Entre le général Aoun et Wi’am Wahhab, l’entente est totale.
« Récemment, a-t-il indiqué, des efforts ont été déployés pour la constitution d'un cabinet. Après que les concertations eurent abouti à un résultat positif, et que tous furent sûrs que nous étions sur la bonne voie, il s'est avéré que certains hauts responsables ont un autre agenda. Il semble qu'ils attendent la suite des événements en Syrie et dans d'autres pays. Ils ont des calculs qui leur sont propres et qui les mettent en garde quant à la formation du cabinet. »
Poursuivant sur sa lancée, M. Wahhab a tiré à boulets rouges sur le président Michel Sleiman déclarant : « Il se peut que la présidence soit là pour entraver la formation du nouveau gouvernement et, par conséquent, toute la situation financière, économique et sociale. Celui qui refuse qu'un gouvernement soit formé prend toute la responsabilité de cette situation précaire. Je dis à ceux qui œuvrent selon un agenda externe bien particulier pour ajourner la formation gouvernementale jusqu'à ce que leurs conditions personnelles soient améliorées, que celles-ci ne le seront point, quoi qu'il arrive en Syrie et dans d'autres pays que la Syrie. »
Particulièrement en verve, le chef du parti al-Tawhid a suscité l'hilarité des journalistes présents à Rabieh, notamment lorsqu'à la question de savoir s'il est vrai que la complexité de la crise ne résidait pas chez le chef de l'État, il a répondu en jouant sur les mots : « En effet, le président n'a aucun complexe sauf un petit, celui du général Michel Aoun. Et je ne sais pas comment nous allons arriver à le résoudre. »
Reprenant son souffle, Wi'am Wahhab s'est ensuite attaqué avec virulence au Premier ministre désigné, Nagib Mikati, affirmant que si vraiment il n'y avait pas d'ingérences externes dans la formation du cabinet, il se demande « ce que Mme Connelly, ambassadrice des États-Unis, faisait chez lui ». Concluant en ces termes : « On lui a transmis un message signifiant de ne pas presser le pas... Il est possible que Michel Sleiman et Nagib Mikati assurent leurs intérêts, mais en contrepartie nous, en tant que majorité, voyons où sont les nôtres. »
Et si rien n'est fait ? demande un journaliste. « Que ceux qui leur ont accordé leur confiance la retire. Nous trouverons bien une sortie », a conclu M. Wahhab.


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