« La tenue de ce sommet était en soi un événement, a déclaré M. Beydoun, car le fait que les chefs spirituels se réunissent apporte la preuve d'une volonté de replacer le Liban sur la voie de l'assainissement national et de la coexistence. » M. Beydoun a déploré dans ce cadre les réserves exprimées par le Conseil supérieur chiite « cinq heures après la publication du communiqué du sommet spirituel, ce qui prouve que cheikh Abdel Amir Kabalan (vice-président du Conseil supérieur chiite, qui était présent au sommet spirituel de Bkerké et qui avait avalisé le communiqué final) a été soumis à des pressions de la part du président Nabih Berry et du Hezbollah ».
Pour M. Beydoun, les réserves du CSC « sont totalement déplacées et elles illustrent une volonté de la part de Berry et du Hezbollah de mettre en relief leur diktat imposé au Conseil supérieur chiite ». « Ces réserves, a ajouté M. Beydoun, reflètent aussi une volonté de Berry et du Hezbollah de mettre en évidence une spécificité chiite différente de celle des autres communautés libanaises, comme s'il existait un projet chiite spécifique au Liban. Cela est totalement inacceptable en raison du fait que le large public chiite refuse que la communauté chiite ait un projet spécifique à elle au Liban. »
Kabalan : Pas de retour au maronitisme politique
Par ailleurs, au cours d'une cérémonie organisée par le CSC, le mufti jaafari, cheikh Ahmad Kabalan, représentant le vice-président du CSC, cheikh Abdel Amir Kabalan, a prononcé une allocution dans laquelle il a notamment déclaré que « le Liban ne retournera pas au maronitisme politique, de même que nous n'acceptons pas qu'il y ait au Liban un sunnisme politique ou un chiisme politique ». « Même nos droits légitimes, nous ne les revendiquons pas, a affirmé le dignitaire chiite. Nos dirigeants politiques (chiites) font des concessions pour qu'on ne dise pas que les chiites entravent la résurrection du Liban. »
Et d'ajouter : « La communauté chiite n'a obtenu aucun acquis au cours de cette phase, ni sur le plan politique ni sur les plans économique et social. Les musulmans chiites continuent de faire des concessions afin que le Liban demeure un modèle de coexistence et de conciliation. »

