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Moyen Orient et Monde - Le Point

Un homme, des femmes

François Hollande fait dans le superlatif en jugeant « le climat absolument détestable » et Christine Boutin donne dans la litote en avouant « avoir un peu la nausée ». Quant au député de Paris Jean-Marie Le Guen, transformé pour la circonstance en Sherlock Holmes de ce (pas si) drôle polar porno, il vient de pousser son eurêka : Tristane Banon est éditorialiste au site Atlantico, proche de l’UMP. Ah ! Si seulement on laissait la justice se prononcer, loin de ce que Manuel Valls appelle « un torrent de merde », comprendre l’affaire Dominique Strauss-Kahn version new-yorkaise et l’affaire Dominique Strauss-Kahn version parisienne...
Du premier cas, le procureur de Manhattan et les avocats de l’ancien directeur du FMI ont débattu hier, en évoquant l’abandon des charges. Étrange épilogue, on en conviendra, d’une bien étrange affaire qui comportera longtemps encore de larges zones d’ombre. Car enfin si Nafissatou Diallo est loin d’être, comme la femme de César, au-dessus de tout soupçon, il n’en reste pas moins que le débat ne porte pas sur son passé mais sur ce qui s’est déroulé dans la suite 2806 de l’hôtel Sofitel de New York, le 14 mai dernier, peu après 12h06, une vingtaine de minutes durant. La femme de chambre guinéenne, a-t-on établi, a menti pour obtenir l’asile politique aux États-Unis et une déduction d’impôts ; elle a procédé à des dépôts d’argent auprès de multiples banques pour un montant avoisinant 100 000 dollars ; elle a laissé entendre à un compatriote, emprisonné en Arizona dans un centre pour immigrants illégaux, qu’elle savait ce qu’elle faisait (« ce type a beaucoup d’argent ») – le retard mis à produire cette dernière pièce du dossier étant dû au fait que la conversation téléphonique s’était déroulée en fulani, un dialecte guinéen pour lequel il ne fut pas aisé de trouver un interprète. Oui, mais si cette fois, cette seule et unique fois, elle aurait dit vrai, malgré une sérieuse baisse de crédibilité ?
« Beyond the shadow of a doubt » : l’expression joue dans un sens comme dans l’autre. Et c’est bien de cela qu’il va s’agir dans les prochains jours alors que, comme par enchantement, il n’est plus question d’un homme qui aimait trop les femmes mais plutôt de la victime d’une sombre machination destinée tantôt à faire échec au plan de sauvetage de la Grèce et tantôt à lui claquer au nez les portes de l’Élysée. Il ne serait pas cruel de rappeler à ce propos que, dans un « portrait chinois » de lui dressé il y a quelque temps, à la question portant sur ses préférences télévisuelles, il répondait : The West Wing, titre d’une série ayant pour théâtre la Maison-Blanche.
On n’en est plus là aujourd’hui que vient de sortir du placard le scandale représenté par une tentative de viol remontant à 2003. La victime présumée, 32 ans aujourd’hui, parle avec force détails des « mains intrusives » de DSK lors d’une interview en prévision de la parution d’un livre. Là, ce n’est plus la procédure yankee, plutôt hâtive, qui joue mais un ministère public français, tatillon en diable et particulièrement attentif à ne pas donner l’impression de mélanger crime et politique en cette période où la nation se trouve mobilisée en prévision de la présidentielle dont le premier tour est appelé à se dérouler le 22 avril et le second tour le 6 mai. Que le parquet décide d’ouvrir une enquête, de classer l’affaire ou de la confier à des juges, il reste que l’initiative de l’écrivaine ne pouvait pas tomber à plus mauvais moment pour l’intéressé lui-même, sur le point d’être débarrassé de son encombrante casserole new-yorkaise, pour un Parti socialiste qui voit ressurgir ses vieux démons de l’ère antémitterrandienne, pour le parti du président, malgré les dénégations qui se multiplient, pour la France enfin qui aurait volontiers fait l’économie d’une nouvelle « affaire ».
À New York, des employés de l’hôtel ont vu une femme « bouleversée », « perdue », « qui ne jouait pas la comédie » ; il existe des rapports de laboratoire compromettants pour DSK ; des adjoints du District Attorney sont convaincus qu’il y a eu agression sexuelle. À Paris, une procédure pourrait être engagée, qui menace de prendre des mois, en tout cas bien au-delà du mois d’octobre, date de la primaire du Parti socialiste. Et David Koubbi, l’avocat de la jeune Tristane, affirme dans une interview au New York Times qu’à la télévision, elle avait édulcoré sa version des faits et que l’incident était « beaucoup plus grave ». Une lutte inégale entre les puissants et les moins nantis, comme sont nombreux à le penser en France, ou encore que « point n’est besoin d’avoir débarqué du Mayflower pour être reconnu comme victime », ainsi que le martèle le défenseur de Nafissatou ? En d’autres termes, Cyrus R.Vance Jr. sera-t-il reconduit à son poste et Nicolas Sarkozy maintenu à la tête de son pays ? Gageons qu’aucun des protagonistes des deux affaires ne pensait à de tels enjeux au moment des faits.
François Hollande fait dans le superlatif en jugeant « le climat absolument détestable » et Christine Boutin donne dans la litote en avouant « avoir un peu la nausée ». Quant au député de Paris Jean-Marie Le Guen, transformé pour la circonstance en Sherlock Holmes de ce (pas si) drôle polar porno, il vient de pousser son eurêka : Tristane Banon est éditorialiste au site Atlantico, proche de l’UMP. Ah ! Si seulement on laissait la justice se prononcer, loin de ce que Manuel Valls appelle « un torrent de merde », comprendre l’affaire Dominique Strauss-Kahn version new-yorkaise et l’affaire Dominique Strauss-Kahn version parisienne...Du premier cas, le procureur de Manhattan et les avocats de l’ancien directeur du FMI ont débattu hier, en évoquant l’abandon des charges. Étrange épilogue, on en conviendra,...
commentaires (2)

Entre les preuves qui existent pour confirmer le viol , et l'accusatrice qui a tout fait pour sauver son petit ami détenu dans une prison de l'Arizona, il fallait à tout prix inculper DSK pour briser une force un homme qui voulait devenir président de la république mais dont ses origines ne lui permettaient point d’y accéder. Nazira.A.Sabbagha

Sabbagha.A.Nazira

04 h 25, le 07 juillet 2011

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Commentaires (2)

  • Entre les preuves qui existent pour confirmer le viol , et l'accusatrice qui a tout fait pour sauver son petit ami détenu dans une prison de l'Arizona, il fallait à tout prix inculper DSK pour briser une force un homme qui voulait devenir président de la république mais dont ses origines ne lui permettaient point d’y accéder. Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha.A.Nazira

    04 h 25, le 07 juillet 2011

  • Uniquement des points d'interrogations et d'exclamations jQuery16107466407870248134_1310027221308? !!!...oui,une bien etrange affaire ??? etrange epilogue ??? la femme de chambre guineenne ??? DSK ??? et les portes de l'Elysee ??? est -ce la lutte entre les puissants et les moins nantis ??? la vraie reponse reste cachee a nous les mortels...

    Najm yvette

    23 h 45, le 06 juillet 2011

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