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Liban

Baitna, un foyer gratuit pour les handicapés mentaux

Social C'est la même tourmente qui ronge les parents d'un enfant handicapé, la même question qu'ils se posent : que deviendra-t-il une fois qu'ils auront quitté ce monde ?
14/05/2011
Samia a un fils handicapé mental âgé de 44 ans, Nicolas. Nicolas est coursier, il est physiquement indépendant. Samia, qui vit seule avec son fils et qui n'a pas de famille proche, a peur. « Que deviendra Nicolas le jour où je ne serais plus là pour m'occuper de lui ? » se demande-t-elle, vivant avec cette hantise. C'est que même s'il est indépendant, Nicolas qui souffre de retard mental et d'épilepsie ne peut pas vivre seul. « Il a besoin de moi pour prendre ses médicaments, pour choisir des vêtements propres, pour manger des plats sains », explique sa mère.
Baitna est une association qui a vu le jour en 2006. Son but est de construire des maisons d'accueil aux personnes handicapées mentales n'ayant nulle part où aller. « Ce cas de figure se présente généralement quand les parents de personnes aux besoins spéciaux décèdent. Leurs proches, sœurs, frères ou cousins les placent dans des institutions non adaptées. Baitna prévoit de construire des maisons où ces personnes seront accueillies gratuitement », indique Joseph Salamé, membre fondateur de l'association et membre de Foi et Lumière, ONG qui travaille avec les handicapés mentaux.
Joseph Salamé a décidé de devenir volontaire auprès de Foi et Lumière il y a une trentaine d'années. Petit à petit il s'est habitué à vivre avec les personnes handicapées mentales. « Je suis devenu leur ami. Je leur rendais visite par exemple et j'allais avec elles chez d'autres amis de l'organisation. Vous savez, ces personnes ont des frères et sœurs qui reçoivent leurs propres connaissances, mais très rarement elles accueillent chez elles des personnes venues leur rendre spécialement visite », raconte-t-il, notant que son volontariat auprès de Foi et Lumière lui a appris « l'amour et la patience ».
Au fil des ans, l'idée de construire des maisons d'accueil gratuites pour recevoir les personnes handicapées à la façon de l'association Arche, mise en place par le philosophe chrétien Jean Vanier, a commencé à intéresser Salamé et d'autres membres de Foi et Lumière.
Joseph a nombre d'histoires à raconter. Elles sont relatives à des handicapés mentaux ayant perdu leurs parents et qui ont été placés par des proches dans des endroits non adéquats, soit des maisons de retraite, soit un asile de fous. Il raconte en détail comment ces personnes s'étiolent loin d'un environnement rassurant et adapté à leurs besoins.
« L'évêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, nous a donné un terrain à Fanar, nous avons posé la pierre de base à la fin de l'été 2010. Nous comptons construire trois maisons, soit trois foyers où les handicapés, à la manière des villages SOS, devront vivre en famille. Le projet devrait s'achever en 2012 », souligne Salamé, qui rêve de pouvoir construire des foyers du genre dans tout le Liban.
Mais déjà pour pouvoir achever le projet, Baitna a besoin de fonds.
Danielle Aramouni, membre de l'association, souligne que des événements devraient être créés dans ce cadre. Des dîners de gala pourraient être organisés dans des villes du Golfe, comme Doha et Dubaï, où travaillent notamment d'anciens membres de Foi et Lumière. L'association continue aussi de recevoir des dons au Liban.
« Même une somme modique est importante pour nous. Elle nous aidera à construire les foyers et à commencer à accueillir les personnes à besoins spéciaux », soulignent les deux membres de l'association.
Ils évoquent les handicapés qu'ils connaissent, qui ne pourront jamais devenir complètement indépendants, qu'on ne peut pas laisser seuls à la maison ou qu'on est obligé d'enfermer quand on est loin, car ils peuvent partir sans retrouver le chemin du retour, ou ils sont capables aussi de constituer un danger pour eux-mêmes.
Christine, membre de Foi et Lumière, parle de son frère trisomique âgé de 32 ans. Elle s'inquiète pour lui. « Il vit avec mes parents à la maison. J'ai peur, peut-être que dans l'avenir je ne pourrais pas le prendre en charge. Nous ne pouvons pas le laisser seul à la maison. Nous ne sommes pas la seule famille à être dans cette situation », dit-elle.
Samia évoque encore sa hantise : Que deviendra son fils Nicolas quand elle ne sera plus là ? « Je pense à ça depuis qu'il a 15 ans. Vous savez, tous les jours je prie très fort pour que le jour de ma mort, Nicolas parte une heure avant moi », dit-elle.
Pour plus d'informations, composez le 01/493005 ou le 03/001617. Pour vos dons : Crédit libanais, compte Baitna 43843.

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