Des manifestants pro-régime ont défilé jeudi à Deraa en faveur de l'
Damas a accusé jeudi les États-Unis d'être "impliqués" dans le mouvement de contestation qui secoue la Syrie depuis près de quatre mois après que l'ambassadeur américain à Damas, Robert Ford, s'est rendu dans la ville rebelle de Hama (nord). "La présence de l'ambassadeur américain à Hama sans autorisation préalable est une preuve claire de la tentative des États-Unis d'inciter à faire monter la tension, ce qui nuit à la sécurité et à la stabilité en Syrie", a indiqué le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué. "La Syrie met en garde contre de tels comportements irresponsables, et affirme sa détermination à continuer de prendre toutes les mesures susceptibles de ramener le calme et la stabilité dans le pays", ajoute le ministère.
L'ambassadeur Robert Ford, s'est rendu jeudi à Hama et compte y rester vendredi en vue de la nouvelle journée de manifestations prévue dans toute la Syrie. Il a pour mission "d'établir le contact" avec l'opposition, a déclaré un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat. "Nous voulons savoir qui sont ces gens, à quel type de processus politique et d'avenir pour leur pays ils aspirent, nous devons prendre contact avec eux et c'est ce qu'il fait là-bas", a poursuivi cette source. (Pour ce vendredi 8 juillet, le slogan "Non au dialogue" a été choisi par les militants pour réaffirmer leur refus de dialoguer avec le régime dont ils veulent la chute, selon l'opposant Anouar Bounni)
Hama, symbole historique depuis 1982 (après la répression d'une révolte du mouvement interdit des Frères musulmans contre le président Hafez el-Assad, père de Bachar, qui avait fait 20 000 morts), se vide de ses habitants victimes depuis quelques jours d'une violente répression. Les autorités tentent de soumettre la ville où 25 civils ont été tués depuis mardi, dont deux jeudi par les forces de sécurité, et théâtre de manifestations massives contre le pouvoir, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le chef de l'Organisation nationale des droits de l'homme (ONDH), Ammar Qorabi, a confirmé la fuite des habitants en évoquant "la poursuite des perquisitions, des assassinats et des arrestations à Hama". Au total, une centaine de familles, environ un millier de personnes, ont quitté Hama pour al-Selmiya, à une trentaine de km plus loin, a précisé le chef de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Les chars sont toujours postés aux principales entrées de cette ville de 800 000 habitants, sauf à l'entrée nord, mais ce sont les forces de sécurité qui procèdent aux opérations à l'intérieur de ses murs, selon des militants. Les autorités, quant à elles, qui continuent d'attribuer les troubles à "des groupes terroristes" et refusent d'admettre l'ampleur de la contestation, ont appelé par la voix du journal al-Watan les manifestants à éviter toute confrontation et à dégager les rues afin "d'éviter une opération militaire".
Le 1er juillet, une manifestation anti-régime a rassemblé plus d'un demi-million de personnes à Hama, selon les militants. Les services de sécurité ne sont pas intervenus, mais le gouverneur a été limogé le lendemain par décret présidentiel.
Face à la poursuite de la répression sanglante de la révolte, le patron de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que "les tueries doivent cesser", alors que le chef de la diplomatie française Alain Juppé a jugé "inacceptable" que le Conseil de sécurité ne puisse condamner la répression du fait de l'opposition de Moscou.
L'ambassadeur Robert Ford, s'est rendu jeudi à Hama et compte...

