De gauche à droite : le président de l’Association des commerçants de Beyrouth, Nicolas Chammas, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, et le directeur général de la Banque Libano-Française, Walid Raphaël.
L'Association des commerçants de Beyrouth (ACB) a inauguré hier son centre de conférences et de formation, situé au siège de l'ACB à Beyrouth.
Cet événement, suivi d'une conférence de presse, s'est tenu en présence de nombreux représentants des secteurs public et privé, dont le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, le président de l'ACB, Nicolas Chammas, et le directeur général de la Banque Libano-Française (BLF), partenaire du projet, Walid Raphaël.
À cette occasion, M. Salamé s'est penché sur les défis auxquels fait face actuellement le Liban, dont la croissance économique a récemment été revue à la baisse par le Fonds monétaire international (FMI), à 2,5 % pour 2011. Il convient de rappeler qu'après avoir reculé au cours des deux premiers mois de l'année, l'activité économique a affiché de nouveaux signes d'affaiblissement en mars, confirmant la tendance à la baisse, amorcée au second semestre de 2010. Si les troubles régionaux constituent l'un des principaux catalyseurs de cette détérioration sur le plan local, l'absence d'un gouvernement depuis maintenant plus de trois mois demeure le facteur majeur expliquant le recul de la confiance des investisseurs et la régression des principaux indicateurs économiques du pays.
Les petits commerçants fragilisés
Parmi les premières victimes des tensions politiques, les commerçants, qui jouent un rôle essentiel dans l'économie locale. « Les professions libérales et les petites et moyennes entreprises (PME) constituent la colonne vertébrale de l'économie libanaise et représentent le plus grand employeur du secteur privé », a rappelé M. Raphaël lors de son intervention.
L'activité commerciale au Liban s'est effectivement repliée de quelque 20 % au second semestre de 2010 ; certains représentants des commerçants de Beyrouth estiment même ce recul à 30 % depuis le début de l'année 2011. « Nous n'arrivons pas à écouler nos stocks ; nous n'avons rien vendu depuis le début de l'année (...) Pourtant, nous devons régler nos fournisseurs et nous acquitter de la TVA quoi qu'il arrive », a déploré l'un des intervenants, lors de la conférence.
« Nous traversons une mauvaise passe, a confirmé le président de l'ACB, Nicolas Chammas, interrogé par L'Orient-Le Jour, d'autant que les contraintes exercées par les banques, qui exigent de plus en plus de garanties de la part des petits commerçants, vont crescendo (...). Ces derniers s'en trouvent très fragilisés. » Sans oublier d'autres obstacles de taille comme la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants, dont le prix ne cesse de grimper en raison des tensions au Moyen-Orient...
En attendant une amélioration éventuelle de la situation, l'ACB a multiplié de son côté les initiatives ; le tout nouveau centre de formation aura ainsi pour but de « renforcer les capacités des commerçants et les préparer à faire face aux défis économiques », selon M. Chammas. Ce dernier a en outre rappelé qu'une commission regroupant plusieurs organismes économiques, dont l'ACB, a récemment été mise sur pied. « Nous conduirons conjointement nos efforts (...) afin de mobiliser la famille économique et faire aboutir nos revendications » auprès des responsables publics, a-t-il précisé. « Nous essayons de faire bouger les choses », a-t-il conclu.

