L’ancien président Amine Gemayel en compagnie de MM. Pharaon et TerSarkissian. Photo Daltai et Nohra
M. Chokor, qui s'exprimait à l'issue d'une visite à l'ancien Premier ministre Sélim Hoss, a estimé que le chef du PSP, Walid Joumblatt, « n'a fait il y a quelques jours que lancer un cri d'alarme afin de faire bouger les choses et dans l'espoir que le gouvernement sera formé ».
« Mais jusqu'à cet instant, nous n'avons rien appris qui puisse rassurer les gens. Je ne sais pas ce qui retarde le processus en dépit des difficultés que connaissent les gens. Je ne sais vraiment pas quels sont les raisons qui font qu'on prend cette question à la légère », a-t-il ajouté.
Répondant indirectement à l'argumentation défendue ces derniers jours par le Hezbollah, M. Chokor a dit : « Si c'est le camp du 14 (Mars) qui cherche à paralyser le pays, alors qu'est-ce qui justifie que le gouvernement ne soit toujours pas formé jusqu'ici ? »
« J'appelle le chef de l'État et le Premier ministre désigné à hâter la mise en place du cabinet. Il faut aplanir les obstacles, mais si nous ne parvenons pas à les aplanir, nous aurons alors besoin d'un congrès national pour régler les différends. Nous devons donc nous entendre sur un gouvernement de transition, de salut ou d'union nationale », a-t-il dit.
Dans les milieux aounistes, la tonalité est très différente. Le député Ziyad Assouad a implicitement accusé le président de la République, Michel Sleiman, et le Premier ministre désigné, Nagib Mikati, d'être responsables du retard, allant jusqu'à souhaiter au premier d'« apprendre les limites de l'exercice du pouvoir et au second d'assumer la responsabilité qui lui incombe de former le cabinet ».
S'en prenant, en outre, à M. Joumblatt, M. Assouad a dit : « Que celui qui prodigue des conseils les applique d'abord à lui-même. » Et d'ajouter : « Comment peut-on disputer ses droits à un bloc de 27 députés alors qu'on attribue trois ministères à un autre de 7 députés (celui de M. Joumblatt)? »
Excluant la possibilité d'une formation du gouvernement dans « les deux prochains jours », il a affirmé qu'au cours des « prochaines heures, on verra qui entrave cette formation et combien sont injustes, invraisemblables et non constitutionnelles les accusations visant le général Michel Aoun ».
De son côté, le député Ibrahim Kanaan a affirmé que « la conviction est ancrée aujourd'hui que ce ne sont pas les revendications des blocs parlementaires qui entravent la mise en place du gouvernement ».
« Si le président de la République et le Premier ministre désigné n'ont pas conscience de la crise en cours, cela pose problème », a dit M. Kanaan.
Pour sa part, l'ancien député Émile Émile Lahoud a estimé quant à lui que les revendications formulées par le général Aoun « sont un droit pour celui qui détient la majorité écrasante de la représentation chrétienne ».
Pharaon : Le 8 Mars n'est pas maître de sa décision
Du côté du 14 Mars, l'ancien président Amine Gemayel s'est entretenu hier avec le ministre d'État sortant pour les Affaires du Parlement, Michel Pharaon, et le député Serge TerSarkissian. À l'issue de l'entretien, M. Pharaon a rappelé dans une déclaration « que tout le monde fait mine d'oublier l'affaire des faux témoins qui avait été le premier prétexte utilisé pour paralyser le gouvernement et le comité national de dialogue, et prendre le pays en otage ».
« Il semble que ce projet soit toujours d'actualité tant que le camp adverse n'a pu jusqu'ici mettre en œuvre son projet de retournement contre les résolutions internationales et le TSL », a ajouté M. Pharaon, soulignant que le président Michel Sleiman « refuse de coopérer avec tout ce qui porte atteinte aux cadres démocratique et constitutionnel et au droit international ».
« La nouvelle majorité n'est pas maîtresse de sa décision, a encore dit M. Pharaon. Car si elle l'était, elle aurait immédiatement ouvert un dialogue pour épargner au Liban les répercussions de ce qui se passe autour de nous. »
Reçu par le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, le ministre d'État sortant Jean Oghassabian a soutenu la proposition de M. Geagea en faveur d'un gouvernement de technocrates pour sortir de la crise.
« Le 8 Mars a fait preuve d'un grand échec du fait des tiraillements en son sein. Mais nous-mêmes, en tant que 14 Mars, ne nous contentons pas de décrire la situation, mais nous proposons des solutions. La proposition de M. Geagea est pertinente et constituerait une issue provisoire », a souligné le ministre.
Mohammad Hajjar, député du Bloc du futur, a noté que « les Libanais ne croient plus les déclarations qui font état de progrès sur le plan du processus gouvernemental ». « Ce sont des piqûres de morphine », a-t-il dit.
« Aux yeux de beaucoup, le Hezbollah a renversé le gouvernement le plus capable de sauver le pays. S'il avait une vision des choses, il ne l'aurait pas renversé et jeté le pays dans ce vide terrible », a souligné M. Hajjar.
Enfin, le ministre sortant du Travail, Boutros Harb, a fait valoir que les Libanais « refusent la transformation du système politique libanais en système nécessitant des mois pour former un gouvernement ».
« Si l'on calcule le temps gaspillé pour former les gouvernements depuis l'accord de Doha (2008), on constate que ce temps équivaut à plus d'un an de la vie du peuple libanais. Cela n'est pas permis et il faut sérieusement ouvrir ce dossier de façon scientifique », a-t-il dit.


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