Les quatre lauréates du prix de l’Observatoire national de la femme en milieu rural (Nowara) pour le meilleur projet en milieu rural.
Les projets, retenus sur près d'une trentaine, et soutenus par l'Institut agronomique méditerranéen de Bari (IAM-B), le Centre international pour les études agronomiques méditerranéennes (Ciheam), la Région italienne des Pouilles et le ministère de l'Agriculture, appartenaient à quatre catégories distinctes : « Production agricole » (Projet : Akoury Organic Farm, Deir el-Ahmar), « Tourisme rural/écologique » (al-Sindyan, Hermel), « Production à partir de l'olive et de l'huile d'olive » (Jardin d'Orient, Byblos), et « Industrie agroalimentaire » (Coopérative Arabsalim, Nabatiyeh). Les lauréates seront invitées à visiter l'Institut de Bari et mises en contact avec des entreprises aux activités similaires, afin de rencontrer d'autres entrepreneures et partager leurs expériences.
Ont notamment assisté à cette cérémonie plusieurs responsables libanais et européens, dont la première secrétaire de l'ambassade d'Italie et représentante de l'ambassadeur Giuseppe Morabito, Palma D'Ambrosio, la représentante de la région italienne des Pouilles, Flavia Chirianni, les ministres de l'Agriculture et du Tourisme, Fadi Abboud et Hussein Hajj-Hassan, ainsi que la fondatrice et chef de programme de Nowara, Wafa' Dikah Hamzé.
Des centaines de milliers d'agriculteurs sans couverture maladie
Créé en 2008, Nowara est un organisme étatique financé par le ministère italien des Affaires étrangères et soutenu sur le terrain par l'IAM-B et le Ciheam, en collaboration avec le ministère de l'Agriculture. Son objectif principal est de promouvoir le développement en milieu rural par le biais de la valorisation de l'esprit d'entrepreneuriat des femmes et la mise en place de dispositifs facilitant l'accès de ces dernières au marché de l'emploi dans le secteur agricole.
Tâche ardue, donc, le secteur agricole ne représentant aujourd'hui que quelque 6 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, et étant largement laissé pour compte au Liban. Les agriculteurs font aujourd'hui face à de nombreux obstacles, à commencer par le manque de ressources matérielles et financières, d'après 79 % des femmes interrogées en milieu rural (selon un rapport conduit par la spécialiste en développement, Abir Abulkhoudoud, pour Nowara).
« Les stratégies de développement initiées par les administrations publiques n'ont jamais été concrétisées », a déploré, pour sa part, Mme Hamzé. Appelant à renforcer le rôle des femmes dans le monde rural, cette dernière a notamment évoqué « la formation continue sur le plan des techniques modernes de production, la spécialisation dans des produits de terroirs, le développement des moyens de communication et de marketing, notamment par le biais des technologies d'information et de communication (TIC), la facilitation de l'accès au crédit... » parmi les priorités les plus urgentes à traiter.
Pour sa part, le ministre Hajj-Hassan a violemment critiqué le désinvestissement du gouvernement en ce qui concerne le secteur agricole, soulignant que « 200 000 à 220 000 agriculteurs ne bénéficieraient au Liban d'aucune protection sociale ou d'assurance-maladie », selon un sondage de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).
Il convient de rappeler que le ministère avait lancé en août 2010 un vaste projet à l'échelle nationale, visant à recenser le nombre d'exploitants agricoles et d'éleveurs en vue d'améliorer et renforcer la coopération entre ces derniers et le ministère de l'Agriculture, notamment par le biais de la création ultérieure d'un registre agricole. Ce projet, partiellement financé par le bureau de la coopération italienne, a été réalisé sur le terrain en partenariat avec la FAO.

