Bien sûr, j'ai pris soin de consulter leur site et d'imprimer péniblement des formulaires dont il faut « deviner » l'existence. Bien sûr aussi, j'ai religieusement rempli toutes les informations requises (même celles qui sont saugrenues, même aussi celles qu'il est impossible de caser dans l'espace réservé à cet effet) et fait les photos aux dimensions exactes, dégageant les oreilles et sur lesquelles il est interdit de sourire.
Je n'énumérerai pas toutes les étapes de mon odyssée, ce serait cruel et ennuyeux. Mais il est bon de préciser qu'il faut compter trois bonnes heures pour chaque visite, entre la file à la porte, les vociférations des cerbères qui nous annoncent que c'est à eux de décider quand il sera 9h - bien que nos montres affichent 9h30 - et l'attente interminable à l'intérieur.
Pour la faire courte, ce n'est qu'au bout de la quatrième visite que mon dossier est enfin en règle. Outre le fait qu'il est impératif d'être un pro dans la manipulation de l'Internet et dans le décryptage d'une tonne d'informations jetées en vrac sur le site, il faut aussi avoir la chance de tomber sur la bonne version de chaque document, car ces messieurs ont eu des ennuis sur leur site et y ont publié un formulaire périmé pendant quelques jours. Évidemment, ce n'est pas leur problème, c'est à nous de tout recommencer. Et si votre portable et vos clés ont été rangés dans un casier qui ne correspond pas à la clé qui vous a été remise, ce n'est pas leur problème non plus, attendez que tout le monde sorte du consulat et on finira bien par retrouver vos affaires.
Les deux dernières visites devaient normalement être les plus faciles et les plus courtes puisqu'il s'agissait de déposer enfin le passeport puis de le récupérer dans l'après-midi. Mais il y avait un monde fou et les délais d'attente étaient doublement plus longs. Certains chuchotaient que les employés du consulat ont oublié que la veille était un jour chômé au Canada et ont donc décalé tous les rendez-vous jusqu'au lendemain. L'étape finale a donc été cauchemardesque.
Cher Canada, pays refuge et pays de l'espoir, oui, les Libanais vous ont causé beaucoup de problèmes, oui ils sont indisciplinés et fraudeurs, mais ne devriez-vous pas, justement et pour toutes ces raisons, donner l'exemple en termes de rigueur, de professionnalisme et d'organisation ? Savez-vous à quel point on se sent impuissant, insulté, frustré et avili face à ces épreuves ? De grâce, soyez plus clairs dans vos exigences, plus précis dans vos horaires et, par la même occasion, revoyez les affiches sur vos portes portant les numéros 1, 2 et 3 (que j'ai eu le loisir de relire mille fois), la version française est truffée de fautes d'orthographe.
Sans rancune.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef