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Nos lecteurs ont la parole

Le rôle qui attend le 14 Mars

Par Brian BRAHIM
Il y a quelques semaines, M. Nadim Gemayel a déclaré dans une interview à L'Orient-Le Jour: «Nul ne pourra disloquer les rangs du 14 Mars, car le 14 Mars constitue un front uni et solidaire, chaque décision étant prise à l'unanimité.»
Peut-être est-ce vrai de ce qui reste du 14 Mars. Et je l'espère bien, car il faudrait qu'il en reste quelques-uns, à part les membres du Courant du futur. Si je ne me trompe pas, c'est le départ du maître du Chouf qui, en quelque sorte, a aidé à la chute du gouvernement. Avant lui, nous avons vu le général partir vers le 8 Mars. Les raisons de leurs départs étaient certainement différentes, ou peut-être pas celles déclarées. N'empêche, ils n'y sont plus et le 14 Mars ne constitue plus la majorité pour parer à toute tentative de l'autre camp de «maintenir le pays sans gouvernement et par la suite augmenter leur liberté de mouvement», comme le dit M. Gemayel.
Si les accusations de corruption et d'abus d'autorité portées contre les gouvernements Hariri et Siniora sont vraies - et il n'y a pas de fumée sans feu -, n'est-il pas temps, même s'il est un peu tard, de montrer que le 14 Mars prend aux sérieux ces allégations et voudrait remédier à une telle situation par des actions concrètes et spécifiques.
La seule fois où je me suis trouvé en présence d'un politicien, j'ai eu le plaisir d'écouter un député et ministre endurci raconter comment l'ancien Premier ministre Rafic Hariri l'emmenait en tournée dans sa voiture pour lui montrer, semaine après semaine, le progrès des grands projets de Beyrouth (Ouest). Et lui de noter: «Il faudrait bien inclure Beyrouth-Est. Vous serez accusé de favoritisme, sinon!»
Il faut rappeler que la générosité haririenne ne s'était pas limitée aux sunnites, même si les objectifs étaient plutôt politiques. On ne peut questionner les philanthropes sur leurs choix. Mais quand il s'agit de gérer les institutions de l'État, la question est totalement différente et le laisser-faire serait impardonnable.
Le pouvoir corrompt, dit-on. Nulle part peut-être cela n'est aussi vrai qu'au Proche-Orient, au Moyen-Orient, en Afrique et dans pas mal de pays de l'Asie. Suis-je assez naïf pour croire qu'avec le 8 Mars au pouvoir, il n'y aura plus d'excès? Ne s'est-il pas déjà rendu responsable de nombre d'excès avant même d'être majoritaire et sans former un gouvernement?
Le 14 Mars a trouvé sa raison d'être après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. C'est plus une réaction et une expression d'indignation qui a permis le rassemblement ayant donné son nom au mouvement. Malheureusement, il a fallu un acte aussi odieux qu'un crime pour créer une union que les Libanais loyalistes avaient toujours espéré sans jamais pouvoir ou vouloir la concrétiser. On l'avait crue solide, cette union, jusqu'au retour du général de son exil. Pourtant qui aurait cru qu'un tel revirement aurait été possible? Il paraît qu'en politique, les principes ne tiennent pas toujours debout.
En contrepartie, le 8 Mars est fondé sur un noyau hezbollahi qui s'était développé méthodiquement et organiquement sous la bienveillante égide iranienne, avec des objectifs bien définis, bien que ne concordant pas avec l'intérêt d'un Liban indépendant et souverain. Après plus de vingt ans, le voici établi avec une structure qui menace les institutions étatiques.
Avec la stagnation politique due à des raisons internes mais aussi externes, comme c'est toujours le cas, des questions se posent. Quelle serait la valeur d'un front uni comprenant le 14 et le 8 Mars? Comment le premier pourrait-il se montrer plus efficace et consolider sa position sur le terrain en transcendant la phase des slogans et des déclarations qui restent, même valables, sans suivi? Pourquoi d'autres blocs parlementaires et des députés indépendants se sont-ils ralliés au CPL? Pourquoi le 8 Mars remporte-t-il plus de succès aux élections syndicales et des ordres des ingénieurs et des médecins? Où est le plan d'action du 14 Mars qui permettrait de rassembler une majorité solide?
À lire la dernière sortie de Walid Joumblatt contre ses nouveaux alliés qui ne prennent en considération que leurs propres intérêts et non ceux du pays, ne faut-il pas saisir cette opportunité et démontrer concrètement que l'autre camp dispose d'un plan pour le bien du peuple, tout le peuple, et se tient prêt à rendre compte des résultats qu'il pourrait obtenir?
Le Liban a plus que jamais besoin d'un 14 Mars. Un 14 Mars uni, fort, visionnaire, avec un plan d'action pour sauver le Liban et une exécution irréprochable.
Il y a quelques semaines, M. Nadim Gemayel a déclaré dans une interview à L'Orient-Le Jour: «Nul ne pourra disloquer les rangs du 14 Mars, car le 14 Mars constitue un front uni et solidaire, chaque décision étant prise à l'unanimité.» Peut-être est-ce vrai de ce qui reste du 14 Mars. Et je l'espère bien, car il faudrait qu'il en reste quelques-uns, à part les membres du Courant du futur. Si je ne me trompe pas, c'est le départ du maître du Chouf qui, en quelque sorte, a aidé à la chute du gouvernement. Avant lui, nous avons vu le général partir vers le 8 Mars. Les raisons de leurs départs étaient certainement différentes, ou peut-être pas celles déclarées. N'empêche, ils n'y sont plus et le 14 Mars ne constitue plus la majorité pour parer à toute tentative de l'autre camp de «maintenir le pays sans...
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