Quels avantages étaient prévus lors de la décision prise il y a un certain temps de baisser le taux d'intérêt sur les dépôts en livres libanaises auprès des banques ? Autant que nous sachions, le principal objectif de cette décision était de diversifier les investissements. Cependant, a-t-on bien mesuré la portée de cette décision ? Car d'aucuns ont été avantagés par cette décision au détriment d'une bonne tranche de la société. La grande partie des investissements s'est orientée vers la construction des immeubles, l'immobilier étant le domaine le plus lucratif. Les nantis, qui ont investi dans la construction d'appartements, ont fixé des prix fantaisistes et injustifiés, dépassant toute norme crédible et entraînant une hausse démesurée de la valeur des appartements. Les moins nantis, qui ont trimé des décennies pour épargner une certaine somme d'argent, ont espéré pouvoir profiter longuement d'un taux d'intérêt avantageux pour faire face aux fins de mois difficiles. Or, depuis la baisse des taux d'intérêt, cette tranche de la société, principalement la classe moyenne, ne peut se contenter des intérêts offerts par les banques à des taux modiques et, de surcroît, elle ne peut se permettre l'acquisition d'un appartement, devenu à des prix inabordables, en dépit des facilités de crédit accordées par les banques.
Il n'y a pas de crédits à bon compte. Il faut y ajouter les intérêts et les frais annexes. Donc, il est inutile de se demander à qui profite cette flambée brutale du coût des appartements. À noter aussi que la main-d'œuvre étrangère, bon marché, a contribué aux bénéfices réalisés par la classe nantie de la société.
En conclusion, si les taux d'intérêt étaient restés inchangés, tout le monde aurait profité de cet avantage, même les banques qui savent si bien trouver des placements pour combler la hausse des taux servis.
Il ne reste plus qu'à souhaiter aux chers lecteurs que leurs doléances puissent un jour éveiller un écho profond et favorable dans l'esprit des responsables.
Joseph MANUEL