L’ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, a lu le communiqué final. On le voit sur la photo entouré de Farès Souhaid et de Georges Adwan. Photo Sami Ayad
Submergé, le téléspectateur ne pouvait que constater le luxe de moyens dont dispose le parti de Dieu, même si certains documents exposés portaient déjà en eux la marque du faux.
Hier, la réplique du 14 Mars est venue moins spectaculaire, peut-être, mais encore plus tonitruante. Rejetant de fond en comble l’argumentation de Hassan Nasrallah, les participants à la réunion du Bristol, la cinquième du genre, sont allés un cran plus loin dans leur guerre ouverte contre les armes du Hezbollah et pour faire triompher l’action du TSL.
Désormais, tous les coups ou presque – on tient à rester dans le « pacifique » – sont permis contre le parti de Dieu, mais aussi contre... le gouvernement de Nagib Mikati. Ce dernier est sommé en personne de proclamer mardi matin, à l’ouverture des débats à la Chambre en vue du vote de confiance, son engagement « franc et direct » à mettre en œuvre tous les impératifs découlant de la résolution 1757, qui a institué le TSL. Faute de quoi, il devrait « partir, lui et son gouvernement, sans que nul ne les regrette ».
Mais le 14 Mars va plus loin encore en marquant quasiment sous le sceau de l’infamie « toute personne qui s’assoit à la table » de ce gouvernement en cas de non-application de la 1757. Ce qui veut dire que le président de la République lui-même ne serait pas épargné, le cas échéant. Sans parler bien sûr des autres piliers autoproclamés du « centrisme », à l’instar d’un Walid Joumblatt.
D’autres barrières ont été franchies – et même fracassées – dans cet « appel » du 14 Mars aux Libanais. L’alliance s’engage notamment à « lancer une campagne arabe et internationale pour sauver la République de l’emprise des armes » du Hezbollah, ce qui signifie qu’on n’acceptera plus de confiner ce thème au seul dialogue intérieur, comme c’était officiellement le cas jusqu’ici. Et de plus, elle promet de demander aux gouvernements arabes et étrangers de ne pas coopérer avec le gouvernement Mikati, toujours dans le cas d’une non-application de la 1757.
Dans ce contexte, on se retrouve donc avec, d’un côté, le Hezbollah qui refuse de livrer, « même dans trois siècles », ses membres mis en accusation par le procureur du TSL, d’un autre le 14 Mars qui explore de nouvelles contrées dans son escalade antiarmes et pro-TSL et, au milieu, un gouvernement dont le chef et les éléments dits « centristes » cherchent à passer par un trou de serrure qui rétrécit de jour en jour.
Combien de temps un tel cabinet peut-il survivre dans de telles conditions ? La question se posait hier avec acuité et elle sera encore davantage dans les jours qui viennent. Gageons qu’avec le genre de débat qui se prépare à la Chambre, beaucoup de plumes seront laissées.


Je lis certains commntaires et j'en tombe en bas de ma chaise. Comment ose-t-on avancer que le Hezbollah a remporté démocratiquement la majorité... Avec son arsenal militaire et sa volonté d'imposer sa manière de voir à l'ensemble du pays, le Hezb de Dieu n'a rien à voir avec une démocratie. Assumez au moins ça !
09 h 17, le 04 juillet 2011