Béchir Adaïmi (CGLU-BTVL, à gauche), en compagnie de Khaled Kabbani (au centre) et Jean-Michel Daclin (à droite), venus débattre de la décentralisation.
En 2009, le président de la République Michel Sleiman a annoncé son intention de procéder à la décentralisation d’un certain nombre de fonctions administratives, conformément aux accords de Taëf. En janvier 2010, un livre, 100 questions sur la décentralisation, envoyé aux maires libanais, a permis de poser des bases de travail. Après plusieurs assemblées, à Tripoli ou à Saïda, les maires libanais ont délivré ensemble leurs réponses à ces cent questions d’ordre technique et politique, et comparé leur démarches avec des responsables locaux étrangers, venus de France, du Maroc et de Turquie.
Les réponses apportées sont diverses. « Nous avons décliné la décentralisation en deux niveaux, précise M. Adaïmi. Nous sommes conscients que dans un État qui cherche force et stabilité, certaines préoccupations d’ordre politique inquiètent. Mais d’autres, qui concernent le confort et les services aux habitants, peuvent être abordées sans crainte. Qu’est-ce qui nous empêche par exemple de lancer une réflexion concrète sur le traitement des déchets par les municipalités libanaises ? »
Traiter les questions au-delà de la politique
Organisée en tables rondes, avec commentaires et débats, la réunion de Zouk Mikaël s’est tenue en présence de hauts responsables de l’État concernés par la décentralisation administrative, tel Khaled Kabbani, ancien ministre de la Justice, de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, et actuel président de l’Inspection centrale de la fonction publique. Étaient également présents de hauts fonctionnaires étrangers. Jean-Michel Daclin, adjoint au maire de la ville de Lyon en France, est venu témoigner de son expérience lors de la table ronde sur les concepts généraux de la décentralisation, alors que la France a engagé depuis une vingtaine d’années de grandes réformes en faveur du transfert de pouvoirs administratifs vers les régions et les villes. « La décentralisation est un facteur essentiel de développement, explique-t-il. Un État central a intérêt à avoir un pouvoir local fort, mais complémentaire. L’État national ne peut gérer au mieux des questions comme le traitement des déchets, les transports en commun locaux ou la voirie. »
Les participants ont enfin souligné le rôle essentiel que devraient avoir les municipalités libanaises dans le développement des équipements territoriaux, alors que les élus connaissent bien les méandres et les particularités locales. « Nous avons des municipalités qui se voient imposer des plans de développement sans qu’on leur demande leur avis ! »
s’est indigné M. Kabbani. Des difficultés auxquelles les maires veulent aujourd’hui trouver des solutions, en proposant dans un mois le fruit de leurs réflexions au président de la République et au ministre de l’Intérieur.

