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Liban - Politique

Sleiman : Le prochain ministre de l’Intérieur doit être libre de toute allégeance

Inaugurant le campus de l'innovation et du sport de l'USJ, le président Sleiman a défini les priorités politiques qui attendent le prochain gouvernement.

Le président Sleiman et le Pr Chamussy, recteur de l’USJ, dévoilant, dans la joie, la plaque commémorative marquant le nouveau campus de l’innovation et du sport. Photo Michel Sayegh

Le chef de l'État, le président Michel Sleiman, a saisi l'occasion que lui offrait la cérémonie d'inauguration d'un nouveau campus de l'Université Saint-Joseph pour faire l'inventaire des chantiers politiques qui attendent le Liban après la formation d'un nouveau gouvernement.
« Nous n'avons d'autre choix que d'entamer un dialogue global et profond, non seulement au sujet d'une stratégie de défense nationale du Liban, de sa souveraineté et de ses richesses naturelles, mais aussi au sujet de la manière dont nous devons avancer dans l'application intégrale du document d'entente nationale, de la façon de faire évoluer ou de préciser la formule de gouvernement que nous avons choisie en 1943, en l'harmonisant avec les impératifs de la modernité et de la bonne gouvernance. »
Pour le chef de l'État, une telle tâche « commande que nous les chefs politiques, toutes les familles religieuses renouvellent leur volonté politique commune d'assurer toutes les chances de succès au modèle libanais et à la formule de vie commune, et non pas de se suffire d'œuvrer à leur assurer ce qu'ils convoitent comme postes et parts ».
À cet égard, il s'est félicité de l'esprit qui a prévalu durant le récent sommet islamo-chrétien de Bkerké.
Pour le président Sleiman, l'a réalisation de projets de développement essentiels et longuement attendus et la mise au point d'une loi électorale réellement représentative de la volonté populaire doivent commencer immédiatement après la formation d'un nouveau gouvernement,
Et de souligner que tous les volets du processus électoral doivent retenir l'attention du prochain ministre de l'Intérieur, « qui se doit d'être à égale distance de tous, libre de toute allégeance, de toute convoitise et de tout esprit vindicatif, afin d'assurer la liberté et l'intégrité du scrutin, conformément à un modèle réussi dont nous nous félicitons et dont nous devons nous inspirer ».

Un décor futuriste
Dans le décor futuriste et pionnier du campus de l'innovation et du sport qu'il inaugurait, le chef de l'État a souligné que la culture que le Liban doit développer est celle qui promettra aux individus et aux collectivités ouvertes et éclairées d'éviter de tomber dans les deux pièges de l'extrémisme et de l'indifférentisme.
La cérémonie d'inauguration s'est tenue en présence du président de la Chambre, Nabih Berry, du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, du président de l'Assemblée générale de l' ONU, Joseph Deiss, du commissaire en charge du Marché intérieur et des Services de l' Union européenne, Michel Barnier, d'un grand nombre de députés, ministres, ambassadeurs et personnalités du monde politique et académique.

Du mauvais usage des libertés
Après avoir félicité le recteur de l'USJ, le Pr René Chamussy, et dit son estime pour la contribution essentielle de l'USJ à l'édification du Liban, après s'être félicité de ce que le Liban se soit doté, dès l'indépendance, des institutions démocratiques auxquelles aspirent aujourd'hui de nombreux pays arabes, le président Sleiman a constaté :
« Les Libanais n'ont pas réussi, jusqu'à présent, à traduire les libertés dont ils jouissent en une saine pratique démocratique. Les institutions de l'État continuent à rencontrer des obstacles dont les principaux, au cours des trois dernières années, ont été : la période de neuf mois qu'il a fallu pour former trois gouvernements ; les insuffisances constitutionnelles qui ont empêché le président de la République de trancher quand il aurait dû le faire, en sa qualité de gouvernant et d'arbitre ; les contradictions et les tiraillements qui ont surgi au sein d'un même gouvernement en raison des divisions politiques .»
Et de conclure sur un jugement sévère : « Tout ceci est la preuve que le mauvais usage de la démocratie équivaut à une absence de démocratie et débouche sur l'oppression et le désenchantement qui sont le lot des régimes non démocratiques. »

Pas de retour à la violence
Mais le chef de l'État s'est dit assuré qu'en dépit de tout, le Liban, qui a connu de longues années de guerres destructrices et de violence, aussi bien à cause des complots qui ont été ourdis contre lui qu'à cause des erreurs qu'il a lui-même commises, ne retournera pas au cercle de la violence, grâce à l'entente de ses fils sur la nécessité d'un État fort et juste, de son attachement aux constantes nationales et aux principes du dialogue et de la modération. « À la veille de la fête de la Libération, le 25 de ce mois, je m'adresse donc aux jeunes Libanais qui sont parvenus à libérer la plus grande partie de leur territoire de l'occupation israélienne, pour leur demander de continuer à contribuer aux potentialités de la patrie, à lui garder la tête haute et à en assurer la stabilité », a-t-il déclaré.
Outre le chef de l'État, le recteur de l'USDJ, René Chamussy, l'ambassadeur de France, Denis Pietton, et le commissaire européen Michel Barnier ont pris la parole au cours de la cérémonie.
Le chef de l'État a d'ailleurs souligné « combien le Liban apprécie la coopération internationale, en particulier au sein de l'espace francophone et avec les pays européens amis, France en tête ».
« Nous savons que les pays développés consacrent entre 2 et 4 % de leur PIB à la recherche scientifique et à l'innovation. », a-t-il précisé
« C'est pour nous un sujet de fierté et de richesse que l'existence au Liban d'universités bien ancrées dotées d'une histoire et de traditions propres, aux côtés de l'université nationale », a-t-il encore souligné.
Le chef de l'État, le président Michel Sleiman, a saisi l'occasion que lui offrait la cérémonie d'inauguration d'un nouveau campus de l'Université Saint-Joseph pour faire l'inventaire des chantiers politiques qui attendent le Liban après la formation d'un nouveau gouvernement.« Nous n'avons d'autre choix que d'entamer un dialogue global et profond, non seulement au sujet d'une stratégie de défense nationale du Liban, de sa souveraineté et de ses richesses naturelles, mais aussi au sujet de la manière dont nous devons avancer dans l'application intégrale du document d'entente nationale, de la façon de faire évoluer ou de préciser la formule de gouvernement que nous avons choisie en 1943, en l'harmonisant avec les impératifs de la modernité et de la bonne gouvernance. »Pour le chef de l'État, une telle tâche...
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