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Économie - Énergie

L’Allemagne lance au reste du monde le défi de l’abandon du nucléaire

Le défi du gouvernement est de renoncer au nucléaire, sans entraver l'une des économies les plus compétitives au monde.

« C’est un tournant dans le développement économique et social de notre pays », a affirmé le ministre de l’Environnement Norbert Röttgen (à gauche).  John MacDougall/AFP

Le gouvernement allemand a adopté hier un projet de loi pour relever le défi sans précédent de renoncer à l'énergie nucléaire en dix ans sans entraver l'une des économies les plus compétitives au monde ni plomber son bilan carbone.
« C'est un tournant dans le développement économique et social de notre pays », a affirmé le ministre de l'Environnement Norbert Röttgen lors d'une conférence de presse.
Dès dimanche dernier, les partis composant le gouvernement d'Angela Merkel, les libéraux du FDP et les conservateurs de la CDU/CSU, avaient condamné la dernière centrale allemande à fermer en 2022 au plus tard.
La chancelière, qui avait l'an dernier cédé au lobby nucléaire en prolongeant la durée de vie des réacteurs, a fait volte-face après la catastrophe de Fukushima et repris à son compte un calendrier d'abandon de l'atome civil adopté dès 2000 par un gouvernement social-démocrate/Verts.
Le projet de loi, adopté lundi et qui doit passer avant la pause estivale devant les deux chambres du Parlement allemand, précise la marche à suivre.
Huit réacteurs anciens sont condamnés immédiatement, et les neuf restants vont s'éteindre progressivement à partir de 2015, privant l'Allemagne de quelque 20 % de sa production brute d'électricité.
Ce cavalier seul de l'Allemagne n'a jusqu'ici pas fait d'émules parmi les autres grandes puissances industrielles. Au contraire, il irriterait plutôt, en particulier en France, très dépendante du nucléaire.
Dans l'immédiat, pour assurer la stabilité d'un réseau encore immature face aux énergies vertes, le gouvernement allemand va maintenir « en veille » un réacteur nucléaire de plus que prévu jusqu'en 2013, censé éviter le court-circuit géant en hiver.
L'État va aussi soutenir financièrement les industries qui consomment beaucoup d'électricité et risquent de voir leurs factures flamber.
À plus long terme, l'Allemagne va s'équiper d'éoliennes tous azimuts, mais aussi de nouvelles centrales à gaz ou à charbon, et planter des milliers de kilomètres de lignes à haute tension.
Parmi les mesures les plus spectaculaires : une enveloppe de 5 milliards d'euros pour des parcs éoliens en haute mer, une technologie encore balbutiante sur laquelle l'Allemagne mise gros afin d'atteindre son objectif d'une production d'énergie totalement « verte » en 2050.
Le gouvernement entend aussi encourager les économies d'énergie et accélérer les procédures de permis de construire.
Pour Berlin, le jeu n'a que des gagnants : un pays débarrassé d'une énergie à risque et une vitrine géante pour les technologies vertes « made in Germany ».
Le projet de loi laisse toutefois en suspens de nombreuses questions, notamment sur le coût de l'abandon du nucléaire qui, selon certains experts, pourrait atteindre 200 milliards d'euros, à répartir entre contribuables, consommateurs et producteurs d'électricité.
Autre inconnue : le devenir de l'objectif allemand de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2020, répété lundi par le gouvernement mais qui pourrait souffrir de la mise en service de centrales à gaz ou charbon.
Le gouvernement devra aussi composer avec de possibles actions en justice des propriétaires de réacteurs et avec les Allemands eux-mêmes.
Très hostiles au nucléaire dans les sondages, ils sont aussi prompts à s'organiser contre l'implantation d'éoliennes ou de lignes électriques, et à protester contre les hausses des prix de l'électricité, qui paraissent désormais inévitables.
L'équipe de Mme Merkel est enfin restée vague sur un sujet fort impopulaire : si l'Allemagne enterre le nucléaire, elle se refuse jusqu'ici à trouver un site d'enfouissement définitif de ses déchets radioactifs.
(Source : AFP)
Le gouvernement allemand a adopté hier un projet de loi pour relever le défi sans précédent de renoncer à l'énergie nucléaire en dix ans sans entraver l'une des économies les plus compétitives au monde ni plomber son bilan carbone.« C'est un tournant dans le développement économique et social de notre pays », a affirmé le ministre de l'Environnement Norbert Röttgen...

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