Michel Aoun hier à Rabieh, entouré de certains de ses ministres et des membres de son bloc. Photo Hassan Assal
Le député, qui s'exprimait à l'issue de la réunion hebdomadaire du Bloc du changement et de la réforme, a indiqué dans une allusion à peine voilée au Premier ministre désigné, Nagib Mikati : « Où se trouve donc la volonté de former le gouvernement ? Nous entendons en ce moment des discours inacceptables. Bien entendu, ce n'est pas nous qui devons présenter nos CV mais les autres, afin que l'on puisse mieux connaître leur histoire et savoir par exemple s'il existe à leur encontre des dossiers (litigieux) qui ont été occultés, ou des exemptions illégales dont ils ont pu bénéficier. »
Évoquant « le nœud » que constitue le portefeuille de l'Intérieur, il a affirmé : « S'ils veulent vraiment résoudre la question de ce ministère, ils n'ont qu'à adopter la solution que nous avons avancée, à savoir la formation d'un gouvernement de 29 ministres, quitte à confier provisoirement l'Intérieur à un ministre par intérim, jusqu'à ce que le litige soit résolu, et ce afin que les institutions de l'État ne restent pas paralysées. » Et d'ajouter aussitôt : « Mais même si le nœud du ministère de l'Intérieur est résolu, il y aura d'autres obstacles qui apparaîtront au niveau du ministère de l'Énergie, des Télécommunications ou autres. »
Le député a été on ne peut plus explicite concernant sa revendication du portefeuille de l'Intérieur : « Nous ne réclamons pas de quotes-parts mais un droit qui nous revient (...) car ce sont les majorités parlementaires qui récoltent généralement les ministères régaliens et non les minorités. » Il a rappelé en outre que « si le chef de l'État et le Premier ministre désigné jouissent de la prérogative de former le gouvernement, c'est à nous que revient la prérogative de lui accorder la confiance ou de la lui refuser ».
Interrogé sur les propos selon lesquelles les Français, les Américains, le chef de l'État et le Premier ministre désigné ne veulent pas confier le portefeuille de l'Intérieur au CPL, le député a affirmé qu'« il existe une connivence entre les autorités locales et celles des puissances étrangères dans la mesure où elles ont des intérêts sécuritaires communs. C'est ce qui est clairement apparu dans les révélations faites par WikiLeaks. C'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas nous confier le ministère de l'Intérieur qui chapaute les organes sécuritaires », a-t-il dit. Le député a fait notamment allusion au service des renseignements des Forces de sécurité intérieure qui, a-t-il dit, « opère sans aucun texte légal et officiel ».
À la question de savoir qui, selon lui, est responsable de la paralysie au niveau de la formation du gouvernement, il a répondu : « Voilà trois mois que l'on évoque la Constitution et les clauses relatives à la formation du gouvernement. Posez donc la question à ceux qui sont les garants de la Loi fondamentale. Puisque le président et le Premier ministre désigné ont affirmé que ce sont eux qui forment le gouvernement, ce sont donc eux qui sont responsables. »
M. Aoun, qui a refusé de commenter la récente position exprimée par le leader druze, Walid Joumblatt, dans le quotidien al-Anba', s'est contenté de dire : « J'ignore la nature de la relation entre lui et le président Sleiman, d'une part, et Nagib Mikati, d'autre part. »


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