Les élus républicains du Congrès sont de plus en plus nombreux à penser qu'il pourrait être utile de pousser les États-Unis en défaut technique sur la dette afin de forcer la main au gouvernement démocrate pour qu'il accepte davantage d'austérité budgétaire.
« Comment pourrait-on autoriser les États-Unis à faire défaut ? Nous ne considérons pas cela comme une possibilité : cela créerait une gigantesque panique dans le monde entier », a déclaré un responsable de la Banque centrale indienne.
Les autorités indiennes disent n'avoir pas d'autre choix que d'investir dans la dette publique américaine, celle-ci étant considérée comme l'une des plus sûres et des plus liquides au monde. En mars, l'Inde détenait 39,8 milliards de dollars en Treasuries, selon les données américaines.
Un conseiller de la Banque centrale de Chine a, de son côté, estimé que les États-Unis « jouaient avec le feu » en envisageant un défaut ponctuel. Un tel événement serait néfaste pour le dollar, a averti Li Daokui, selon qui Pékin doit en dissuader Washington. Dans tous les cas, la Chine, premier détenteur de dette américaine, conservera ses investissements en Treasuries, a-t-il ajouté.
Le Congrès américain peine à s'entendre sur un relèvement du plafond de la dette, alors que le déficit devrait dépasser 1 400 milliards de dollars cette année fiscale.
Le département du Trésor estime que ses possibilités de dépenses seront épuisées d'ici le 2 août à défaut d'un relèvement du plafond, et l'administration Obama a mis en garde dans ce cas contre des conséquences « catastrophiques ».
Le raisonnement républicain est que les créanciers des États-Unis seraient prêts à accepter quelques jours de défaut de paiement en échange de garanties d'une meilleure maîtrise des dépenses publiques américaines. Mais les responsables publics et investisseurs interrogés, qui considèrent un défaut américain comme une hypothèse lointaine et cauchemardesque, ne sont pas de cet avis. « Ce ne serait pas possible. Ils rembourseraient leurs bons du Trésor en priorité, avant les autres titres, c'est aussi simple que ça », a avancé Barry Evans, gestionnaire de portefeuille obligataire chez Manulife Asset Management.
(Source : Reuters)

