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Liban - Gouvernement

Certains veulent régler d’anciens comptes ..., accusent les proches de Mikati

On le disait déprimé, las et pratiquement désespéré de pouvoir former un gouvernement, mais, selon ses visiteurs, le Premier ministre désigné Nagib Mikati est égal à lui-même et fidèle à ses objectifs de base, ceux-là mêmes qui l'ont poussé en janvier dernier à déclarer officiellement qu'il est prêt à assumer la responsabilité de la fonction de Premier ministre.
Les visiteurs de Mikati rappellent à cet égard qu'en janvier, après la décision du 8 Mars de faire chuter le gouvernement d'union nationale et face à la crise qui risquait de prendre de grandes proportions et de constituer une menace pour la paix civile et pour la stabilité, sur fond de discorde entre sunnites et chiites, il a annoncé sa candidature. Le 8 Mars l'a accueillie favorablement et c'est ainsi qu'il a été désigné par une majorité de députés. Mikati avait alors considéré qu'il fallait faire quelque chose pour empêcher une aggravation de la crise et il estimait qu'il fallait former un gouvernement qui constituerait une valeur ajoutée de nature à consolider la paix civile et à enrayer la crise économique. C'est donc dans cet esprit qu'il a choisi d'assumer cette fonction. En même temps, ajoutent ses visiteurs, il voulait - et veut toujours - un gouvernement qui puisse gouverner et assumer pleinement ses responsabilités. Il est aussi convaincu que le Liban ne peut être gouverné par un seul camp. C'est pourquoi il a essayé depuis sa désignation de faire participer autant de forces que possible au gouvernement qu'il compte former. Et lorsque le 14 Mars a annoncé officiellement son refus d'y participer, il a poursuivi ses contacts pour intégrer des personnes centristes, estimant qu'il existe des compétences dans tous les camps dont il faut profiter et faire profiter le Liban.
À ceux qui expriment leur déception face à la lenteur du processus de formation du gouvernement, surtout en comparaison avec le premier gouvernement qu'il avait présidé en 2005 et qui avait été formé avec l'aval de toutes les parties internes et externes, les visiteurs de Mikati précisent que les deux contextes sont différents et Mikati le savait parfaitement lorsqu'il a choisi d'annoncer sa candidature. Ils démentent ainsi les informations sur un prétendu feu vert syrien et saoudien, qui aurait été retiré depuis, après le déclenchement des manifestations à Bahreïn et en Syrie. Les proches de Mikati insistent sur le fait que ce dernier n'a pas d'agenda personnel et qu'il n'a d'autre souci que d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés au départ. Mais les proches ajoutent que Mikati est convaincu que le Liban ne peut assumer de mauvaises relations avec un pays quel qu'il soit, excepté Israël. Il estime aussi que le Liban ne peut être dans un axe et il ne comprend pas comment on peut parler de relations entre un individu et un État, ajoutant que même s'il a des intérêts importants, ils ne sont pas plus importants à ses yeux que ceux du Liban.
Concernant le processus gouvernemental, les proches de Mikati affirment que la Constitution fixe une feuille de route à laquelle il tente de se conformer en coopération avec le président de la République.
Tout en assurant que celui-ci formera le gouvernement un jour ou l'autre, les proches du Premier ministre désigné déclarent que ce qui bloque surtout, c'est un état d'esprit qui se résume comme suit : c'est moi ou personne d'autre. Sans le nommer directement, ils font ainsi allusion au général Michel Aoun dont ils considèrent que les critiques à l'égard de Mikati sont injustifiées et injustes.
Tout en assurant que Mikati ne se laissera pas entraîner dans des polémiques et que ceux qui le critiquent misent essentiellement sur sa courtoisie et sa moralité, les visiteurs du Premier ministre affirment qu'il préfère agir plutôt que parler, convaincu que c'est cela l'attitude la plus sage actuellement. Mais à ceux qui lui reprochent justement de ne pas agir, ils rétorquent que le blocage ne vient pas de lui et qu'il estime que le pays ne supporte pas tout le bruit et la clameur politicienne. Les visiteurs affirment qu'il évoque ainsi les déclarations récentes l'appelant à former un gouvernement de technocrates, en rappelant que c'était ce qu'il voulait. Mais il faut être réaliste, les ministres technocrates ont besoin d'une couverture politique pour pouvoir agir... De même, Mikati répond à ceux qui lui suggèrent de présenter sa formule, même si elle n'obtient pas la confiance du Parlement, en se demandant à quoi cela servirait d'ajouter un nouveau problème à ceux qui existent déjà ?
