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Liban

Feltman : Un régime démocratique en Syrie sert l’intérêt du Liban

M. Feltman s’entretenant avec le chef de l’État. Photo Dalati et Nohra

Comme on pouvait s'y attendre, c'est un message calqué sur le discours du président américain, Barack Obama, qu'a transmis hier le secrétaire d'État adjoint US aux Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, en visite au Liban pour trois jours.
M. Feltman s'est entretenu avec le chef de l'État, Michel Sleiman, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, le leader druze Walid Joumblatt et l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora. Le chef du Parlement, Nabih Berry, s'est fait porter absent lorsque le responsable US a exprimé sa volonté de le rencontrer. M. Feltman a bien reçu le message, notamment lorsqu'il a appris que M. Berry se trouvait effectivement chez lui à Aïn el-Tiné où il recevait le ministre adjoint iranien des Affaires étrangères, Mohammad Rida Chibani.
M. Feltman, qui n'a fait aucune déclaration à l'issue de ses entretiens avec les responsables libanais, a cependant exprimé la position de son gouvernement par le biais d'un communiqué publié par l'ambassade US au Liban, qui précise que le but de la visite du responsable américain au Liban est d'expliquer à ses interlocuteurs libanais la nouvelle politique US dans la région à la lumière des changements qui ont actuellement lieu.
Au sujet du Liban, M. Feltman a affirmé que la communauté internationale évaluera sa relation avec le pays du Cèdre « sur la base de la composition du prochain gouvernement, de la déclaration ministérielle ainsi que des mesures que prendra la nouvelle équipe, notamment en ce qui concerne le Tribunal spécial pour le Liban et les autres engagements internationaux du Liban ». Le responsable américain a réitéré l'idée que les États-Unis estiment que la composition du gouvernement « est une décision exclusivement libanaise », invitant toutes les parties en présence à préserver le processus de mise en place du nouveau gouvernement « de toute ingérence extérieure ».
Dans un entretien accordé à la LBC, le responsable américain, qui a indiqué que les États-Unis « ne portent aucun jugement préalable sur le gouvernement libanais », a insisté sur le fait que son pays reste « en dehors du processus de formation du gouvernement ». « Il est important que les Libanais comprennent ce à quoi nous nous attendons de la part de ce gouvernement et quelles sont les mesures que nous espérons le voir prendre dès sa mise en place », a-t-il dit.
Évoquant la situation en Syrie, il a relevé qu'« il y va de l'intérêt du Liban et de la région qu'il y ait en Syrie un gouvernement qui respecte la démocratie, les droits de l'homme et la souveraineté du Liban ». « Je ne peux pas dire qu'un tel État démocratique verra le jour dès demain en Syrie », a enchaîné M. Feltman, soulignant que le meilleur moyen de préserver la stabilité au Liban et de lui épargner toute répercussion « est de voir les réformes entamées en Syrie ».
Le communiqué de l'ambassade précise en outre que le responsable américain a exprimé ses craintes par rapport aux incidents qui se sont produits le 15 mai à la frontière du Liban-Sud, insistant sur l'importance de préserver la sécurité sur l'ensemble des frontières libanaises afin d'empêcher les troubles qui, a-t-il dit, peuvent accroître les tensions qui risquent de se répercuter négativement sur la région.
À ce propos, M. Feltman, qui a dit regretter de voir des victimes tomber en Syrie, a indiqué à la LBC qu'« il est important de cesser l'exploitation des sentiments du peuple palestinien pour faire dévier l'attention de ce qui se passe en Syrie ».
Le responsable américain a fait part de la crainte des États-Unis concernant la violence en Syrie, condamnant la persistance des autorités syriennes à recourir « à la violence et à la terreur contre le peuple syrien ». Il a appelé le régime de Damas à mettre fin aux violations des droits de l'homme et à la violence exercée contre des civils qui cherchent à exprimer leurs aspirations politiques. Il a également exprimé ses inquiétudes suite à des rapports portant sur un afflux de réfugiés civils syriens au Liban, exhortant le gouvernement libanais à œuvrer de pair avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et autres organisations internationales, dont la Croix-Rouge, afin d'assurer la protection de citoyens syriens qui fuient la violence dans leur pays.
Selon notre correspondante à Baabda, Hoda Chedid, la question de la formation du gouvernement n'a pas été évoquée lors la rencontre entre M. Feltman et le chef de l'État. L'entretien a été principalement axé sur la position actuelle de l'administration US par rapport aux derniers développements dans la région. Les deux hommes ont abordé la situation en Syrie, M. Felman ayant indiqué que les États-Unis soutiennent les réformes dans ce pays qu'ils espèrent voir entamées, de préférence par le régime de Bachar el-Assad, ou sans lui.
Devant ses visiteurs, M. Feltman a d'ailleurs résumé la position de son gouvernement par rapport aux aspirations démocratiques dans la région. Il a rappelé les principes de base que soutient l'administration US, notamment son opposition au recours à la violence et à la répression, la protection des droits fondamentaux internationalement reconnus, tels que la liberté d'expression, les rassemblements pacifiques, la liberté de croyance, l'égalité entre l'homme et la femme ainsi que la nécessité d'apporter le soutien nécessaire en vue d'un changement politique et économique au Proche-Orient et en Afrique du Nord, « susceptible de répondre aux aspirations légitimes des peuples de la région ».
Les réactions à la visite du responsable américain ne se sont pas fait attendre. Parmi les premiers commentaires, celui de l'ambassadeur syrien au Liban, Ali Badel Karim Ali, qui a déclaré, à l'issue de sa rencontre avec M. Berry : « M. Feltman n'est pas un nouveau venu au Liban. Il a l'habitude de s'immiscer (dans les affaires internes libanaises) en étant aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. Ce qui a été publié par WikiLeaks est une preuve de ce que font M. Feltman et l'administration américaine. »
Le chef du Parti démocratique, Talal Arslane, a publié pour sa part un communiqué dans lequel il affirme que le « parrain de la discorde et de la division est de nouveau en visite au Liban ».
Le membre du mouvement Amal, Khalil Hamdane, a estimé de son côté que la visite du responsable américain « est porteuse de nouvelles injonctions susceptibles de saboter toute formule d'entente », précisant qu'il y va de l'intérêt des États-Unis et d'Israël de perpétuer l'instabilité dans la région.
Comme on pouvait s'y attendre, c'est un message calqué sur le discours du président américain, Barack Obama, qu'a transmis hier le secrétaire d'État adjoint US aux Affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, en visite au Liban pour trois jours.M. Feltman s'est entretenu avec le chef de l'État, Michel Sleiman, le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, le leader druze Walid Joumblatt et l'ancien Premier ministre, Fouad Siniora. Le chef du Parlement, Nabih Berry, s'est fait porter absent lorsque le responsable US a exprimé sa volonté de le rencontrer. M. Feltman a bien reçu le message, notamment lorsqu'il a appris que M. Berry se trouvait effectivement chez lui à Aïn el-Tiné où il recevait le ministre adjoint iranien des Affaires étrangères, Mohammad Rida Chibani. M. Feltman, qui n'a fait aucune déclaration à l'issue de...
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