Dans un souci de franchise et de transparence, le secrétaire général du Hezbollah a sans doute voulu montrer à ses auditeurs qu’il refuse de se réfugier dans les mensonges et les cachotteries et qu’il reste égal à lui-même, misant sur la confiance qu’il entretient avec ses partisans. De plus, les rumeurs lancées par une certaine presse koweïtienne et relayées par des sites Internet avaient atteint une telle ampleur – certains évoquaient une centaine d’espions découverts au sein du parti chiite – et les noms les plus en vue circulaient dans les salons, au point que Hassan Nasrallah a préféré aborder ouvertement le sujet pour éviter tout malaise interne au sein de son parti et couper court aux pronostics fantaisistes.
Il a même réussi à tourner l’affaire à l’avantage du Hezbollah, insistant sur l’efficacité du service de contre-espionnage du parti qui, selon lui, a réussi à découvrir un espion enrôlé par la CIA depuis 5 mois seulement et un deuxième qui travaillait pour le compte de l’agence américaine depuis un peu plus longtemps. Hassan Nasrallah est resté toutefois assez discret sur les fonctions exactes des deux espions présumés, se contentant d’affirmer qu’ils ne font pas partie des responsables de premier plan ni de son cercle proche. Des sources sécuritaires affirment à cet égard que le premier espion M. H. occupait toutefois des fonctions importantes dans la branche militaire du Hezbollah, puisqu’il était en partie responsable des camps d’entraînement des jeunes recrues. Il était en fait appelé à assumer des responsabilités encore plus importantes. Mais M. H. se rendait fréquemment en France où, en principe, il se faisait soigner pour une maladie particulière. Au début, affirment ces sources, il se faisait accompagner par une escorte chargée de sa sécurité. Mais après quelques voyages, il a décidé de renoncer à cette escorte, qu’il a qualifiée d’inutile. C’est ce qui aurait alerté le service de contre-espionnage du parti chiite. Enquête faite, ce service aurait découvert que M. H. n’était pas malade et qu’il se rendait en France pour d’autres raisons que celles déclarées ouvertement. De fil en aiguille, ajoutent les sources sécuritaires, son implication avec la CIA a été établie et le service du Hezbollah aurait même décelé dans son appareil digestif un petit appareil électronique très sophistiqué permettant d’envoyer des signaux et des indices à ses employeurs de la CIA.
Le deuxième espion, M.A., est originaire d’un village du Liban-Sud et aurait été en contact avec des proches de Hassan Nasrallah en raison de ses responsabilités dans l’accueil des visiteurs de marque, l’organisation des cérémonies, etc. Il aurait été en quelque sorte responsable dans une sorte de service du protocole et avait ainsi accès à des informations de forme, non de fond. Mais il côtoyait quand même certains cadres. D’ailleurs, selon ces mêmes sources sécuritaires, sa famille s’est rendue auprès du secrétaire général pour tenter de comprendre ce qui se passe. C’est aussi pour cette raison que, dans son discours, Hassan Nasrallah a invité les membres du Hezbollah à ne pas s’en prendre aux familles et à ne pas les condamner à cause d’une faute commise par l’un des leurs.
Pour l’instant, aucune indication n’a filtré au sujet du troisième espion présumé, avec lequel l’enquête n’est pas encore achevée. Mais le plus important dans l’ouverture publique de ce dossier est l’implication directe par Hassan Nasrallah de l’agence américaine de renseignements. Jusque-là, le secrétaire général du parti chiite se contentait d’affirmer qu’Israël était l’ennemi. Même s’il condamnait vivement ce qu’il appelait « le plan américano-israélien pour la région » ainsi que la « connivence américano-israélienne », il n’avait jamais placé les Américains au même plan que les Israéliens. C’est désormais chose faite. Hassan Nasrallah a ainsi élargi l’axe de la confrontation, alors qu’officiellement, les États-Unis sont considérés comme un pays ami du Liban. Cette mise en cause embarrasse d’ailleurs l’État libanais qui devrait se charger de ce dossier par le biais de son appareil judiciaire. En effet, les articles 281 à 287 du code pénal punissent toute personne ayant en sa possession ou s’étant procuré des documents ou des informations classés dans l’intérêt de la sécurité de l’État et les ayant divulgués à un État étranger. Si cet État est considéré comme un ennemi, les peines sont alors maximales.
C’est dire si l’État libanais n’est pas très chaud pour s’emparer de ce dossier explosif, d’autant que, depuis de longues années, le Liban est considéré comme un terrain idéal pour les espions de tous genres et de tous bords. Pour l’instant, le Hezbollah ne lui en demande d’ailleurs pas tant. Il veut poursuivre ses investigations internes, tout en mettant un terme aux rumeurs et au malaise qu’elles provoquaient. Mais les milieux politiques savent qu’il ne s’agit pas d’une affaire mineure. L’accusation portée aussi directement au service d’espionnage américain ouvre une nouvelle ère dans les relations libano-américaines. Au moins au niveau d’une partie non négligeable de la population.


j ai une admiration sans faille pour les libanais.voila un pays avec une multitude de confessions,de sensibilites qu ont a mis a feu et a sang dans les annees 80 en jouant justement sur ces differences et qui refuse toujours d etre le digne ramplacant de l egypte de moubarak.car ces histoires de tpi,de hariri qui va pleurer en france,d accusations du hezbollah,ne sont q une enieme tentative de normaliser la region sous couvert evidemment com d hab de droit de l homme!je ne suis pas islamiste mais quand je vois et ecoute nassralah je dis:respect!leurs chansonnetes droit de l hommiste et droit de femmiste deviennent ridicules quand on sait ce que leur services font en douce.salutations et vive le liban!
14 h 38, le 30 juin 2011