Interrogée sur la question, l'armée a affirmé qu'elle ne disposait d'aucune information sur le sujet.
« Trois soldats syriens se sont enfuis au Liban dimanche et l'un d'eux est mort en route avant de pénétrer en territoire libanais », a affirmé Nabil al-Halabi, directeur de l'Institution libanaise pour la démocratie et les droits de l'homme.
Selon les informations obtenues par cet organisme, des heurts avaient « éclaté dimanche entre soldats syriens et des membres des "chabiha" (milices armées proches du régime de Damas) qui empêchaient des réfugiés syriens de passer dans la région de Wadi Khaled », dans le nord du Liban.
« Des "chabiha" et des gardes-frontières syriens ont tiré sur les réfugiés et sur les Libanais qui les attendaient de l'autre côté de la frontière », a ajouté M. Halabi.
« Des soldats sont intervenus. Trois d'entre eux ont été blessés et se sont enfuis au Liban, dont un a succombé à ses blessures », a-t-il poursuivi.
M. Halabi a indiqué que « les renseignements de l'armée ont pris en charge les deux soldats et le corps » du troisième, ajoutant qu'il craignait qu'ils n'aient été remis aux autorités syriennes.
Plusieurs militants des droits de l'homme avaient appelé l'armée à ne pas remettre ces soldats à la Syrie par peur de représailles. Selon M. Halabi, les soldats auraient été remis hier lundi soir avant minuit, estimant que si cette information devait être vérifiée, « cette attitude serait en contradiction avec la convention de lutte contre la torture que le Liban a signée en 2000 et qui prohibe le rapatriement de tout citoyen dans son pays d'origine lorsqu'il risque la torture ».
En soirée, la chaîne de télévision al-Arabiya, qui cite des sources sécuritaires et judiciaires, a indiqué que « les deux gardes-frontières ont été remis » aux autorités syriennes, précisant que le rapatriement a été effectué sur base « d'un accord de coopération entre le Liban et la Syrie ». L'information a précisé que l'un des deux soldats remis est le soldat décédé et l'autre blessé. La veille, des informations faisaient état de quatre soldats qui seraient venus se réfugier au Liban. À ce propos, M. Halabi a dénoncé la « non-transparence » dont font preuve les services de renseignements de l'armée qui, a-t-il dit, refusent de livrer aux activistes des droits de l'homme quelque renseignement que ce soit et leur interdisent de rencontrer les soldats syriens.


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