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Économie - Liban - Conjoncture

Le Liban a manqué une opportunité, déplore la Bank Audi

Si les conditions politiques sur le plan local étaient favorables, le Liban aurait attiré les touristes et les capitaux fuyant les eaux troubles, et profité ainsi du bouleversement régional au lieu d'en pâtir. Tel est en substance le bilan dressé par la Bank Audi pour les trois premiers mois de l'année en cours.
Dans son premier rapport trimestriel pour l'année 2011, la Bank Audi a dressé un bilan négatif de la situation économique au Liban, en raison notamment des tiraillements politiques sur le plan local et des troubles régionaux. L'étude a souligné que bien que le Liban ne partage pas les caractéristiques politiques et économiques qui ont provoqué les soulèvements dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le pays n'est pas entièrement à l'abri des effets indirects de ces tensions, notamment en matière de ralentissement des flux de personnes, de marchandises et de capitaux. De plus, selon le rapport, le Liban n'a pas été en position de tirer profit de la situation régionale, comme cela avait été le cas durant la crise financière internationale de 2008, en raison de la détérioration des conditions politiques sur le plan local.
Dans ce contexte économique morose, le rapport indique que l'indicateur synthétique de la BDL a enregistré un recul de 0,5 % au cours du premier trimestre de l'année, après avoir enregistré une croissance de 18,1 % au cours de la même période de 2010.
Au niveau sectoriel, le rapport a en outre souligné la détérioration des principaux indicateurs au cours du premier trimestre de l'année. Sur le plan du secteur immobilier, les permis de construire ont en effet diminué de 2,6 % fin mars tandis que les livraisons de ciment se sont contractées de 6,7 % et le nombre de ventes immobilières a chuté de 21,2 %, a rappelé le rapport.
À cet égard, la Bank Audi a souligné que le secteur de l'immobilier a été particulièrement affecté par la mauvaise situation politique. Cette dernière a en effet entraîné une baisse de la demande des non-résidents libanais, a-t-elle précisé.
En parallèle, et au niveau de l'activité du port et de l'aéroport, le rapport a indiqué que le volume des marchandises au port a baissé de 0,8 %, tandis que le nombre de passagers à l'aéroport a diminué de 5,1 %. Quant au nombre de touristes, il a chuté de 13,4 %, comparé à la même période de l'an dernier, a ajouté la Bank Audi.
Au niveau du secteur externe, le rapport a mis l'accent sur le creusement du déficit commercial au premier trimestre de l'année, dû notamment à une régression des exportations (-7,2 %), et une hausse de 4,4 % des importations. Le déficit commercial du pays a été accompagné d'une baisse des flux financiers intrants, qui ont atteint 3,2 milliards de dollars au cours du premier trimestre de 2011 (en baisse de 25,6 % comparé à la même période de l'an dernier), entraînant ainsi un déficit de la balance des paiements de 399 millions de dollars, a ajouté le rapport.
« Les investissements directs étrangers ont connu un déclin au Liban au cours du premier trimestre de l'année. L'Autorité pour le développement des investissements au Liban (IDAL), à travers laquelle plusieurs projets d'investissement étrangers au Liban sont traités, a indiqué avoir reçu uniquement deux projets d'investissement étrangers fin mars, contre neuf projets au cours de la même période de l'an dernier », a précisé le rapport.
L'étude a en outre mis en garde contre un creusement du déficit de la balance courante, qui serait dû à un ralentissement des moteurs de croissance externes ainsi qu'un tassement de la demande locale.
Sur le plan monétaire, la Bank Audi a notamment évoqué dans son rapport les conversions massives de la livre vers les devises étrangères, le léger déclin des réserves de la BDL et la contraction de la masse monétaire en livres.

Résilience de l'activité bancaire
Quant à l'activité du secteur bancaire, qui est mesurée par le total des actifs des banques opérant au Liban, elle a affiché une croissance positive de 2,8 % au cours du premier trimestre de l'année tandis que les dépôts de la clientèle ont progressé de 941 millions de dollars au cours du premier trimestre, a rappelé le rapport.
« La résilience de l'activité d'emprunt s'est avérée importante au cours du premier trimestre, dans un contexte d'excès de liquidités. Les crédits octroyés par les banques libanaises ont ainsi enregistré une progression de 4,3 %, qui est toutefois inférieure à celle observée au cours de la même période de l'an dernier », a précisé en outre le rapport.
En conclusion, la Bank Audi a déploré le fait que le Liban n'ait pas réussi à profiter des troubles régionaux en raison de l'instabilité politique sur le plan local. « Le pays n'a pas attiré les touristes régionaux, qui ont renoncé à visiter l'Afrique du Nord cette année, ni les flux financiers fuyant certains pays pris dans la spirale (...) Ces capitaux ont notamment été orientés vers les marchés européens », a indiqué à cet égard le rapport.
La Bank Audi a toutefois conclu sur une note plutôt positive, précisant que les tensions à l'échelle locale et régionale n'étaient pas encore préoccupantes. « Il s'agit d'un ralentissement mais pas encore de pressions financières et monétaires inquiétantes », a tenu à souligner le rapport. Cela est dû au fait que les événements dans la région sont survenus à une période où les conditions économiques locales étaient à leurs meilleurs niveaux de l'histoire contemporaine du Liban, a souligné le rapport.
Dans son premier rapport trimestriel pour l'année 2011, la Bank Audi a dressé un bilan négatif de la situation économique au Liban, en raison notamment des tiraillements politiques sur le plan local et des troubles régionaux. L'étude a souligné que bien que le Liban ne partage pas les caractéristiques politiques et économiques qui ont provoqué les soulèvements dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, le pays n'est pas entièrement à l'abri des effets indirects de ces tensions, notamment en matière de ralentissement des flux de personnes, de marchandises et de capitaux. De plus, selon le rapport, le Liban n'a pas été en position de tirer profit de la situation régionale, comme cela avait été le cas durant la crise financière internationale de 2008, en raison de la détérioration des conditions...
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