Le député Michel Hélou, membre du Bloc du changement et de la réforme, a indiqué qu'il y a désormais un accord sur tous les portefeuilles, mais a déploré qu'il n'y ait « pas de nouveaux noms proposés jusqu'ici ». Assurant que son bloc a « donné tout ce qu'on lui avait demandé », M. Hélou a dit craindre « à nouveau les tergiversations ».
Son collègue Hikmat Dib a répété presque mot pour mot ces mêmes propos, affirmant qu'en cas de nouvelle tergiversation, le Bloc du changement et de la réforme « dira comme d'habitude la vérité aux Libanais en dévoilant tous les détails ».
Moins pessimiste, Nagi Gharios, membre du même bloc, a assuré que « le processus gouvernemental est parvenu à sa dernière ligne droite ». Pour M. Gharios, la réunion qui a regroupé mercredi les principaux piliers de la nouvelle majorité « a été décisive à cet égard parce qu'elle a été dominée par la franchise totale et l'entente ». Selon lui, « les quelques points en suspens font l'objet actuellement de tractations mais ils ne concernent pas directement le CPL ». « Mais nous pouvons aider à les régler », a-t-il dit, précisant que ces points sont la part du député Talal Arslane, la question du sixième ministre maronite et celle du sunnite anti-haririen.
Kassem Hachem, député du Baas prosyrien et membre du bloc de Nabih Berry, a lui aussi estimé que les efforts en vue de la formation du cabinet « sont entrés dans leur phase ultime ». « Il ne reste plus qu'à concrétiser certains points », a-t-il dit, soulignant la nécessité de mettre en place le gouvernement « dans les prochaines heures ou les prochains jours ». « Il y a une urgence à former le gouvernement au Liban à l'ombre de ce qui se passe autour de nous », a-t-il souligné.
Le ministre sortant des Travaux publics, Ghazi Aridi, a estimé que les points qui restent à régler sont « peu nombreux et pas importants pour être susceptibles de retarder » davantage le processus gouvernemental.
Wahhab : « De nombreuses entraves »
Ce n'est pas le point de vue de l'ancien ministre Wi'am Wahhab, qui a affirmé, au contraire, que jusqu'à cet instant, « il existe de nombreuses entraves qui empêchent la formation du cabinet ». « Je pense toujours qu'il n'y aura pas de gouvernement de sitôt parce que les facteurs empêchant cela sont nombreux et notamment pour des raisons extérieures », a déclaré M. Wahhab, se prononçant une nouvelle fois pour un cabinet d'union nationale.
Dans les rangs du 14 Mars, le scepticisme est aussi de mise. Le ministre sortant des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a souligné que ce qui se passe dans la région, en particulier en Syrie, « n'incite pas à l'optimisme au sujet de la formation du gouvernement ». « Je suis d'accord avec l'opinion qui dit qu'on cherche au Liban à perdre du temps », a déclaré M. Sayegh, imputant la responsabilité de l'immobilisme au « camp qui a renversé le gouvernement de Saad Hariri ». Ce qu'il faut, selon lui, c'est revenir à la solution proposée par l'ancien président de la République Amine Gemayel en faveur d'un « gouvernement de salut ». « Mais on sait d'où vient l'échec, pas du 14 Mars, ni du président de la République », a-t-il dit, critiquant en outre la visite du chef du PSP, Walid Joumblatt, en Syrie.
« Je déplore que certains continuent d'aller en Syrie, comme si rien n'avait changé dans le monde arabe. Cela est insultant. Il faut respecter notre souveraineté », a-t-il lancé.
Développant un point de vue similaire, le député Élie Marouni, également membre des Kataëb, a noté que « cela fait cinq mois que le 8 Mars est optimiste au sujet du gouvernement. Chaque fois, ils nous disent qu'ils se sont entendus sur 95 % des problèmes et qu'il ne reste plus que 5 % à régler ». Réclamant, tout comme M. Sayegh, un gouvernement de « salut national », M. Marouni s'est interrogé si, après la réunion de mercredi et la visite de M. Joumblatt à Damas, « les choses iront plus vite cette fois-ci ou bien si, comme d'habitude, les 5 % seront plus ardus que les 95 % ».
Sans avancer de pronostics, le député Ammar Houry, membre du bloc du Futur, a pris acte de la vague d'optimisme au sujet du gouvernement. « Nous souhaitons que cela se fasse le plus rapidement possible, car indépendamment de savoir si le 14 Mars est dans la majorité ou dans l'opposition, le maintien du statu quo est nuisible pour tout le monde », a-t-il souligné.
Toutefois, M. Houry a fait valoir que si la mise en place du cabinet devait encore être retardée, il serait nécessaire de recourir à des alternatives, y compris la tenue de réunions du gouvernement sortant pour statuer sur les questions en suspens, comme par exemple celle du mandat du gouverneur de la Banque du Liban et l'adoption de la méthode des décrets itinérants.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine