Par sa présence envahit les passages.
Pauvre citoyen dans son bolide bloqué,
Par son bourreau se rend à l'esclavage...
Dans Beyrouth, chaque coin et recoin est devenu propriété privée, à la merci du gourou qui s'avance pour vous interdire tout stationnement si ce n'est par son
entremise.
Sacoche en bandoulière, les poings scotchés au fond de mes poches, je descends de ma voiture bien garée sur le rebord d'une route loin de tout commerce, restaurants ou endroits jalousement gardés par les mentors en charge. Je ne ressens aucun scrupule et me soucie encore moins du regard torve que me jette ce valet parking qui, dans son costume de rigueur et bottes qui résonnaient sur l'asphalte comme sur un tambourin espagnol, m'emboîte le pas pour me lancer, rageur : « Madame ! Vous ne pouvez pas vous garer là », ragaillardi par l'absence de réaction et lobotomisé par ma surdité soudaine, il tente une approche de la dernière audace, prenant le ton adéquat pour, croit-il, m'intimider, m'arrosant de quelques métaphores pas toutes puisées dans l'œuvre de Shakespeare ou celle de Molière. À son accent, je comprends que l'ouragan venait bien de chez nous.
Le cerbère des lieux ajoute : « Et si un ministre venait par là, il faudrait bien que tout le passage soit vide ! »
Tétanisée par cette dernière remarque, j'esquisse un sourire béat aux commissures de mes lèvres, lord Brett Sinclair himself n'aurait pas tenté pareille approche.
Ce qui me chagrina le plus, ce n'était pas tant sa réaction épidermique, mais plutôt cet irrespect pour le commun des mortels que je représentais si bien. Mais autant le dire, ce jour-là, l'insulte n'eut pas la moindre chance de
m'atteindre.
La dernière image que je garde de cet incident est celle d'une ombre transcendée par un public de connaisseurs, la scène se déroulant sous l'oeil averti de quelques turfistes tous acquis à sa cause... La bonne cause, bien entendu !
Et que voulez-vous, je ne peux que dire : sortis de l'école sans gloire, les valets parking sont entrés dans la vie avec fracas.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef