La soirée de lancement de la Fondation Gebran Tuéni, présidée par Michèle Tuéni, a eu lieu le 17 juin dernier.
Depuis six mois, Michèle Tuéni est la présidente de la Fondation Gebran Tuéni, créée en l’honneur de l’ancien député et journaliste d’an-Nahar.
Tuéni: un nom réputé au Liban. Gebran Tuéni, l’arrière-grand-père de Michèle, a fondé le journal an-Nahar. Nadia Tuéni, mère de Gebran, était poétesse et femme de lettres. Son père, Ghassan, a représenté le Liban à l’ONU de 1977 à 1982. Homme politique remarquable dans les années 1970 et 1980, il a notamment occupé le poste de vice-Premier ministre. Gebran Tuéni, né d’une mère druze et d’un père grec-orthodoxe, se dirige vers le journalisme et la politique. Acteur prépondérant dans les manifestations du 14 Mars, il est élu le 29 mai 2005 député de Beyrouth sur la liste de Saad Hariri. Connu pour ses positions virulentes contre l’influence syrienne au Liban, il est tué peu de temps après son élection, le 12 décembre 2005, dans l’explosion de sa voiture. Un attentat revendiqué par un groupe syrien, mais condamné par Damas.
Travailler avec les jeunes
«Nous ne ferons pas de politique», assure Michèle Tuéni, désireuse d’évoquer la mémoire de son père sans susciter de controverses. La fondation, symboliquement créée en décembre 2010, n’a été médiatiquement lancée que le 17 juin dernier, «par respect pour ce mois douloureux qu’est aujourd’hui pour nous décembre, explique-t-elle. Nous voulons essayer de faire perdurer l’œuvre de Gebran, mis à part son travail politique et journalistique.» La Fondation Gebran Tuéni sera donc culturelle et sociale, poursuivant à sa manière les mécénats engagés par l’ancien député auprès de jeunes artistes libanais. « Nous nous sommes penchés, après la mort de Gebran, sur les écoles, les jeunes avec qui il avait noué des partenariats. (...) Nous voulons travailler avec eux, quel que soit le domaine », poursuit Michèle Tuéni. Ainsi, lors de la soirée de lancement, cinq jeunes artistes professionnels ont pu s’exprimer devant les membres honoraires de la fondation, chacun dans son domaine (Omar Rahbani en composition musicale, Dolly Sfeir en ballet-jazz, LYAO Group en théâtre, Michèle et Noëlle Keserwani en chant et Élia Francis en opéra), en compagnie d’artistes confirmés et reconnus de la scène libanaise. Ces cinq jeunes recevront, si besoin est, une aide de la fondation pour réaliser une maquette, un CD, des concerts. «Les dîners, les réceptions, les galas ne ressemblaient pas à Gebran. Alors qu’un concert lui correspondait beaucoup plus», justifie Michèle Tuéni.
La fondation aura également pour but d’entretenir la mémoire du député martyr, et ses idées, celles que se doit de défendre toute démocratie digne de ce nom. «La liberté de la presse, par exemple», évoque sa fille. Lorsqu’on fait le parallèle avec la Fondation Samir Kassir, Michèle acquiesce, tout en montrant les différences. «Comme la famille de Samir Kassir œuvre beaucoup pour la liberté de la presse et la mémoire des martyrs du Liban, nous serons sans doute amenés à travailler ensemble. Mais la Fondation Gebran Tuéni a d’autres objectifs.»
Une maison pour les enfants, un musée pour les martyrs
Les deux fondations pourront peut-être se retrouver sur un rêve porté par Michèle Tuéni : un musée pour les martyrs libanais. «Il nous faudra des années pour en arriver là, mais nous souhaitons construire un jour ce musée pour les nouvelles générations, qu’elles n’oublient jamais ceux qui ont sacrifié leurs vies pour ce pays, explique-t-elle. Le nom de Gebran signifie quelque chose pour quelqu’un de quarante ou cinquante ans. Mais quel souvenir en ont les jeunes âgés de quinze ou seize ans?»
La Fondation Gebran Tuéni porte aujourd’hui trois autres projets. Le premier, en bonne voie, concerne la construction d’une maison pour des enfants atteints du sida. «Ces enfants sont rejetés par leurs familles, de peur qu’ils ne contaminent leurs entourages, et mendient sur les routes. Ils ont besoin de médicaments. C’est une cause qu’aurait soutenue Gebran.» Outre ce premier projet social et sanitaire, la fondation travaille sur la mémoire, avec le souhait d’organiser un événement annuel centré autour du souvenir des martyrs libanais. Autre idée en préparation, celle d’un livre sur ces martyrs, édité pour les étudiants, «afin de les inciter à travailler sur le sujet, et notamment les doctorants», précise Michèle Tuéni.
Enfin, la fondation va organiser un concours de culture générale avec des élèves du cycle secondaire. Une autre manière d’honorer la mémoire de Gebran Tuéni, né dans une famille érudite et lui-même amateur de littérature et de poésie, une passion transmise par sa mère et découverte après la mort de celle-ci, en 1983. «Parmi les ambitions que nous portons, il y a aussi celle, juste rêvée pour le moment, de rassembler des journalistes d’an-Nahar et d’autres quotidiens et de faire avec eux des cycles de conférences sur Gebran, la liberté de la presse et les journalistes martyrs», conclut Michèle Tuéni.
Un ultime hommage à un fervent défenseur de l’unité libanaise.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Que la fondation qui porte le nom de ton illustre et courageux Père soit un rayonnement et un moteur pour toute cette jeunesse libanaise qui a besoin de personnalité comme toi chère Michèle pour lui faire passer ces messages d'espérances et de confiances dont elle a tant besoin. Bravo et lumineux parcours pour le futur, à toi et à toute l'équipe qui y collabore. Avec mes meilleurs messages depuis la suisse. denise
05 h 32, le 02 juillet 2011