Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble ne voulait pas entendre parler de baisse d’impôts, préférant d’abord assainir le budget, mais il a fini par céder à cette exigence. Fabrizio Bensch/Reuters
Alors que la Grèce tente à tout prix d’éviter la faillite, que l’Irlande, le Royaume-Uni ou encore la France accusent de gros déficits, l’Allemagne, dont l’économie est en pleine forme, redresse ses finances publiques à grande vitesse.
« Cela ne signifie pas que nous soyons au bout de la consolidation », s’est empressé de tempérer le ministre des Finances Wolfgang Schäuble lors d’une conférence de presse à Berlin. Le pays a une dette de 2 000 milliards d’euros.
Mais la conjoncture porteuse profite indéniablement aux finances de l’État, avec un chômage qui baisse de mois en mois, ce qui « se reflète dans les recettes fiscales », a expliqué le ministre.
Du coup, le déficit budgétaire, du seul État fédéral, pointera à 27,2 milliards d’euros contre 31,5 milliards prévus en mars. Après un pic enregistré en 2010, du fait des aides aux entreprises touchées par la crise et autres plans de sauvetage, il aura donc fondu de plus de 17 milliards d’euros en deux ans.
Le déficit budgétaire est une composante du déficit public allemand, observé par Bruxelles et comprenant aussi les comptes des États régionaux, des communes et des caisses de sécurité sociale. Il devrait lui s’élever à moins de 2,5 % du PIB cette année, plaçant l’Allemagne dans le peloton de tête des Européens.
À compter de 2013, le déficit budgétaire va continuer à baisser, mais moins qu’espéré au printemps.
La raison : en 2013 sera mis en place un mécanisme permanent d’aide pour les pays de la zone euro en difficultés, auquel l’Allemagne, première économie européenne, va verser 4,3 milliards d’euros par an entre 2013 et 2015.
Ces aides accordées aux partenaires européens en difficulté font de plus en plus grincer des dents en Allemagne, jusque dans les rangs de la majorité.
Le gouvernement d’Angela Merkel a trouvé de quoi calmer les esprits, espère-t-il : le Conseil des ministres a adopté hier le principe de baisses d’impôts en 2013.
M. Schäuble ne voulait pas en entendre parler, préférant d’abord assainir le budget, mais il a fini par céder à cette exigence récurrente de ses partenaires libéraux (FDP) au gouvernement, remise au goût du jour il y a quelques semaines par le nouveau ministre de l’Économie Philipp Rösler.
« Au 1er janvier 2013, nous voulons alléger les impôts pour les personnes aux petits et moyens revenus », a affirmé celui-ci hier. Ampleur et nature des allègements fiscaux ne seront précisés qu’à l’automne.
La marge de manœuvre nécessaire est là, a déclaré M. Schäuble. « Mais évidemment tout cela sera très difficile », a-t-il ajouté. Les États régionaux, qu’une baisse de l’impôt sur le revenu priverait d’une partie de leurs recettes, ont déjà commencé à protester contre les plans du gouvernement.
La date n’a pas été choisie au hasard : en 2013, les Allemands seront appelés aux urnes. Or, dans les sondages, la coalition des conservateurs (CDU/CSU) et du FDP est depuis des mois derrière l’opposition sociale-démocrate alliée aux Verts.
Si Berlin décidait de consacrer 7 milliards d’euros à ces baisses d’impôts, un chiffre qui a circulé dernièrement, le gain par ménage serait inférieur à 200 euros par an. Soit moins de 20 euros par mois ou encore « une tournée de pizza surgelée pour toute la famille », ironise le quotidien de gauche Taz.
(Source : AFP)


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