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À La Une - Répression

Amnesty : La Syrie doit être jugée par la CPI

Vingt-deux civils tués hier à Hama.

Des Syriens de Tall Kalakh passent la frontière libanaise en direction de Wadi Khaled, un village du Akkar. Photo archives/

"Les témoignages sur les événements survenus à Tall Kalakh en Syrie", près de la frontière avec le Liban, "dépeignent de manière extrêmement troublante des exactions systématiques et ciblées (commises par les forcse de sécurité syriennes) pour écraser la dissidence", a déclaré, mardi, dans un communiqué Philip Luther, vice-directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. L'organisation de défense des droits de l'Homme, qui a son siège à Londres, "considère que les crimes commis (...) s'apparentent à des crimes contre l'humanité car ils s’inscrivent visiblement dans le cadre d'une attaque systématique et de grande ampleur contre la population civile". Dénonçant "les décès en prison, les tortures et les détentions arbitraires", Amnesty estime que ces faits pourraient "relever de la Cour pénale internationale". Amnesty, qui n'est pas autorisée à se rendre en Syrie, précise que ces témoignages ont été recueillis auprès d'une cinquantaine de personnes depuis le Liban et par téléphone.

Les troupes syriennes étaient intervenues mi-mai dans cette ville pour mater la contestation. Des militants avaient alors assuré qu'au moins 26 personnes avaient été tuées et des dizaines blessées. Le premier jour de l'intervention des forces syriennes, celles-ci "ont ouvert le feu sur des familles qui tentaient de s'enfuir", affirme l'organisation. Le lendemain, des dizaines d'hommes ont été arrêtés, poursuit Amnesty, citant des témoins. La plupart de ceux qui ont été emprisonnés ont été torturés et au moins neuf personnes sont mortes en prison. Des familles venues identifier plus tard les corps ont raconté avoir été contraintes de signer des documents affirmant que leurs proches avaient été tués par des gangs armés, rapporte encore Amnesty. Certaines des personnes arrêtées sont en outre toujours en prison, d'après l'organisation.

Si à Tall Kalakh la situation est aujourd'hui plus calme, Hama, elle, s'est quasiment transformée en terrain de guerre.  Au moins 22 civils ont été tués et plus de 80 ont été blessés par des tirs des forces de sécurité dans cette ville du nord de la Syrie, encerclée par l'armée, a affirmé mercredi le chef de l'Organisation nationale des droits de l'Homme Ammar Qorabi. Les forces de sécurité ont pénétré dans un des hôpitaux, Al-Horani, souligne le communiqué sans autre précision. "Des habitants de Hama ont fui en grand nombre vers une ville proche al-Salamya et vers la capitale Damas", selon la même source. "Les chars sont postés aux entrées de la ville, à l'exception de l'entrée nord. Les habitants sont mobilisés, ils ont pris la décision de défendre jusqu'à la mort leur ville pour ne pas permettre à l'armée d'y entrer", avait indiqué mardi Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.
Théâtre vendredi d'une immense manifestation anti-régime, cette ville de 800 000 habitants, est cernée par l'armée qui a déployé des chars à ses portes, ont rapporté des militants des droits de l'homme.

"Les témoignages sur les événements survenus à Tall Kalakh en Syrie", près de la frontière avec le Liban, "dépeignent de manière extrêmement troublante des exactions systématiques et ciblées (commises par les forcse de sécurité syriennes) pour écraser la dissidence", a déclaré, mardi, dans un communiqué Philip Luther, vice-directeur d'Amnesty International pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. L'organisation de défense des droits de l'Homme, qui a son siège à Londres, "considère que les crimes commis (...) s'apparentent à des crimes contre l'humanité car ils s’inscrivent visiblement dans le cadre d'une attaque systématique et de grande ampleur contre la population civile". Dénonçant "les décès en prison, les tortures et les détentions arbitraires", Amnesty estime que ces faits pourraient "relever de la...
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