Les partisans de Talal Arslane ont bloqué la route de Aley, hier. Photo Ramzi Moucharrafieh
Entouré des cadres de son parti, l’émir Arslane, qui exigeait un portefeuille et a été désigné ministre d’État, a déclaré qu’il présente sa démission pour être conséquent avec lui-même et avec les principes qu’il défend. Il a aussi précisé que pour préserver la crédibilité acquise au cours de 23 ans d’action politique, il se retire, considérant que « ce n’est pas un honneur de s’asseoir à la même table que le dénommé Nagib Mikati ».
Selon Arslane, le Premier ministre Nagib Mikati n’aurait pas cessé de mentir au cours des cinq derniers mois, promettant à toutes les parties de les représenter au sein de son gouvernement et tentant de créer des conflits au sein de la majorité, en cherchant à provoquer des problèmes entre lui et le général Aoun, puis entre lui et « les frères au sein de la résistance », puis dernièrement, entre lui et Walid Joumblatt. Arslane a affirmé qu’il ne peut accepter « la manière avec laquelle Mikati a traité les druzes, les catholiques, les Arméniens ou même les alaouites, et sa classification des communautés pouvant obtenir des portefeuilles régaliens ». Il a ajouté que Mikati ne peut pas « délivrer des certificats de nationalisme » et il ne peut pas arracher sa signature (celle de Arslane) pour ce qu’il considère comme « un complot contre la coexistence ».
Tout en réclamant la parole en premier au cours de la prochaine séance parlementaire plénière, Arslane a félicité Saad Hariri parce qu’il a un tel adversaire, ajoutant que Mikati se présente comme l’alternative à Saad Hariri. « Mais j’espère me tromper, a-t-il dit, et que Saad Hariri ne reviendra pas au gouvernement sur un cheval blanc. »
Arslane a aussi appelé ses partisans au calme. Ceux-ci avaient bloqué la route du Sud à Khaldé, celle de Sofar, celle de Aley et celle de Hasbani en guise de protestation. Les forces de l’ordre ont rapidement rouvert ces axes routiers. Elles ont dû aussi se déployer dans la Békaa-Ouest sur la route reliant cette région à Rachaya qui avait été bloquée avec des pneus en feu par les partisans de Abdel Rahim Mrad en guise de protestation contre sa non-désignation au sein du gouvernement Mikati.
Signalons encore que le parti al-Tawhid arabe dirigé par l’ancien ministre Wi’am Wahhab a condamné la fermeture des routes dans la Montagne en guise de protestation, précisant que « ces méthodes ne font pas partie des us et coutumes des habitants de cette région ».


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