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Liban - Santé

Pour la journée mondiale sans tabac, cigarettes proscrites à Gemmayzé

À l'initiative de quatre associations de jeunes du Rotary Club libanais, une quarantaine de bars et restaurants de Gemmayzé ont décidé d'interdire, le temps d'une soirée, le tabac dans leurs locaux, à l'occasion de la Journée mondiale sans tabac.

Les membres du Rotaract Club, dont Joëlle Yazbeck (à droite) et Pascale Geala (à gauche), se sont équipés de masques à oxygène avant de faire la tournée des restaurants.

Pas de volutes blanches, de cendriers remplis de mégots et de cette odeur âcre qui traîne habituellement derrière les comptoirs. Mardi soir, à Gemmayzé, quarante bars ont décidé de proscrire cigarettes et narguilés de leurs établissements. La date n'est pas choisie au hasard : c'est celle proclamée par l'Organisation mondiale de la santé, Journée mondiale sans tabac.
À la genèse de cette expérience à Beyrouth, la troisième depuis 2009, un regroupement de quatre Rotaract Club, les sections jeunesse du Rotary Club. Les membres des associations de Beyrouth, Sahel-Metn, Beyrouth Metropolitan et Beyrouth Cosmopolitan, âgés de 18 à 30 ans, se sont unis pour qu'au moins, un soir par an, les non-fumeurs puissent jouir des plaisirs de la rue Gouraud sans être importunés par la fumée des cigarettes.
Joëlle Yazbeck est la présidente du Rotaract de Sahel-Metn. À 20 heures, elle a rejoint ses amis à Gemmayzé, habillée d'un T-shirt à l'effigie de son club et d'un masque à oxygène. Répartis en petits groupes, les membres vont faire le tour des bars et restaurants qui participent à l'initiative, vérifier que le partenariat est bien respecté et s'enquérir de la satisfaction des clients. Elle-même fumeuse occasionnelle, Joëlle explique : « Je considère que même en tant que fumeuse, je ne dois pas faire courir un risque à la santé des autres. Si je veux fumer, je dois sortir de l'endroit où je me trouve. »
Son groupe saute de bars en restaurants. À l'entrée de ceux qui acceptent de jouer le jeu se trouve placardée l'affiche du Rotaract. Au snack « Le Chef », l'un des plus courus de la rue Gouraud, le patron accueille les clients avec un large sourire. Dans la salle, pas une cigarette : l'opération est un succès. « En entrant, je me suis demandée pourquoi personne ne fumait, glisse l'une des clientes, Julie, non fumeuse. Je ne savais pas qu'il y avait une Journée mondiale sans tabac, et je dois reconnaître que c'est plus agréable de manger au restaurant sans cigarette ! » Au « Black Ice », un bar voisin, on a choisi à l'inverse d'accueillir les fumeurs. « Vous comprenez, se justifie Simon, le patron, nous avons peu de clients en ce moment. Si en plus nous leur interdisons la cigarette, nous allons les faire fuir. »

Une loi pour l'interdiction du tabac dans les lieux publics
Sur le trottoir d'en face, Vincent est sorti fumer une cigarette : « Pour la santé publique, c'est mieux. Encore faudrait-il équiper les rues, y mettre des cendriers, pour éviter les amoncellements de mégots, par exemple.» Lorsqu'on évoque avec lui la possibilité d'une loi interdisant la cigarette dans les lieux publics, Vincent fait la moue : « Je ne crois pas que les Libanais seront favorables à cette mesure. Et puis comment la faire respecter ? Les autres lois sont si souvent bafouées. »
« Regardez le port du casque à moto, renchérit Julie, il est pourtant obligatoire. Et pourtant, peu de gens le portent. »
La loi pour l'interdiction du tabac dans les lieux publics, c'est l'autre combat des jeunes du Rotaract Club. « Au Liban, il existe dans beaucoup d'endroits publics des zones interdites aux fumeurs, mais elles ne sont pas séparées des zones fumeurs par un mur, explique Pascale Geala, secrétaire du Rotaract de Sahel-Metn. Les statistiques de l'OMS montrent que lorsque quelqu'un allume une cigarette dans la zone fumeurs, la pollution aérienne est la même dans les deux espaces au bout de huit minutes. Et lorsqu'un non-fumeur passe deux heures entouré de fumeurs, il a inhalé l'équivalent de quatre cigarettes. » « Cette loi est combattue sans relâche par les "cigarettiers", qui bloquent toute négociation au Parlement », poursuit Joëlle Yazbeck. Lorsqu'on lui demande si les Libanais seraient favorables à une telle loi, la jeune femme hésite avant de s'en sortir par une cabriole : « 60 % des libanais sont non fumeurs, c'est une large majorité ! »
Pas de volutes blanches, de cendriers remplis de mégots et de cette odeur âcre qui traîne habituellement derrière les comptoirs. Mardi soir, à Gemmayzé, quarante bars ont décidé de proscrire cigarettes et narguilés de leurs établissements. La date n'est pas choisie au hasard : c'est celle proclamée par l'Organisation mondiale de la santé, Journée mondiale sans tabac.À la genèse de cette expérience à Beyrouth, la troisième depuis 2009, un regroupement de quatre Rotaract Club, les sections jeunesse du Rotary Club. Les membres des associations de Beyrouth, Sahel-Metn, Beyrouth Metropolitan et Beyrouth Cosmopolitan, âgés de 18 à 30 ans, se sont unis pour qu'au moins, un soir par an, les non-fumeurs puissent jouir des plaisirs de la rue Gouraud sans être importunés par la fumée des cigarettes.Joëlle Yazbeck est la...
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