans réserves avec le tribunal.
Sur le plan national, le Hezbollah a visiblement commis une lourde erreur d’appréciation, en utilisant son armement à des fins intérieures. C’est en effet depuis ce moment que la question de cet armement, qui terrorise les Libanais, est devenue matière à contestation, alors qu’auparavant, quand sa destination était uniquement résistante, personne n’en discutait.
Autre foul, comme disent les amateurs du ballon rond, le Hezbollah, qui avait volontiers souscrit, et même appelé de ses vœux la 1701 pour cesser de se faire étriper par les Israéliens, ne l’a plus respectée. Il a été pris maintes fois, notamment à cause d’explosions accidentelles, en flagrant délit de caches d’armes et d’explosifs dans les zones du Sud qui lui sont prohibées. Tout comme il a de toute évidence couvert, sinon organisé, les agressions contre la Finul.
Certes, le Hezbollah a su résister suffisamment en 2006, face à Israël, pour décrocher une certaine complaisance de la part des Libanais et de leurs gouvernants. Ils n’ont pas trop insisté sur la dérive extrêmement grave, consistant à ce qu’un parti usurpe à l’État le droit de décider de la guerre et de la paix. Mais ils n’ont plus pu fermer les yeux quand le Hezbollah a tourné ses armes vers l’intérieur.
Un ancien ambassadeur relève que la déclaration ministérielle prend largement en compte les arguments des députés du Hezbollah concernant l’armement, mais surtout le rôle de leur parti. Il regrette pour sa part que cette formation ne soit pas restée purement résistante. Auquel cas, son arsenal aurait été sacré aux yeux de tous les Libanais, sans différend à ce propos. En étant dirigé uniquement contre Israël, l’ennemi commun. Si seulement, poursuit-il, le Hezbollah avait continué à ne pas se mêler de politique intérieure, à ne pas chercher à faire partie du pouvoir. Au lieu de s’égarer, comme il ne cesse de le faire, dans des venelles politiciennes sordides. Alors que son irruption sur cette scène vient rompre de fragiles, mais indispensables, équilibres communautaires et politiques. Si seulement il avait...
commentaires (7)

Halim Abouchakra C'est amusant que vous ne réagissiez que dans un reproche fait à E.Khoury quand à sa mauvaise foi !!et que vous soyez totalement ailleurs quand ils sont faits à S.Haddad qui reste à mes yeux une excellente journaliste et qui (quand elle le fait) prends des pincettes et reste objective..alors 2 poids et 2 mesures !!! et le terme de malhonneteté est beaucoup plus du language de vos amis. Selim Chams

chams selim

01 h 56, le 15 juillet 2011

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Commentaires (7)

  • Halim Abouchakra C'est amusant que vous ne réagissiez que dans un reproche fait à E.Khoury quand à sa mauvaise foi !!et que vous soyez totalement ailleurs quand ils sont faits à S.Haddad qui reste à mes yeux une excellente journaliste et qui (quand elle le fait) prends des pincettes et reste objective..alors 2 poids et 2 mesures !!! et le terme de malhonneteté est beaucoup plus du language de vos amis. Selim Chams

    chams selim

    01 h 56, le 15 juillet 2011

  • Mr. Khoury, Votre article est excellent, et votre analyse, pertinente, comme d'accoutumée. Domage que des lecteurs comme Mr. Selim Chams l'interprêtent avec un regard étroit et obtus. Paul Khayyat

    Paul Khayyat

    12 h 58, le 14 juillet 2011

  • Carlos Achkar Alors là vous m'en bouchez un coin !! le hezb qui veut libérer la Palestine ? pas un parti politique ? ne pas se meler de politique ? etes vous sur que vous parlez du Liban et non pas du Congo ? le soleil d'Afrique est redoutable Ali Badredinne

    badredinne Ali

    11 h 54, le 14 juillet 2011

  • Il faut qu'on ne lise plus ces termes de "mauvaise foi", "malhonnêteté" et autres politesses adressées par qui que ce soit, dans ce forum, aux journalistes de l'Orient-Le Jour. C'est choquant. Toute tolérance a des limites.

    Halim Abouchakra

    11 h 50, le 14 juillet 2011

  • M. Chams, il attend quoi le hezb pour se transormer en un vrai parti politique. S'il continue à vouloir libérer la Palestine, il n'a pas à se mêler de la politique. Pour le moment, il utilise son armement à des fins politiques internes. Son but n'est pas uniquement de faire de la RESISTANCE. C'est là tout le problème que ce Hezb est entrain de poser à l'édification d'un Etat. Après 2000, cette résistance s'est transformée en une milice qui sape et tue la fondation d'un Etat. Ses bienfaits sont devenus des méfaits. Carlos ACHKAR

    carlos achkar

    09 h 02, le 14 juillet 2011

  • Vous avez tout faut Emile Khoury , vos commentaires sont plus que tendancieux !! et votre parti pris est de mauvaise foi !! tout comme Z.Makhoul vous ne focalisez que sur le Hezb et tout le reste ne vous importe plus !! dommage !! je vous rappelle que tous les mouvements de resistance ont fini par se transformer en partis politques ;relisez l'histoire . Vous oubliez tous les bienfaits de cette resistance et n'insistez ( assez lourdement) que sur les fautes commises si vous connaissez un seul ,oui un seul parti ou meme un seul citoyen libanais irréprochable ou meme ..allez.. un seul journaliste objectif ..dans ce pays ..je vous promet de me convertir au Bouddhisme ..moi le non croyant Selim Chams

    chams selim

    06 h 34, le 14 juillet 2011

  • Le Parti du Walii el Fakih se tord de "convulsions de terreur" sous le cauchemar du Tribunal ! C'est en vain qu'il "mendie" à présent à son public de nouveaux sempiternels sacrifices patriotiques. Seuls ses "affidés" les plus proches et les plus intéressés lui "jetteront" peut être encore un peu de leur restant "d’aumône" ! Il lui fallait donc recourir à un nouveau stratagème tout héroïque mais grandement plus que "pathétique" : La libération de la Palestine avec, en primauté, la Galilée ! Mais à qui l’imposer et qui va donc l’adopter, sachant pertinemment qu’il n’y aura personne pour l’assimiler et le gober ? Leurs boursicoteurs de la Bourse, leurs banquiers, leurs créanciers ou leurs rentiers ? Que nenni ! Ce n'est point là un moyen de faire accepter en douceur la résistance par leurs "capacités", leurs "gens cultivés" et leurs "nouveaux friqués" ! C'est surtout en sus, mettre en péril leur récent pouvoir avec ses deux soutiens en acier blindé et en béton armé on a nommé : leur Commerçant et leur Banquier, qu’ils chercheront à préserver et à protéger même au prix d’être eux-mêmes grandement sacrifiés et grandement humiliés ! Mais il faudrait que quelqu'un puisse effectivement en définitive : Casquer ! Qui devra finalement et évidement faire ce sacrifice et se sacrifier à leur héroïque et pathétique sempiternel projet ? Eh bien, évidement et tout naturellement, leur inlassable et infatigable éternel "brave bonhomme", "petit soldat dupe" du "Fakih ou de son Walii", leur "moyen" chiite libanais dernièrement élevé enfin au niveau de "moyen propriétaire" de petites et moyennes propriétés, grâce notamment à cette fameuse "manne iranienne" tant espérée et si convoitée ! Ce même brave "moyen" bonhomme précédemment déjà, maintes fois sans merci sacrifié et martyrisé sur leur autel, depuis longtemps déjà très bien garni et ostensiblement très bien doré !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    22 h 23, le 13 juillet 2011

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