Les proches de Mikati affirment que ce dernier est convaincu que le blocage est interne. Et à la question de savoir s'il serait possible que les Américains et les Syriens s'entendent finalement pour un retour de Saad Hariri ou de Fouad Siniora à la tête du gouvernement, ils répondent que si cela pouvait servir les intérêts du pays et aboutir à un gouvernement efficace, ce dernier serait prêt à se retirer. Mais ils ajoutent que Mikati ne croit pas à une telle hypothèse, d'autant que la situation régionale est encore très floue. Selon eux, les ambassadeurs ne cherchent jamais clairement à exercer des pressions et le communiqué publié après leurs entretiens avec lui sont rarement conformes au contenu de leurs discussions. Enfin, Mikati ne cesse de répéter que le blocage est interne et, plus précisément, il viendrait essentiellement du général Aoun. « Demain, ajoutent ses proches, le gouvernement sera formé et on verra qui était en train de bloquer. » Selon eux, le plus lésé du retard dans la formation, c'est Mikati lui-même, car son crédit personnel est en train d'être entamé, mais c'est quand même préférable, à ses yeux, que de laisser la situation s'envenimer sans agir. Quant à affirmer que s'il finit par se désister, il sera considéré comme un héros sunnite et cela lui suffirait, ils réfutent une telle affirmation. Certes, disent-ils, Mikati est sunnite et il a à cœur les intérêts de sa communauté, mais il est également centriste et tout cela ceux qui l'ont choisi le savaient dès le départ. D'ailleurs, il est convaincu qu'il n'existe pas d'animosité ou d'alliance définitive en politique. C'est pourquoi il est centriste et il ne compte pas brader les droits des sunnites. Il est d'ailleurs convaincu que si la Constitution a choisi de donner le poste de PM à un sunnite, c'est bien parce que cette communauté est suffisamment nationale pour absorber toutes les composantes de la société libanaise. Ses proches ajoutent que les autres parlent bien en tant que chrétiens ou druzes par exemple, pourquoi dans ce cas lui serait-il interdit de parler en tant que sunnite ? Malgré cela, Mikati, estiment ses proches, tient toujours un langage national...
Le véritable problème reposerait donc sur le rôle de chacun au sein du futur gouvernement. Certaines parties voudraient un président et un PM avec des rôles marginaux et en même temps, elles veulent régler d'anciens comptes et en anticiper d'autres. En clair, certaines parties veulent récompenser des alliés pour des positions anciennes et d'autres veulent s'assurer à l'avance un contexte favorable en vue d'échéances futures. Pour être encore plus précis : Aoun aurait ainsi en quelque sorte « grillé » le candidat au ministère de l'Intérieur en divulguant son nom et en affirmant que le choix vient de lui, avant de réclamer de nouveau cinq maronites sur six, alors que c'est lui qui a choisi le ministre de l'Intérieur. Tout comme il est revenu sur un précédent accord qui lui donnait huit portefeuilles et deux ministères d'État, en réclamant désormais neuf maroquins.
Mais en dépit de ces obstacles anciens et nouveaux, les visiteurs de Mikati assurent qu'il formera un gouvernement et que ce qu'on n'a pas pu lui prendre en gros ne sera pas pris en détail. Enfin, ils ajoutent que Mikati a fixé un plafond au-dessous duquel aucun autre PM ne pourra descendre...
Les visiteurs de Mikati rappellent à cet égard qu'en janvier, après la décision du 8 Mars de faire chuter le gouvernement d'union nationale et face à la crise qui risquait de prendre de grandes proportions et de constituer une menace pour la paix civile et pour la stabilité, sur fond de discorde entre sunnites et chiites, il a annoncé sa candidature. Le 8 Mars l'a accueillie favorablement et c'est ainsi qu'il a été désigné par une majorité de députés. Mikati avait alors considéré qu'il fallait faire quelque chose pour empêcher une aggravation de la crise et il estimait qu'il fallait former un gouvernement qui constituerait une valeur ajoutée de nature à consolider la paix civile et à enrayer la crise économique. C'est donc dans cet esprit qu'il a choisi d'assumer cette fonction. En même temps, ajoutent ses...
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