Une fois de plus décisif lors de la 35e journée, le meneur de jeu belge du LOSC, Eden Hazard, est sans doute l’homme qui pourrait faire basculer la finale de Coupe de France. Philippe Desmazes/AFP
Attention, le Brésilien est de retour ! S'il n'a pas brillé à Monaco samedi, l'excuse d'un retour émouvant en principauté dans son ex-club est toute trouvée. En revanche, la journée précédente, il avait mis fin contre Valenciennes à près de cinq mois de stérilité en championnat.
Avant d'affronter Lille, Nenê en est désormais à 20 buts inscrits cette saison. Arrivé à Paris l'été dernier, il est devenu en quelques mois le principal détonateur du jeu de son équipe, celui qui a la lumière au bout des pieds.
Et c'est d'ailleurs lorsqu'il a dû digérer sa non-sélection cet hiver que l'étoile de son club a pâli.
Ce qui a fait grincer des dents certains coéquipiers, soudainement jaloux de sa réussite et de sa popularité.
« Va juste pas falloir commencer à faire son petit numéro chacun parce qu'on déjoue tout de suite. On recadrera certaines petites choses dans le vestiaire, » lançait Hoarau mi-avril.
En cause, la propension du natif de Jundiai (Brésil), frustré par le manque patent de réalisme de ses attaquants, à garder le ballon et à se lancer dans des dribbles superflus pour faire seul la différence.
« Avant, j'étais la solution de l'équipe, et maintenant je suis le problème », avait-il immédiatement ironisé.
Recadré par son président et son entraîneur, Nenê a donc changé. Et s'il défend nettement moins qu'en début de saison, il a aussi épuré son jeu, privilégiant nettement plus les aspects « collectifs », comme l'a reconnu Bodmer.
En L1, il a distribué quatre de ses six passes décisives depuis la 20e journée. Surtout, il est impliqué sur six des neuf derniers buts de son équipe, toutes compétitions confondues.
Enfin, Nenê a une revanche à prendre sur la Coupe de France. Car l'an passé, c'est aussi à cause de lui et d'un jour sans que l'ASM, où il évoluait alors, s'était incliné en finale (0-1 a.p.)... face au PSG !
Hazard
Pur produit de la maison nordiste, ce talent à l'état pur ébahit souvent avec ses fulgurances. Les plus grands clubs d'Europe sont sous le charme, à commencer par le Real Madrid, conseillé par Zinédine Zidane. Élu deux fois de suite meilleur espoir de la L1, le jeune Belge, sous contrat jusqu'en 2015, aspire maintenant à une véritable reconnaissance et ce trophée de meilleur joueur de L1, qui lui avait échappé la saison dernière au profit de Lisandro.
Peut-être perturbé par la naissance de son fils, Yanis, il n'a pourtant pas eu son rendement habituel en début du championnat. Mais le diamant belge s'est remis à briller, franchissant même un cap, celui d'être capable de déverrouiller les situations cadenassées.
Hazard a aussi progressé en efficacité. À ses débuts, Eden n'était pas un démon pour les gardiens. Il est devenu diabolique, comme à Marseille en fin de match, comme à Nancy sur coup franc.
En L1, après quatre buts et une passe lors de sa première année, cinq buts et huit passes la deuxième, il cumule cette saison sept buts et huit passes.
S'il est adulé à Lille, Hazard n'est pourtant pas encore parvenu à convaincre Georges Leekens, le sélectionneur des Diables rouges, d'en faire le successeur d'Enzo Scifo dans une équipe de Belgique en plein renouveau.
Au point de susciter un malaise. Leekens, qui peut s'appuyer sur une génération exceptionnelle, n'a jamais caché son penchant pour la discipline et les joueurs au gabarit solide. Surtout, il reproche à Hazard, qu'il cantonne régulièrement sur le banc, de ne pas être un bourreau de travail.
« Pour Eden, l'enfer c'est les autres », titrait même il y a quelques semaines un quotidien belge.


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