Couverture spéciale de la révolte en Syrie

Plus de 500 000 manifestants à Hama, le "temps presse", avertit Washington

Sur le terrain
OLJ
01/07/2011

Plus d'un demi-million de personnes ont manifesté vendredi à Hama, dans le centre de la Syrie, pour appeler à la liberté, ce qui constitue "la plus grande manifestation" depuis le début du mouvement de contestation dans ce pays, ont affirmé des militants sur place.

Les forces de sécurité ont fait onze morts, essentiellement parmi les centaines de milliers de manifestants qui ont défilé contre le régime dans toute la Syrie, où le "temps presse" pour le pouvoir, a mis en garde la diplomatie américaine.

"Plus de 500 000 personnes" ont manifesté vendredi à Hama, ville située à 210 km au nord de Damas, a assuré le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel-Rahmane, selon lequel il s'agit de "la plus grande manifestation (contre le régime) depuis le déclenchement de la Révolution en Syrie", le 15 mars.

Les contestataires, rassemblés sur la place al-Assi, leur lieu de rendez-vous traditionnel, ont scandé des slogans hostiles au régime et en faveur de la liberté, a-t-on pu entendre au téléphone. A Homs, à 160 km au nord de la capitale syrienne, "plus de 100 000 personnes" ont participé vendredi aux protestations, a raconté un militant des droits de l'Homme. C'est là que le bilan des morts a été le plus lourd, puisque "six personnes dont une femme ont été tuées quand les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser des manifestations dans plusieurs quartiers" de cette ville du centre, a affirmé un militant. "Des chars de l'armée ont pénétré dans le quartier de Baba Amr", a déclaré le numéro un de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme Rami Abdel-Rahmane. Un autre militant a fait état de l'"arrivée de chars de l'armée aux abords du quartier de Bab Sebaa".

Pour sa part, la télévision officielle syrienne a signalé deux blessés dans les rangs des forces de l'ordre à Homs.

Deux manifestants ont également été abattus vendredi à Damas, dans le quartier de Qadam, et un autre à Daraya, près de la capitale, par "les forces de sécurité", d'après des militants.

Une militante a, de plus, fait état de la "mort d'une femme et de sa fille tuées dans un bombardement de l'armée sur un élevage de poulets dans le village d'Al-Barra de la région de Jabal al-Zawiya" (nord-ouest), ajoutant qu'"une autre femme de la famille avait été blessée". Une personne a en outre été tuée à Lattaquié, sur la côte, par une grenade lancée d'une voiture, selon Ammar Qorabi. Par ailleurs, des explosions ont été entendues vendredi matin dans le quartier de Raml al-Chamali de cette cité portuaire du Nord-Ouest, a dit un militant, sans pouvoir préciser leur nature.

Dans le même temps, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à la sortie des mosquées à Deir Ezzor (est) ainsi que dans la région de Jabal al-Zawiya (nord-ouest), théâtre d'une offensive de l'armée depuis mardi, a fait savoir le président de la Ligue syrienne des droits de l'Homme Abdel-Karim Rihaoui. A Salamié, au sud-est de Hama, environ 10 000 personnes ont manifesté, des cartons rouges à la main, pour symboliser leur volonté de voir le président s'en aller, et scandant "dégage! Dégage !" à son intention. Sur des vidéos postées sur Youtube, on peut voir des centaines de manifestants à Zabadani, à 50 km de Damas, tenant eux aussi des cartons rouges.

Comme toutes les semaines, les militants pour la démocratie avaient appelé sur Facebook à une nouvelle journée de manifestations vendredi baptisée "Dégage !". A Alep (nord), deuxième ville de Syrie, les forces de l'ordre ont arrêté trois contestataires. De son côté, la télévision officielle a montré des manifestations de soutien au chef de l'État à Alep et à Soueida (sud). Les personnes présentes agitaient des drapeaux syriens et scandaient : "Dieu, la Syrie, Bachar et c'est tout".

 

- "Un véritable changement politique" s'impose -

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"Le peuple syrien connaît sa voie; il a une vision claire, il n'acceptera pas moins qu'un véritable changement politique. Il sait que le changement signifie la chute du régime et le régime le sait très bien", a déclaré Yassine Haj Saleh, une figure de proue de l'opposition, aux comités de coordination de la Révolution qui chapeautent les manifestants.

"Malgré la solution sécuritaire choisie par le régime et l'encerclement des villes (...), le régime n'a pas réussi à arrêter les manifestations, ni à amener les insurgés à faire usage de violence. Le message est le suivant : la Révolution syrienne est et demeurera pacifique", a affirmé Mazen Darouiche, un militant des droits de l'Homme.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a, quant à elle, dénoncé "l'incohérence" du pouvoir syrien, qui a autorisé une réunion d'opposants, lundi à Damas, avant de procéder à de nouvelles répressions.

"Il est parfaitement évident que le temps presse pour le gouvernement syrien", a-t-elle souligné, donnant le choix au régime entre "un processus politique sérieux" et "une résistance de plus en plus organisée."

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