L’option d’une telle réunion demain pour frapper fort et apaiser les marchés financiers, alors que l’Union monétaire vacille sur ses fondements douze ans après sa création, avait filtré mardi.
Mais il est apparu hier qu’elle ne faisait pas encore l’unanimité parmi les capitales, l’Europe replongeant dans la cacophonie et l’indécision sur le sujet.
Le gouvernement allemand a assuré ne rien savoir d’une telle initiative. Il n’y a pas « de projet concret de sommet » extraordinaire, a assuré une porte-parole à Berlin, laissant transparaître le peu d’enthousiasme de l’Allemagne.
Au même moment, la Commission européenne a pourtant confirmé des discussions sur le sujet. « Cela fait partie des choses dont le président (José Manuel Barroso) discute avec M. (Herman) Van Rompuy », le président de l’UE, à qui revient la décision finale, a déclaré sa porte-parole.
Et à Paris, la France s’est dit aussi favorable sur le principe à « l’organisation de réunions de l’Eurogroupe en cas de besoin ».
Pris au centre des turbulences du couple franco-allemand, M. Van Rompuy se retrouve dans l’embarras. Il a fait savoir que si le sommet n’est « pas exclu », la réunion « n’est pas encore décidée » et qu’une décision sera prise « en temps voulu ».
« Le spectacle que donnent les Européens face à la crise grecque est un véritable désastre », a déploré Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman, dans une lettre ouverte. Pour lui « l’Europe danse au bord du gouffre » à cause de ses tergiversations.
Selon une source diplomatique, « l’incertitude est liée au fait que les dirigeants européens veulent être sûrs d’en sortir avec quelque chose de consistant ». Or l’Allemagne juge à ce stade qu’il est trop tôt pour parvenir à un accord global.
(Source : AFP)

