Les gendarmes turcs ont fait venir des minibus pour convoyer les déplacés vers l’un des cinq camps de réfugiés érigés par le Croissant-Rouge turc dans la province de Hatay. Adem Altan/AFP
À quelques kilomètres au nord de Güveççi, plusieurs centaines de déplacés ont franchi la ligne de barbelés matérialisant la frontière, où ils ont été pris en charge par la gendarmerie turque, selon l’AFP. Les gendarmes ont fait venir des minibus pour convoyer les déplacés vers l’un des cinq camps de réfugiés érigés par le Croissant-Rouge turc dans la province de Hatay (sud de la Turquie), voisine de la Syrie. Le président du Croissant-Rouge turc, Tekin Küçükali, arrivé à Güveççi, a parlé de « plus de 600 » déplacés entrés en Turquie hier. Arrivé à Güveççi jeudi avec l’aide d’un passeur turc, un imam syrien a indiqué que les soldats syriens bloquaient les accès à la frontière. « L’armée a pris le contrôle des villages et bloque les routes », a déclaré l’imam Rami, venu du village de Hamushia, près de Bdama, à quelques kilomètres de la frontière, qui dit avoir fui les soldats après avoir entendu des coups de feu et des tirs d’armes lourdes. Des milliers de déplacés syriens se sont ainsi regroupés par « villages » de plusieurs centaines de personnes sur une étroite bande de terre de quelques centaines de mètres de large et plusieurs kilomètres de long jouxtant la frontière. Ils hésitaient jusque-là à franchir la frontière de crainte de ne plus pouvoir regagner leurs foyers.
Parallèlement, plus de 120 civils ont été arrêtés par les autorités syriennes entre mercredi soir et jeudi matin à Tal Rifat, à une trentaine de kilomètres de la Turquie, a rapporté une ONG de défense des droits de l’homme. Ces arrestations ont eu lieu sur la route reliant Alep, a indiqué le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, Rami Abdel Rahmane.
Le chef de la deuxième armée turque, le général Servet Yörük, est arrivé hier à Güveççi pour inspecter les garnisons le long de la frontière.
Dans ce contexte, au 100e jour du mouvement de contestation, les militants prodémocratie ont appelé à une grève générale dans toutes les villes de Syrie en signe de deuil pour les victimes de la répression, qui a fait plus de 1 300 morts parmi les civils, selon des ONG syriennes. « Jeudi 23/6, grève générale dans toutes les villes syriennes, décrétée en signe de deuil », pouvait-on lire en arabe sur la page Facebook « Syrian Revolution 2011 », moteur de la contestation. Selon des militants, la grève a été largement suivie dans des localités de la banlieue de Damas ainsi qu’à Homs (centre), Lattaquié (Nord) et Deraa (Sud) notamment. Selon la page Facebook FNN, des dizaines de blindés se sont déployés dans le quartier d’al-Bayyada à Homs.
Pour aujourd’hui, comme toutes les semaines depuis le début de la révolte le 15 mars, les militants ont appelé à une journée de manifestations après la prière musulmane hebdomadaire de midi sous le slogan « Légitimité perdue » du président Assad. « Bachar n’est plus mon président et son gouvernement ne me représente pas », est-il également écrit.
Sur le front diplomatique, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a eu un entretien téléphonique avec son homologue syrien Walid Moallem durant lequel les deux hommes ont discuté des derniers développements à la frontière, selon l’agence de presse Anatolie. Il a aussi évoqué la question au téléphone avec la chef de la diplomatie de l’Union européenne Catherine Ashton, selon Anatolie.
Enfin, les pays de l’UE ont entériné hier un nouveau train de sanctions contre la Syrie comprenant un gel des avoirs et une interdiction de voyager pour sept personnes – trois Iraniens accusés de fournir des équipements militaires à la Syrie et quatre responsables syriens – ainsi que quatre entreprises syriennes.
(Source : agences)

