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Économie - Dette

Les agences de notation encaissent les critiques sans broncher

L’évaluation négative de certains États a entraîné des réactions indignées venues d’Europe.
Les trois grandes agences de notation financière encaissent sans broncher les critiques qui sont régulièrement adressées à leur évaluation des États, activité qui leur sert de vitrine sans rapporter grand-chose.
Les américaines Moody’s et Standard and Poor’s, sollicitées jeudi par l’AFP pour réagir aux réactions indignées venues d’Europe, n’ont pas souhaité faire de commentaire. L’anglo-américaine Fitch n’a pas commenté non plus, renvoyant à une page de son site Internet intitulée « Comprendre les notes de crédit : limites et utilisations ».
« Ce ne sont pas les agences de notation qui créent les problèmes : les notes reflètent les difficultés structurelles d’un pays », a toutefois déclaré la présidente de Standard and Poor’s pour l’Europe, Carol Sirou, au quotidien Libération.
Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet leur a pourtant infligé un nouveau camouflet jeudi en annonçant que l’institution de Francfort continuerait à accepter des titres de dette portugaise dans ses échanges avec les banques du pays, malgré la dégradation de quatre crans de la note portugaise décidée par Moody’s. Cette décision a provoqué un tollé en Europe.
En règle générale, les agences ne se justifient jamais autrement que dans les communiqués et notes accompagnant leurs décisions.
Elles ne disent pas non plus ce que leur rapporte l’activité de notation des États. C’est la plus connue du grand public, même si elle n’est pas la plus rentable.
On sait seulement qu’un cinquième du chiffre d’affaires de Moody’s en 2010, soit 272 millions de dollars, est venu de la « finance publique, de projets et d’infrastructures », qui comprend les États, mais surtout des collectivités locales, ainsi que des partenariats public-privé.
Un règlement européen de 2009 oblige les agences à préciser qu’une notation est « non sollicitée ». Elle a permis de savoir que certains États parmi les plus grands émetteurs de dette du monde étaient notés sans payer, obtenant de bonnes notes (souvent le fameux « triple A » ) qui leur permettent de se financer à un coût avantageux.
Au sein de la zone euro, l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie et les Pays-Bas sont dans ce cas chez Standard and Poor’s.
Mais le fond des critiques n’est pas nouveau.
« Le fait de déléguer à ces agences de notation privées le jugement sur ce qui constitue un investissement sûr est sans précédent dans notre histoire et complètement injustifié au vu de leurs performances passées », écrivait l’Association des banquiers du Missouri en 1936.
Plus près de nous, dans une étude publiée en septembre, le Fonds monétaire international reprochait aux agences de manquer de transparence dans la notation des États.
À Wall Street, on ne s’est pas étonné du tir groupé en Europe contre l’oligopole des agences.
« C’est normal ! Les chefs d’entreprise sont froissés aussi quand Moody’s abaisse la note du groupe X, Y ou Z », explique à l’AFP Edward Atorino, analyste de la société de Bourse The Benchmark Company.
« Mais une agence de notation ne fait que donner une opinion, ajoute-t-il. Elles se sont fait traîner devant les tribunaux, elles se feront encore traîner devant les tribunaux. Mais elles ont toujours gagné : il est autorisé de donner une opinion. »
Il recommande d’ailleurs à ses clients d’« acheter » l’action Moody’s, cotée à la Bourse de New York.
Peter Appert, de la société de Bourse Piper Jaffray, recommande lui aussi d’acheter l’action Moody’s et déplore « la confusion » en Europe.
« Je ne pense pas qu’il y ait de preuves d’un préjugé contre les émetteurs de dette européens. Je dirais que le fait que les agences soient critiquées aussi durement montrent qu’elles font leur travail », dit-il.

             (Source : AFP)
Les trois grandes agences de notation financière encaissent sans broncher les critiques qui sont régulièrement adressées à leur évaluation des États, activité qui leur sert de vitrine sans rapporter grand-chose.Les américaines Moody’s et Standard and Poor’s, sollicitées jeudi par l’AFP pour réagir aux réactions indignées venues d’Europe, n’ont pas souhaité faire de commentaire. L’anglo-américaine Fitch n’a pas commenté non plus, renvoyant à une page de son site Internet intitulée « Comprendre les notes de crédit : limites et utilisations ».« Ce ne sont pas les agences de notation qui créent les problèmes : les notes reflètent les difficultés structurelles d’un pays », a toutefois déclaré la présidente de Standard and Poor’s pour l’Europe, Carol Sirou, au quotidien Libération.Le...
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