Par ailleurs, la rencontre de solidarité avec le peuple syrien, qui devait se dérouler la semaine dernière à l'hôtel Le Bristol et qui avait été annulée par la direction de l'hôtel à la suite de pressions et de menaces de certains partis politiques prosyriens, se tiendra en principe cet après-midi, à 16h, à Sin el-Fil, en face du Beirut Art Lounge, dans les locaux qui abritaient précédemment - et qui n'ont plus rien à avoir aujourd'hui avec - l'association Arcenciel.
L'association Arcenciel a d'ailleurs précisé, dans un communiqué hier, qu'elle n'a absolument aucun lien avec cet événement et que l'adresse communiquée par les organisateurs n'a absolument rien à voir avec l'ONG. « Arcenciel demande la rectification de cette adresse », a noté le communiqué, rappelant que « sa mission dans le travail social et le développement durable se fait depuis plus de 25 ans de façon apolitique et non confessionnelle ». Les organisateurs de la rencontre avaient noté dans leur appel que cette dernière aurait lieu dans « les anciens locaux qui abritaient l'association Arcenciel ».
En soirée, à l'antenne de la MTV, l'un des organisateurs de l'événement, Saleh Machnouk, a précisé que c'est partant « d'un élan de solidarité humanitaire » et d'une « position d'éthique » que les organisateurs - un groupe de personnalités de la société civile et d'intellectuels - ont décidé de tenir cette réunion. Il a également défendu la thèse selon laquelle l'indépendance, la sécurité, la stabilité et la démocratie au Liban ne sont possibles que si un régime démocratique et respectueux des libertés publiques se met en place en Syrie, défendant la nécessité d'une relation en profondeur non pas entre les deux régimes, mais entre les deux peuples. M. Machnouk s'est immédiatement attiré une réponse d'un membre du parti Baas syrien, Omran Zohbi, qui a implicitement accusé le Courant du futur, par le biais de M. Machnouk (fils du député Nohad Machnouk), d'être à l'origine de « transferts d'armes » en Syrie qui seraient à l'origine des événements. Pour sa part, Gebran Araïgi, l'un des pôles du Parti syrien national social, a estimé, en réponse à M. Machnouk, que « l'État libanais devrait assumer toutes ses responsabilités pour assurer la stabilité au Liban » et, partant, empêcher toute « provocation » contre la Syrie - mais il a refusé de se prononcer ouvertement et directement pour l'interdiction de la rencontre, maintenant le flou dans sa position.
Hier, trois rassemblements, deux prorégime syrien - l'un des partis du 8 Mars et l'autre de travailleurs syriens, qui ont cependant tenu à rester autonomes - et l'autre propeuple syrien se sont fait face rue Hamra, près de la Banque du Liban, séparés par un cordon de sécurité de l'armée.


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