Ce jour, le Hezbollah l’attendait depuis longtemps. Depuis août 2006 estiment les uns, après la défaite israélienne de juillet 2006, alors que d’autres précisent que l’attente dure depuis un an, lorsque le secrétaire général du Hezbollah a lancé sa campagne pour discréditer le TSL. De toute façon, depuis la publication du fameux article sur le site en anglais de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, en 2008, il savait qu’il serait un jour ou l’autre officiellement mis en cause dans l’assassinat de Rafic Hariri, puisque, selon lui, le plan américano-israélien dans la région « vise à susciter une discorde entre sunnites et chiites pour frapper le courant qui constitue une menace pour Israël ». Et lorsque le roi Abdallah d’Arabie avait promis à son interlocuteur syrien en 2010 de faire de son mieux pour obtenir un report de la publication de l’acte d’accusation annoncée à l’automne de cette même année, le Hezbollah savait aussi qu’un jour – et le timing devra être bien choisi – cet acte finirait par être publié.
Ce jour est donc arrivé, à un moment politique très particulier, alors que, selon l’analyse des proches du Hezbollah, le 14 Mars traverse un moment difficile avec la formation du gouvernement Mikati et le fait que le régime syrien semble être en mesure d’éviter la chute, après avoir entamé un dialogue avec une partie de l’opposition. C’est d’ailleurs en pleine réunion du gouvernement pour étudier le brouillon de la déclaration ministérielle que la délégation envoyée par le TSL a choisi de remettre une copie de l’acte d’accusation au procureur général près la Cour de cassation. Avant même que la réunion avec Saïd Mirza ne soit terminée, les noms des personnes mises en cause dans l’acte d’accusation ont été divulgués. Il s’agit comme prévu de Moustapha Badreddine (qui se fait aussi appeler Sami Issa), Sélim Ayache, Assaad Sabra et Hassan Anaïssé. Officiellement, le Hezbollah n’est pas mis en cause en tant que parti ou organisation, mais les inculpés en sont membres et pas des moindres. Moustafa Badreddine qui est à la fois un cousin et le beau-frère du chef militaire assassiné Imad Moghnié est membre du Majlis Choura du Hezbollah (l’organe décisionnel) et serait appelé à prendre la relève de Moghnié. Son nom avait été évoqué dans l’article de Der Spiegel mais aussi dans le reportage de la télévision canadienne CBC. Salim Ayache est aussi un cadre sécuritaire important au sein du Hezbollah, originaire du Sud, en fait il est du même village que l’un des espions révélés par Hassan Nasrallah dans son dernier discours. Qui plus est, selon les fuites ayant filtré du Palais de justice, il serait aussi détenteur de la nationalité américaine. Les deux autres noms semblent appartenir à des seconds couteaux. Ces quatre personnes formeraient (avec d’autres qui seraient cités sans que des mandats d’amener aient été émis à leur encontre) ce qu’on appelle en matière de crime organisé le second cercle. Le premier est formé de ceux qui prennent la décision et choisissent ceux qui doivent la mettre en œuvre, le second est formé de ceux qui dressent les plans de l’assassinat et définissent les exécutants et le troisième est justement formé de ces mêmes exécutants. Le second cercle est en réalité le plus important, puisque c’est lui qui connaît les deux autres qui, par contre, n’ont, en principe, aucun lien entre eux.
L’annonce faite et les noms divulgués, tout le monde guettait la réaction de la rue, ou des rues, faudrait-il préciser. Mais aussi bien dans la banlieue sud, notamment à Haret Hreik et à Chiyah, la vie s’est poursuivie normalement, comme cela a été le cas à Hamra, Tarik Jdidé et sur l’ensemble du territoire, où aucun déploiement sécuritaire particulier n’a été enregistré. Ce qui fait dire aux proches du Hezbollah que « la campagne du sayyed » a atteint son objectif et ce qui aurait pu constituer une bombe sur le plan populaire a été accueilli avec calme, voire indifférence.
Sur le plan politique, le Hezbollah se conforme à la ligne qu’il a déjà définie depuis plusieurs mois et que Hassan Nasrallah a répétée il y a une semaine : il ne se sent pas concerné par l’acte d’accusation, ni par toute l’action du TSL et par conséquent, il ne fera aucun commentaire. Par contre, tous les piliers du 14 Mars, avec à leur tête Saad Hariri, ont favorablement accueilli la remise au procureur libanais de l’acte d’accusation. Alors même que le contenu de l’acte n’a pas été publié pour connaître les éléments de preuve sur lesquels se base l’accusation, le 14 Mars a estimé que « l’ère de la justice a commencé ». Même le gouvernement qui vient d’adopter sa déclaration ministérielle et qui se présentera devant le Parlement la semaine prochaine ne semble pas très embarrassé. C’est qu’en réalité, selon le protocole signé avec le TSL, c’est la justice libanaise qui est en charge de la notification des inculpés. Elle dispose d’un délai de trente jours pour accomplir sa mission. Et selon des sources porches de l’enquête, la fameuse descente d’une délégation de la commission d’enquête internationale dans une clinique gynécologique dans la banlieue sud à l’automne dernier visait à trouver les adresses d’au moins deux des inculpés dont les épouses sont des patientes régulières de l’établissement. Toutefois, en quelques mois, les adresses peuvent changer et le scénario qui circule le plus dans les milieux politiques est le suivant : les autorités judiciaires libanaises pourraient ne pas réussir à trouver les personnes inculpées, notamment aux adresses indiquées. Ce qui devrait pousser le TSL à réclamer l’émission de mandats d’arrêt internationaux, avant d’ouvrir au bout du compte un procès par contumace. Mais selon des spécialistes juridiques, le gouvernement ne pourra pas être considéré comme responsable, puisque le système libanais reconnaît la séparation des pouvoirs et que la justice est, depuis Taëf, un pouvoir à part entière, qui est, lui, responsable de transmettre aux personnes et parties concernées les notifications judiciaires.
Le rideau est donc tombé hier sur le premier acte. La suite est encore à venir.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Salut Kamel J, Deal et demi.Moi les portraits c'est pas mon style.Remarque j'aime mieux ceux de George Clooney ou Johnny Dep,plutôt que la face d'Amadinjad. Pour l'Afrique une confidence:mon grand-père maternel y a servi dans l'Armée d'Afrique,du temps des méchants colonisateurs.De plus ses parents venaient de Pologne et il avait un nom difficile à prononcer et encore plus à écrire.Il était pourtant très français et nationaliste,sans complexe comme certains qui y vivent ,en profitent,et insultent le pays et sifflent la Marseillaise.Les seuls d'ailleurs ,va savoir,incompatibilité entre laicité et une inculture .Et ne me parle pas d'injustice ,ses parents corons en ont bavé en leur temps. Je n'aime pas trop l'avouer,mais j'apprécie nos débats,et t'apprécie tu es cultivé et sympa,et je pense que malgré nos différences nous formons un groupe à part de par éducation et culture, qui n'a pas son mot à dire,il y a une prise de contrôle de forces occultes et archaiques,que tu vois peut-être,mais tu ne veux l'avouer ,après ce sera trop tard,rappelle toi la révolution iranienne. Amicalement.
15 h 07, le 02 juillet 2011